Home About Articles Ask the Sheikh
Questions & Réponses

Réponses aux questions : Développements au Yémen - Accession de Salman ben Abdelaziz au pouvoir en Arabie Saoudite

January 26, 2015
3618

Réponses aux questions :

1- Les développements au Yémen

2- L'accession de Salman ben Abdelaziz au pouvoir en Arabie Saoudite

Question :

Il y a des événements dignes d'intérêt au Yémen et en Arabie Saoudite. Les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, entraînant la démission du gouvernement puis celle du président de la République le soir du 22/01/2015... Ensuite, le roi Abdallah d'Arabie Saoudite est décédé le vendredi matin 23/01/2015, et le roi Salman ben Abdelaziz lui a succédé. Ma question comporte deux volets :

Premièrement : Les événements au Yémen suivent-ils toujours ce que le Parti a publié en date du 01/10/2014 ? Et quelle est la solution attendue ?

Deuxièmement : L'accession de Salman ben Abdelaziz au pouvoir après le roi Abdallah change-t-elle la politique de l'Arabie Saoudite ou les choses restent-elles en l'état ?

Veuillez m'excuser de poser deux questions au lieu d'une seule, et qu'Allah vous récompense par le bien.

Réponse :

Premièrement : Les événements du Yémen :

1- En ce qui concerne les événements du Yémen, quiconque médite sur ce qui s'y passe trouvera que cela correspond exactement à ce qui a été mentionné dans notre précédente réponse datée du 01/10/2014... En effet, les États-Unis agissent au Yémen avec leur arrogance habituelle, c'est-à-dire par la force armée et l'oppression. Les Houthis ont occupé Sanaa et d'autres villes, procèdent à des arrestations et tuent sous prétexte de « révolution populaire et de comités populaires... ». Les Anglais, quant à eux, agissent au Yémen par la ruse politique sur deux lignes : la première consiste à exploiter Hadi en utilisant ses pouvoirs de président de la République par une manœuvre calculée. Chaque fois que les Houthis l'encerclaient, il leur faisait des promesses et les leurrait avec des accords, pour ensuite traîner les pieds dans leur exécution... Il a continué ainsi jusqu'à ce que son comportement devienne flagrant pour les Houthis. Ils l'ont alors encerclé de toutes parts et ont insisté sur l'exécution de tous les accords. Il les a alors surpris par sa démission ! Cela les a de nouveau déstabilisés alors qu'ils étaient sur le point de s'installer... Voilà pour la première ligne.

2- Quant à la seconde ligne, elle passe par l'ancien président Ali Abdallah Saleh. Ils l'ont poussé à imposer sa présence aux Houthis ; il s'est infiltré parmi eux et est devenu leur ami après avoir été leur ennemi. Il les a aidés avec ses forces jusqu'à ce qu'il devienne difficile pour eux de se détacher de lui. Cette seconde ligne vise à ce que, si les manœuvres du président Hadi pour entraver les Houthis échouent et que ces derniers s'approchent du pouvoir, Ali Abdallah Saleh et son groupe partagent le pouvoir avec les Houthis. Ainsi, les Anglais auraient une part et les Américains une autre...

3- C'est ce qui se passe au Yémen. La Grande-Bretagne n'est plus capable, comme auparavant, de dominer seule le Yémen. En même temps, elle ne peut pas affronter militairement les États-Unis et leurs agents. Elle a donc eu recours à la ruse politique par l'intermédiaire de ses deux agents, Hadi et Ali Saleh, qui ont parfaitement joué leurs rôles :

Hadi a poussé ses manœuvres et ses tergiversations jusqu'à leur limite, puis a démissionné. Des manifestations ont éclaté dans le pays et les Houthis se sont retrouvés dans une impasse. Alors qu'ils voulaient asseoir leur domination par des décrets présidentiels leur conférant une légitimité sans être qualifiés de putschistes, ils sont désormais décrits comme tels. Ils peinent à gérer une situation tendue et brûlante, particulièrement au centre de l'État à Sanaa, en plus de la vacance de la présidence...

Quant à Ali Saleh, son imbrication avec les Houthis est devenue évidente pour tous. La Grande-Bretagne, ses agents et ses médias ont contribué à mettre en avant des fuites concernant Ali Saleh avec les Houthis pour les embarrasser devant les gens. Le peuple s'était révolté contre Saleh pour ses méfaits, et maintenant, lui et les Houthis sont dans le même panier, ce qui rend difficile pour les Houthis de se séparer de lui ! Celui qui suit ces chaînes, particulièrement Al Jazeera, s'en rend compte. Ils ont concentré leurs entretiens sur le fait que les Houthis prétendent faire la guerre aux corrompus tout en traitant avec Saleh, le chef des corrompus. Ensuite, ils diffusent des fuites orchestrées par leurs partisans montrant la relation entre les Houthis et Saleh... Al Jazeera a diffusé le 21/01/2015 un enregistrement sonore entre Saleh et le dirigeant houthi Abdel Wahid Abou Ras, affirmant l'avoir obtenu ! L'enregistrement, qui remonte à la fin octobre dernier après la chute de Sanaa aux mains des Houthis fin septembre, montre une coordination entre Saleh et les Houthis. Dans certains de ses entretiens, Al Jazeera s'interrogeait sur les déclarations des Houthis affirmant être contre la corruption alors qu'ils se sont alliés à la tête de la corruption, Ali Saleh !

4- Quant à ce qui est attendu, il est difficile pour l'une des deux parties de trancher la situation en sa faveur de manière à dominer seule le Yémen. Le plus probable est une solution de compromis à la manière capitaliste. Celle-ci ne met pas fin à la crise, mais constitue plutôt un repos du guerrier jusqu'à ce que l'une des parties puisse trancher en sa faveur... Seul le Califat mettra fin à la crise par la justice et la bienfaisance ; par lui, l'Islam et les musulmans seront honorés, et la mécréance et les mécréants seront humiliés. Et cela n'est nullement difficile pour Allah.

5- C'est ce qui se passe au Yémen en bref, et c'est ce que nous avons mentionné dans notre analyse politique au sein de la réponse du 01/10/2014. Je vous cite une partie de ce qui y figurait pour que vous voyiez la justesse de notre avis émis il y a plus de trois mois :

(La Grande-Bretagne a compris que les États-Unis sont sérieux dans l'usage de la force pour obtenir des gains significatifs dans le gouvernement du Yémen, et que les Houthis disposent d'une force d'impact en termes d'armes et de matériel fournis par l'Iran... La compréhension de cela par la Grande-Bretagne l'a poussée à résister sur deux lignes : premièrement, que Hadi fasse tout son possible en utilisant son poste de président pour empêcher les Houthis d'accéder au pouvoir effectif. Deuxièmement, introduire Ali Saleh comme partenaire des Houthis, comme s'il s'opposait au pouvoir de Hadi. Certains de ses partisans ont rejoint les Houthis tout en portant la bannière du Congrès général du peuple "le parti de l'ancien président yéménite". Lorsqu'on a demandé à l'ambassadrice britannique si elle communiquait avec l'ancien président Ali Abdallah Saleh, elle a répondu : « Je n'ai pas de relation directe avec Ali Abdallah Saleh, mais j'ai des contacts avec le parti du Congrès général du peuple, y compris avec des parties proches de lui. » "27/09/2014 Asharq Al-Awsat". On comprend par là que c'est la Grande-Bretagne qui a suggéré à son agent Ali Saleh de coopérer également avec les Houthis, puisque l'ambassadrice britannique a reconnu ses contacts avec le parti d'Ali Saleh, et c'est lui qui dirige le parti et le contrôle sans rival ni opposant... Ces mesures de la Grande-Bretagne pour pousser Ali Saleh vers les Houthis visent à ce que, si Hadi ne parvient pas à utiliser son poste de président pour empêcher les États-Unis et leurs partisans d'accéder réellement au pouvoir, Ali Saleh soit un partenaire actif avec les Houthis. Ainsi, l'influence des Anglais subsisterait au Yémen, d'autant plus que les Houthis n'ont pas de soutien populaire qui ferait d'eux les seuls gouvernants du Yémen...) Fin de citation.

Puis nous avons conclu la réponse décrivant les prémices de ce qui se passe, ses résultats et la solution correcte en disant :

(- Cela signifie que la solution attendue au Yémen est le compromis entre les États-Unis et la Grande-Bretagne à la manière des capitalistes, où le pouvoir serait partagé entre les parties... Le compromis ne dure généralement chez eux que comme un repos du guerrier jusqu'à ce que les États-Unis ou la Grande-Bretagne puissent trancher le sujet en leur faveur. C'est-à-dire que les événements au Yémen resteront instables, se calmant parfois, puis s'intensifiant à d'autres moments selon le rapport des forces politiques et militaires des belligérants.

d- Sur la base de ce qui précède, on peut conclure que les choses au Yémen sont en escalade sans se stabiliser de manière décisive, sauf dans deux cas : Premier : que les États-Unis ou la Grande-Bretagne parviennent à trancher les choses en leur faveur, et dominent ainsi l'influence réelle au Yémen. Cela n'est pas facile comme nous l'avons expliqué précédemment. Deuxième : qu'Allah honore cette nation par le Califat, qui écrasera l'influence des mécréants colonisateurs, arrachera leurs racines du pays et mettra fin à leurs maux parmi les serviteurs. Alors la mécréance et ses partisans seront humiliés, l'Islam et ses partisans seront honorés, et les croyants se réjouiront du secours d'Allah :

وَيَوْمَئِذٍ يَفْرَحُ الْمُؤْمِنُونَ * بِنَصْرِ اللَّهِ يَنْصُرُ مَنْ يَشَاءُ وَهُوَ الْعَزِيزُ الرَّحِيمُ

"Et ce jour-là les croyants se réjouiront du secours d'Allah. Il secourt qui Il veut et Il est le Tout Puissant, le Très Miséricordieux." (Sourate Ar-Rum [30]: 4-5)

... Et il convient aux gens du Yémen, gens de foi et de sagesse, d'instaurer cette affaire pour réussir dans les deux demeures, et Allah protège les vertueux.) Fin de citation.

Ainsi, le cours des événements suit toujours la voie que nous avons tracée dans notre analyse précédente datée du 01/10/2014.

Deuxièmement : Les événements en Arabie Saoudite :

Quant à ce qui s'est passé et se passe en Arabie Saoudite, afin de comprendre si cela suit la même ligne que celle d'Abdallah dans ses relations avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, ou si cela a changé, et quelle est la situation politique du nouveau roi Salman, je dis que pour comprendre ce qui s'est passé, il faut mentionner les points suivants :

1- Au sein de la famille saoudienne, les influences américaine et britannique s'entremêlent chez les princes. Selon la force des partisans de chaque camp, l'influence réelle sur le gouvernement de l'Arabie Saoudite s'exerce, et par conséquent, la nature des relations saoudo-britanniques ou saoudo-américaines est déterminée.

2- En suivant ces relations, il apparaît que l'influence américaine est prédominante au ministère de la Défense, du moins depuis l'année 1382 de l'hégire, lorsque le ministre était Sultan ben Abdelaziz, connu pour être l'un des hommes des États-Unis. Cette situation politique au ministère a perduré durant le mandat de Salman ben Abdelaziz au ministère de la Défense à partir du 09/12/1432 de l'hégire. Son fils Mohammed ben Salman ben Abdelaziz lui a succédé à partir du 03/04/1436 de l'hégire lorsque Salman ben Abdelaziz est devenu roi d'Arabie Saoudite.

3- De même, l'influence anglaise est prédominante au ministère de la Garde nationale, du moins depuis l'année 1382 de l'hégire, lorsque le chef de la Garde nationale était alors Abdallah ben Abdelaziz, l'ancien roi, et cela a duré jusqu'en 1431 de l'hégire. Son fils Mutaib ben Abdallah ben Abdelaziz a pris la relève de 1431 à 1434 de l'hégire, date à laquelle l'institution de la Garde nationale est devenue un ministère, et Mutaib est resté ministre de la Garde nationale jusqu'à présent.

4- Selon les arrangements de la famille pour la succession royale, ces dispositions ne font pas nécessairement en sorte que le roi vienne toujours d'une institution spécifique. Le roi ou le prince héritier peut provenir du ministère de la Défense, de la Garde nationale ou d'ailleurs... Il est devenu notoire ces dernières décennies que celui qui influence le pouvoir est celui qui provient de ces deux institutions ; s'il vient d'ailleurs, son impact est moindre...

5- L'ancien roi Abdallah provenait de l'institution de la Garde nationale, c'est pourquoi l'influence anglaise était prédominante en Arabie Saoudite, avec des méthodes visant à satisfaire les États-Unis. Les relations avec les États-Unis se tendaient parfois et s'apaisaient d'autres fois, mais la politique générale gardait une empreinte britannique tout en évitant une confrontation frontale avec les États-Unis, agissant plutôt par des méthodes de compensation à la manière britannique, où l'on montre le contraire de ce que l'on cache...

6- Quant au roi actuel, il provient de l'institution du ministère de la Défense. Par conséquent, on s'attend à ce que l'influence américaine soit prédominante sous son règne. Le roi Abdallah en était conscient, et c'est pour cette raison qu'il a instauré une nouvelle tradition en Arabie Saoudite : nommer non seulement son prince héritier, mais aussi le "prince héritier du prince héritier" (second successeur). Il savait que Salman ben Abdelaziz suivait les États-Unis. Pour éviter que Salman ne nomme, selon la coutume précédente, un prince héritier parmi les hommes des États-Unis, le roi Abdallah a nommé à l'avance Muqrin comme prince héritier de Salman ben Abdelaziz dans le but mentionné précédemment.

7- Muqrin est connu pour ses relations avec les Anglais. Il a étudié là-bas et a été diplômé de la célèbre école de Cranwell en Grande-Bretagne. Il jouissait de la confiance de l'ancien roi Abdallah, dont il était l'un des proches. L'innovation du roi précédent de nommer un second successeur visait à briser la continuité de la chaîne américaine après Salman ben Abdelaziz. Le roi Abdallah a confirmé cette nomination en émettant un décret interdisant la destitution du prince héritier du prince héritier !

8- Sur la base de ce qui précède, la réalité politique actuelle est la suivante :

a- Le nouveau roi est proche des États-Unis alors que son prince héritier est proche des Anglais.

b- Cela signifie que l'influence prédominante sera celle des États-Unis, bien que contestée dans une certaine mesure par l'influence britannique.

c- Il en résultera une baisse de la tension entre les États-Unis et l'Arabie Saoudite. Cela pourrait influencer la limitation de la baisse continue des prix du pétrole, car l'ancien roi et derrière lui les Anglais voulaient, en baissant les prix du pétrole, faire échouer les États-Unis dans l'exploitation du pétrole de schiste. Le coût du pétrole de schiste est relativement élevé, environ 70 dollars le baril ; si le prix du pétrole est bas, la production de pétrole de schiste devient coûteuse et non rentable, alors que le coût du pétrole naturel n'est que de quelques dollars (environ 7 dollars le baril). Nous avons détaillé ce sujet dans notre réponse précédente datée du 07/01/2015.

9- En conclusion, il est douloureux de voir que des États mécréants, hostiles à l'Islam et aux musulmans, ont une influence dans les terres qui abritent la Qibla des musulmans et le lieu de la descente de la révélation fidèle sur le Messager d'Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui)... et qui abritent la demeure de l'Hégire, siège du premier État islamique ! Mais l'Islam a des hommes qui œuvrent jour et nuit, avec sincérité et dévouement par la permission d'Allah, pour restaurer l'État de l'Islam, le Califat bien guidé (Al-Khilafah ar-Rashidah). Celui-ci verra le jour par la volonté du Fort et du Puissant. Ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours d'Allah, et les mécréants colonisateurs seront refoulés dans leurs propres foyers, s'il leur en reste...

Share Article

Share this article with your network