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Questions & Réponses

Réponses aux questions : Le 21ème Sommet Arabe, la visite de Gül en Irak et la question kurde, Ahmed Sharif président de la Somalie et le mouvement Al-Shabaab al-Mujahideen

April 10, 2009
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Première question :

Le lundi 30/03/2009 s'est tenue la vingt-et-unième session de la Conférence au sommet arabe. Au lieu de durer deux jours comme prévu, le sommet a achevé sa mission le jour même. Qu'y a-t-il derrière ce sommet et quelle est l'efficacité de ses décisions ?

Réponse :

Il n'y a rien derrière ce sommet, et aucune décision d'importance n'en a émané pour que l'on s'interroge sur son efficacité. Pour clarifier davantage la situation, nous mentionnons ce qui suit :

1- Les conférences au sommet sont devenues une "routine" organisée en mars de chaque année.

2- Les grandes puissances ont pris l'habitude d'exploiter les sommets arabes pour leurs projets relatifs à la question de Palestine, qu'elles nomment "la question du Moyen-Orient". Au début des sommets dans les années soixante, les pays influents étaient l'Amérique et la Grande-Bretagne. Lorsque l'influence britannique s'est affaiblie par la suite, l'Amérique est devenue la force influente et motrice de ces conférences.

3- Ces derniers temps, la situation de l'Amérique est devenue instable et agitée. Elle a des priorités qui passent avant la question du Moyen-Orient, surtout depuis qu'elle a été frappée par la crise économique, en plus de son enlisement en Irak et en Afghanistan. Elle a donc concentré son attention sur ces priorités.

4- C'est pourquoi, bien que Netanyahou déclare ouvertement qu'il ne veut pas du projet des deux États prôné par l'Amérique, et bien que l'Amérique ait pu le faire chuter lors des élections comme elle l'avait fait auparavant, elle a laissé les choses suivre leur cours sans s'en préoccuper. Elle s'est contentée d'y associer Barak pour sauver la face, montrant ainsi que Netanyahou n'exerce pas seul le pouvoir mais qu'il est accompagné de celui qui prône son projet, à savoir Barak ! Tout cela alors qu'elle sait que la faiblesse des voix obtenues par ce dernier ne lui permettra pas d'empêcher Netanyahou de suivre ses propres opinions.

Tout cela montre que l'Amérique n'a inscrit à son ordre du jour aucune solution pour la question, même fragile. Autrement dit, elle laisse les choses évoluer dans la région sans intervention sérieuse de sa part jusqu'à ce qu'elle en finisse avec ses priorités ou qu'elle y réalise des avancées majeures. Ensuite, elle se tournera vers la "question du Moyen-Orient", et ni Netanyahou ni personne d'autre de l'entité juive ne pourra alors lui résister, d'autant plus que la vie et la mort de l'entité juive sont entre les mains de l'Amérique. En attendant de progresser dans ses priorités, elle a laissé le mouvement sur la question de Palestine à son subordonné fidèle, Hosni Moubarak, pour combler le vide selon les nécessités, et non à un sommet dont elle ne veut pas s'occuper actuellement... Durant ce temps, elle envoie un délégué ou un émissaire pour observer la réalité en cours et collecter des informations jusqu'à ce que vienne le "tour" de la question du Moyen-Orient.

5- C'est pourquoi l'Amérique a laissé ce sommet se dérouler de manière routinière. Les gouvernants arabes se sont réunis, ont mangé, bu, se sont souri les uns aux autres, se sont "taquinés" et ont parlé de réconciliation en termes vagues et ambigus...

Par conséquent, ce sommet peut être qualifié au mieux de conférence de relations publiques entre gouvernants arabes... jusqu'à ce que l'Amérique achève ses priorités. Après quoi, elle pourrait organiser de grandes ou de petites conférences qu'elle dirigera pour prendre des décisions servant ses intérêts.

Deuxième question :

Le 23/03/2009, le président de la République de Turquie, Abdullah Gül, a effectué une visite de deux jours en Irak. C'est la première visite d'un président turc depuis 33 ans. Il a rencontré le président de la République Talabani et le Premier ministre Maliki, ainsi que Nechirvan Barzani, le Premier ministre de la région du Kurdistan, ce qui a poussé ce dernier à déclarer : "La rencontre du président turc avec moi est une reconnaissance par la Turquie de la région du Kurdistan." (Nouvelles télévisées turques, 25/03/2009). De même, Talabani a déclaré lors d'une conférence de presse avec le président turc : "Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) doit déposer les armes ou partir." (Radio Sawa, 23/03/2009). Cela signifie-t-il que l'existence du PKK turc en Irak a pris fin en échange d'une reconnaissance turque de la région du Kurdistan irakien, mais au sein de l'État irakien ? Par conséquent, les Kurdes d'Irak ont-ils perdu espoir quant aux promesses américaines d'un État indépendant ? Enfin, cette visite a-t-elle une dimension internationale ou se limite-t-elle aux relations entre l'Irak et la Turquie ?

Réponse :

1- Oui, les promesses de l'Amérique aux Kurdes d'Irak pour la création d'un État n'ont jamais été des promesses sérieuses. Elle les leur a faites pour les exploiter afin de frapper leurs frères en Irak et faciliter l'occupation du pays, tout comme la Grande-Bretagne avait promis à Mahmoud Al-Hafid en 1919 d'attaquer le protectorat ottoman à Souleimaniye en échange de la promesse d'un État kurde. Ils l'ont attaqué, ont tué leurs frères ottomans dans le protectorat et ont expulsé les survivants, puis la Grande-Bretagne a trahi sa promesse et a même exilé Mahmoud Al-Hafid dans sa colonie en Inde. De même, la Grande-Bretagne avait insisté, dans le traité de Sèvres en 1920 avec l'État ottoman, pour insérer une clause relative à l'établissement d'un État kurde afin d'importuner le Calife Muhammad Wahid al-Din, dont la délégation était chargée des négociations. Lorsqu'elle a réussi plus tard à nommer Mustafa Kemal président de la République et que le Califat a pris fin, et que le traité est devenu celui de Lausanne en 1924 avec la république de Mustafa Kemal, la Grande-Bretagne a refusé d'insérer la clause de l'État kurde, car elle avait atteint son objectif : la chute du Califat. Il n'était plus nécessaire d'exploiter cela. La Grande-Bretagne attisait les sentiments de nationalisme kurde et tous les nationalismes dans la région, exploitant ceux qu'elle incitait à l'insurrection et à la rébellion contre l'État islamique pour atteindre ses buts, avant de rejeter ses collaborateurs ou de les utiliser comme agents lorsqu'elle les installait comme prétendus gouvernants et dirigeants. L'Amérique est venue et a joué le même rôle, le même jeu, et a agi de la même manière avec ses collaborateurs : de simples promesses exploitées pour servir ses intérêts, et une fois ses intérêts atteints, ses promesses disparaissent comme si elles n'avaient jamais existé !

2- Il n'est pas exclu que la Turquie reconnaisse officiellement la région du Kurdistan mais au sein de l'État irakien, sans État propre à eux, à condition d'expulser le PKK. Abdullah Gül a déclaré aux journalistes après sa rencontre avec Nechirvan Barzani : "Je lui ai dit explicitement que l'organisation terroriste du PKK et ses camps se trouvent dans votre région. Vous devez prendre une position claire contre elle. Une fois qu'elle sera éliminée, tout est possible entre nous. Vous êtes nos voisins et nos parents." (Reuters, 25/03/2009). Gül avait déjà rencontré Talabani le 17/03/2009 à Istanbul en marge du 5ème Forum mondial de l'eau et y avait déclaré l'impossibilité d'établir un État kurde, affirmant que l'État kurde n'existe que dans la poésie kurde, et il a exigé que le PKK dépose les armes.

Il semble que les dirigeants de la région du Kurdistan veuillent répondre aux demandes de la Turquie en échange de sa reconnaissance. Nechirvan Barzani a déclaré : "Nous voulons que la relation avec la Turquie soit bonne, et nous comprenons les préoccupations turques." (CNN américaine, 25/03/2009). Il a ajouté : "Nous n'acceptons pas d'attaque contre les pays voisins depuis l'Irak ou la région du Kurdistan." (CNN américaine, 25/03/2009). Il a été annoncé récemment par des sources du ministère turc des Affaires étrangères que la Turquie a accepté la demande du président de la région du Kurdistan, Massoud Barzani, de visiter Ankara (CNN, 26/03/2009). Cette visite porte sur le même sujet, à savoir l'expulsion du PKK de la région du Kurdistan en échange de la reconnaissance turque de la région au sein de l'État irakien, alors que la présence du PKK au nord de l'Irak se faisait sous la protection du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) de Barzani !!

3- Par ailleurs, la visite de Gül a également abordé le règlement de la question de Kirkouk ; la Turquie refuse l'annexion de Kirkouk à la région du Kurdistan. Abdullah Gül a rencontré des représentants des Turkmènes et leur a assuré que la Turquie refuse l'annexion de Kirkouk à n'importe quelle partie. Il n'a pas insisté sur ce point car il vient en second degré pour la Turquie, et d'autre part, la Turquie sait qu'il existe des obstacles majeurs empêchant l'annexion de Kirkouk au Kurdistan, la Turquie étant elle-même l'un de ces obstacles. D'autres questions ont été discutées, comme le transport du pétrole via la Turquie, le commerce et l'augmentation des quotas d'eau, points sur lesquels les deux parties se sont montrées d'accord.

4- Quant à la dimension internationale de la visite, elle existe bel et bien et c'est le point le plus important. La visite du président turc en Irak intervient après la décision des Américains concernant le retrait progressif de leurs troupes d'Irak, sauf pour les centres sensibles. L'Amérique veut que des pays qui lui sont fidèles jouent le rôle à sa place pour éviter qu'une autre grande puissance n'exploite la situation et ne remplace l'Amérique ou n'interfère avec son influence.

De là est venu le rôle de l'Iran en coordination avec l'Amérique, un accord couronné par la visite du président iranien à Bagdad l'année dernière. Mais l'Amérique ne veut pas dépendre d'un seul État. Un seul pays peut jouer un certain rôle, mais ne peut pas accomplir tout ce que l'Amérique exige. C'est pourquoi l'Amérique veut également un rôle pour la Turquie et la Syrie... D'où la visite de Gül en Irak, suivie de celle du ministre syrien des Affaires étrangères qui a rencontré Talabani. L'Amérique ne peut réaliser tout ce qu'elle veut indépendamment des pays voisins. Cela s'applique à chaque pays. On la voit s'appuyer sur le Pakistan et l'Iran, voisins de l'Afghanistan, pour atteindre ses objectifs là-bas, allant jusqu'à solliciter des pays où son influence se mêle à celle des Anglais, comme l'Arabie saoudite, pour influencer les moudjahidines là-bas afin qu'ils acceptent de négocier. La conférence de La Haye qui s'est tenue hier 31/03/2009 sur l'Afghanistan en est la preuve la plus flagrante : environ soixante-dix pays y ont assisté, et l'un des participants les plus en vue était l'Iran, dont le chef de délégation a rencontré l'émissaire américain pour l'Afghanistan, une rencontre qualifiée de cordiale... !

L'Amérique veut préserver son influence en Irak et son statut de première grande puissance mondiale après avoir goûté à l'amertume des défaites infligées par les résistants, ce qui a failli dégrader sa stature internationale et la déloger de son rang de première puissance. Malgré cela, la confiance en elle en tant que première puissance mondiale, qui prétendait faire ce qu'elle voulait, a été ébranlée.

C'est pourquoi le message d'Obama à la Turquie indiquait que l'Amérique souhaitait s'appuyer sur elle. Le recours de l'Amérique à la Turquie, ou plus précisément son utilisation de la Turquie, ne concerne pas seulement la situation irakienne, mais plusieurs dossiers où l'Amérique veut l'utiliser, comme la question du Caucase, de la Russie et du Moyen-Orient. C'est pour cette raison que le nouveau président américain Obama a annoncé qu'il se rendrait prochainement en Turquie. Obama avait également adressé un autre message à l'Iran afin de l'utiliser dans la question afghane en plus de celle de l'Irak.

Troisième question :

Sheikh Sharif Ahmed est devenu président de la Somalie. Cela signifie-t-il que les Tribunaux islamiques sont revenus comme il y a deux ans ? Et si c'est le cas, pourquoi le mouvement Al-Shabaab al-Mujahideen s'oppose-t-il à lui alors qu'il faisait partie des Tribunaux ou en était proche ? Si Sheikh Sharif a changé et que le mouvement Al-Shabaab s'est opposé à lui à cause de sa déviance, cela signifie-t-il que le mouvement Al-Shabaab est un mouvement sincère et dévoué ?

Réponse :

Oui, le Sheikh Sharif Ahmed d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier. Lorsqu'il était président des Tribunaux islamiques et qu'il était arrivé au pouvoir en Somalie, il combattait les convoitises extérieures des mécréants colonisateurs. Il prônait l'application de la Charia islamique, mais sa conscience politique était faible, comme c'est le cas pour la plupart des mouvements islamiques armés. C'est pourquoi des personnes sincères lui avaient envoyé une délégation pour lui conseiller de ne pas négocier avec le gouvernement d'Abdallah Yusuf, car il était inféodé à l'Amérique, et de ne pas négocier avec l'Amérique, ni directement ni indirectement via ses agents ou sous l'égide de l'ONU, de la Ligue Arabe ou de l'Union Africaine... Car dans tout cela, les doigts de l'Amérique, voire ses mains entières, manipulent et dirigent les choses. La délégation lui avait également conseillé de maintenir son hostilité envers les mécréants colonisateurs... Cependant, il n'a pas pris ce conseil à cœur et a négocié avec le gouvernement d'Abdallah Yusuf à Khartoum sous l'égide de l'ONU, de la Ligue Arabe et de l'Union Africaine...

Cela alors qu'il était au pouvoir. Après l'invasion éthiopienne et son départ de Somalie vers le Kenya, puis vers Djibouti, il est devenu président de l'Alliance pour la Relibération de la Somalie (ARS), aile de Djibouti, après la scission des Tribunaux islamiques entre Asmara et Djibouti, alors que ces deux États sont alliés à l'Occident... ! Durant cette période, Sheikh Sharif s'est enlisé dans des négociations directes et indirectes, jusqu'à présider un gouvernement en Somalie qui ne diffère guère de celui d'Abdallah Yusuf, avec la bénédiction de l'Amérique, de l'Occident et des agents... Les événements se sont déroulés comme suit :

1- Après le départ de Sheikh Sharif de Somalie suite à la défaite des Tribunaux fin 2006 face aux forces éthiopiennes poussées par l'Amérique, il a rencontré l'ambassadeur américain au Kenya en présence de responsables de la CIA.

2- Après la scission des Tribunaux, Sheikh Sharif a pris la tête de l'aile de Djibouti. Les négociations ont commencé entre lui, le gouvernement d'Abdallah Yusuf et l'Éthiopie, aboutissant à l'accord de Djibouti le 26/10/2008.

3- Cet accord a été conclu sous parrainage américain et avec l'approbation éthiopienne, car l'armée éthiopienne subissait de lourdes pertes et voulait se retirer tout en sauvant la face par un accord. Après la signature, l'Éthiopie a commencé ses déclarations sur le retrait de ses troupes. L'AFP a rapporté le 28/11/2008 que l'Éthiopie se retirerait de Somalie d'ici la fin de l'année dans deux lettres officielles à l'Union Africaine et à l'ONU. Wahidi Bella, porte-parole des Affaires étrangères éthiopiennes, a déclaré : "Nous sommes parvenus à la conclusion qu'il n'est pas approprié que l'Éthiopie maintienne ses troupes en Somalie. Nous avons fait notre travail et nous en sommes fiers, mais les espoirs placés dans la communauté internationale ont été déçus." Ce même porte-parole avait commenté l'accord de Djibouti le 24/11/2008 en disant : "Il va dans le sens de la position de l'Éthiopie et du retrait ordonné de ses troupes."

L'Éthiopie s'intéresse à la Somalie non seulement comme combattant par procuration pour l'Amérique, mais aussi parce qu'elle est voisine et occupe la région somalienne de l'Ogaden, pour laquelle la Somalie a mené une guerre en 1977-1978 sans succès. L'Éthiopie veut en Somalie un pouvoir qui ne la menace pas et ne revendique pas l'Ogaden, en plus de servir les intérêts américains dans la Corne de l'Afrique. C'est l'Amérique qui a envoyé l'Éthiopie en Somalie et c'est elle qui lui a demandé de se retirer après l'accord de Djibouti du 26/10/2008, lorsqu'elle a trouvé en Sheikh Sharif l'homme qu'il lui fallait.

4- L'Amérique a estimé que Sheikh Sharif était le plus apte à contrer les moudjahidines en raison de son passé islamique. L'Éthiopie, en tant qu'État africain, ne pouvait continuer à affronter les islamistes. Pour l'Amérique, il était préférable d'utiliser l'un des islamistes pour ce rôle. L'Amérique a lancé ses agents au Kenya et au Soudan pour le séduire, surtout le Soudan. L'expert Hassan Makki explique : "Le gouvernement soudanais a dit à Sharif qu'il ne pouvait pas ignorer les Éthiopiens ni traiter avec la communauté internationale comme si elle n'existait pas. Il a donc commencé à écouter ces conseils, d'autant plus qu'il est diplômé d'institutions éducatives soudanaises." Il ajoute : "Le médiateur soudanais a joué un grand rôle dans ces réconciliations" - faisant référence aux pourparlers de Djibouti.

Ainsi, l'Amérique a réussi à s'attirer les faveurs de Sheikh Sharif au point qu'il a commencé à la louer. Dans une interview avec la section somalienne de Voice of America le 20/02/2009, il a qualifié la politique américaine envers la Somalie de "positive" depuis le début des négociations jusqu'à présent, déclarant : "Nous espérons que ces efforts se poursuivront." !

5- Après que Sheikh Sharif est devenu président avec la majorité des voix d'un parlement qui datait de l'époque d'Abdallah Yusuf, l'étape suivante fut le choix du Premier ministre. Ici encore, l'Amérique est intervenue : Omar Abdirashid Sharmarke, qui résidait aux États-Unis, a été choisi. Il est décrit comme modéré selon les critères américains, a occupé plusieurs postes à l'ONU, a été ambassadeur de Somalie à Washington sous Abdallah Yusuf, et est le fils d'un ancien président somalien. L'Amérique a veillé à sa nomination en raison de sa longue résidence aux États-Unis et parce qu'il n'était pas souillé par la guerre civile, en étant resté éloigné de son pays, ce qui lui conférait une certaine acceptation auprès de la population somalienne.

Il convient de noter que, selon l'habitude des puissances colonisatrices, si elles trouvent leur intérêt chez un autre homme que celui qui les sert actuellement, elles rejettent ce dernier sans ménagement pour prendre celui qui sert mieux leurs intérêts. L'Amérique a ainsi abandonné Abdallah Yusuf, devenu grillé, détesté et dont la trahison était manifeste, le poussant à la démission le 29/12/2008 et à quitter Mogadiscio pour sa région natale du Pount, avant de se réfugier au Yémen...

7- L'Amérique a cru qu'en réussissant à porter Sheikh Sharif à la présidence, avec son arrière-plan islamique et le soutien dont jouissaient les Tribunaux autrefois, ainsi qu'un Premier ministre éloigné de la guerre civile, elle parviendrait à tenir la Somalie. Cependant, son espoir a été déçu lorsque la nature du nouveau régime a été révélée : il est apparu que ce gouvernement ne diffère pas beaucoup du précédent, si ce n'est qu'il porte des vêtements plus élégants et attrayants.

La différence entre les deux régimes, en étant indulgent, est qu'Abdallah Yusuf servait l'Amérique en connaissance de cause, tandis que Sheikh Sharif sert l'Amérique par ignorance, pensant bien agir pour la Somalie ! Nous aurions aimé que Sheikh Sharif reste tel qu'il avait commencé, loin des complots des mécréants colonisateurs, et peut-être reviendra-t-il à sa première voie, si Allah le veut.

8- À la lumière de ce qui a été révélé sur ce gouvernement, la résistance des musulmans s'est poursuivie de plus belle, avec en tête le mouvement Al-Shabaab al-Mujahideen. Le mouvement Al-Shabaab s'est séparé des Tribunaux islamiques (ailes d'Asmara et de Djibouti) après la signature de l'accord d'Asmara en septembre 2007, les accusant de s'être alliés aux laïcs et d'avoir abandonné le Jihad pour la cause d'Allah...

Il déclare vouloir mener le Jihad contre l'Éthiopie et l'Amérique pour libérer toute la Corne de l'Afrique et instaurer un pouvoir islamique dépassant les nationalismes étroits... Le département d'État américain a publié un communiqué déclarant qu'Al-Shabaab est un groupe extrémiste et violent dont certains membres appartiennent à Al-Qaïda (Le Quotidien du Peuple chinois, 18/03/2008). Les États-Unis avaient arrêté mi-2007 son ancien dirigeant Ismael Arale à Djibouti et l'avaient transféré à Guantanamo. Le mouvement a choisi Mukhtar Abdirahman "Abu Zubayr" comme chef et Mukhtar Robow "Abu Mansur" comme porte-parole officiel (Al-Arabiya, 22/12/2007). Ce porte-parole a répondu au département d'État : "Notre relation avec Al-Qaïda est celle d'un musulman avec son frère musulman, et le cœur de la croyance du musulman est (l'allégeance et le désaveu - Al-Wala' wal-Bara') et (s'éloigner des mécréants, s'unir à tous les musulmans et les aimer)". Il a ajouté que le mouvement était "heureux et fier de la décision des États-Unis de le placer sur la liste du terrorisme". Un communiqué du mouvement le 05/04/2008 stipulait : "Nous savons avec certitude que nous ne sommes pas visés parce que nous sommes somaliens, mais parce que nous portons la pensée du Jihad dans son concept global qui ne reconnaît pas les frontières fictives ni ce qu'on appelle la (légalité internationale)".

Le mouvement Al-Shabaab a réussi à prendre le contrôle de nombreuses villes somaliennes, dépassant de loin l'influence du gouvernement. Il apparaît que ce mouvement combat les mécréants colonisateurs avec sincérité et dévouement... Cependant, le point faible réside, comme nous l'avons mentionné, dans le manque de conscience politique des mouvements islamiques armés. Nous demandons à Allah que ce mouvement maintienne sa position ferme contre les mécréants colonisateurs.

Malgré tout, il est plus conscient que le Parti Islamique (Hezb al-Islam) qui s'oppose également au gouvernement de Sheikh Sharif, composé de quatre mouvements dont le principal est l'ARS aile d'Asmara dirigée par Hassan Dahir Aweys. Le site Grinji, proche d'Al-Shabaab, a interrogé Hassan Dahir Aweys le 24/01/2009 sur sa présence à Asmara, la capitale érythréenne ; il a répondu : "Ceux-là sont devenus pour nous ce que le Négus fut pour les premiers musulmans !!" C'est ainsi qu'il parle !!

Nous demandons à Allah pour les mouvements islamiques la sincérité envers Allah, la loyauté envers le Messager d'Allah ﷺ et une conscience totale des plans et complots des mécréants, car ils complotent contre l'Islam et nourrissent envers lui une malveillance bien plus grande que ce qu'ils déclarent :

قَدْ بَدَتِ الْبَغْضَاءُ مِنْ أَفْوَاهِهِمْ وَمَا تُخْفِي صُدُورُهُمْ أَكْبَرُ

"La haine est certes apparue dans leurs bouches, mais ce que leurs poitrines cachent est encore plus énorme." (QS. Ali 'Imran [3]: 118)

Et quiconque s'appuie sur eux perd ce monde et l'au-delà, et c'est cela la perte évidente. Les preuves en sont nombreuses et manifestes...

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