(Série de réponses du savant éminent Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir de Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »)
À : Asma Jube - Om Ahmad - La confiante en la promesse d'Allah
Question de :
1- Asma Jube
« Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous, Si quelqu'un emprunte une tonne de fer, comme dans l'exemple, et la rend avec un surplus de sa propre volonté, sans demande ni pression de la part du prêteur... Cela ne fait-il pas partie de l'excellence dans le remboursement (Husn al-Qada') ?... Merci de nous éclairer. » Fin de citation.
2- Om Ahmad
« Comme mentionné, il n'est pas permis de prêter quelque chose pour qu'on vous rende moins ou plus, mais plutôt la même chose en nature et en quantité. Qu'Allah vous récompense par le bien. Cependant, une confusion m'est apparue concernant l'expression "excellence dans le remboursement" : pourquoi n'est-elle pas considérée comme de l'usure (Riba) si toute augmentation de type ou de quantité, comme mentionné dans la réponse, est considérée comme du Riba ? Pourriez-vous nous expliquer pourquoi nous avons considéré le hadith du Messager lorsqu'il a emprunté un jeune chameau (Bakr) et l'a rendu par un chameau de meilleure qualité (Khiyaran Ruba'iyan) comme une excellence dans le remboursement, alors que nous avons considéré celui qui emprunte une tonne de fer et rend une tonne et demie comme de l'usure ? N'a-t-il pas été mentionné qu'il n'est pas permis d'augmenter le type ou la quantité ? » Fin de citation.
3- La confiante en la promesse d'Allah
« Que la paix soit sur vous, notre noble Cheikh, et qu'Allah vous récompense par le bien... Il est dit dans la réponse : "Le prêt doit être rendu à son propriétaire sans augmentation de 'bénéfice', sinon ce serait de l'usure"... Entendez-vous par augmentation, celle qui est stipulée par le prêteur lors du prêt... ou bien l'augmentation est-elle interdite même sans mention de stipulation ? » Fin de citation.
Réponse aux trois questions, car elles portent sur le même sujet :
(Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous,
Concernant ce qui est mentionné dans le hadith du Messager ﷺ à propos de l'excellence dans le remboursement (Husn al-Qada'), cela ne signifie pas l'augmentation du nombre, du poids ou de la mesure, mais signifie le même nombre, le même poids et la même mesure. Cependant, il est permis de rendre une meilleure qualité. Si une personne emprunte à un homme du blé d'un poids de 10 kg par exemple, elle peut lui rendre du blé de meilleure qualité mais avec le même poids de 10 kg. Si elle emprunte dix sa' de riz par exemple, elle peut lui rendre du riz de meilleure qualité mais avec la même mesure, soit dix sa'. Si elle emprunte une brebis, elle peut lui rendre une brebis de meilleure qualité, mais pas deux brebis... C'est cela l'excellence dans le remboursement, et non l'augmentation du poids, de la mesure ou du nombre.
C'est ainsi qu'il faut comprendre le hadith du Messager d'Allah ﷺ mentionné dans notre réponse précédente, dont voici le texte :
D'après Abou Rafi' qui a dit :
اسْتَسْلَفَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ بَكْرًا فَجَاءَتْهُ إِبِلٌ مِنْ الصَّدَقَةِ فَأَمَرَنِي أَنْ أَقْضِيَ الرَّجُلَ بَكْرَهُ فَقُلْتُ لَمْ أَجِدْ فِي الْإِبِلِ إِلَّا جَمَلًا خِيَارًا رَبَاعِيًا فَقَالَ النَّبِيُّ ﷺ أَعْطِهِ إِيَّاهُ فَإِنَّ خِيَارَ النَّاسِ أَحْسَنُهمْ قَضَاءً
« Le Messager d'Allah ﷺ a emprunté un jeune chameau (bakr). Des chameaux provenant de la Sadaqa (Zakat) lui furent apportés, et il m'ordonna de rembourser l'homme. Je dis : "Je n'ai trouvé parmi les chameaux qu'un excellent chameau de six ans (khiyaran ruba'iyan)". Le Prophète ﷺ dit alors : "Donne-le-lui, car les meilleurs des gens sont ceux qui excellent dans leur remboursement" » (Rapporté par Abou Daoud et d'autres).
C'est-à-dire qu'il lui a rendu un chameau meilleur et de qualité supérieure à celui qu'il avait emprunté, mais avec le même nombre, c'est-à-dire qu'il a remboursé un seul chameau.
C'est ce qui figure dans notre réponse concernant l'emprunt d'une tonne de fer : en rendre une tonne et demie n'est pas permis ; il faut rendre le même poids.
En résumé, l'excellence dans le remboursement ne signifie pas l'augmentation du poids, de la mesure ou du nombre, mais le même poids, la même mesure et le même nombre. Cependant, il est permis que ce soit d'une meilleure qualité si l'emprunteur souhaite rembourser avec ce qu'il y a de meilleur, sans que cela soit stipulé par le prêteur, car le Messager ﷺ a remboursé avec une meilleure qualité sans condition du prêteur.
Il est mentionné dans le livre Le Système Économique au chapitre sur l'usure (Ar-Riba) :
« Quant au prêt, il est permis pour ces six catégories [de biens], ainsi que pour d'autres, et pour tout ce qui peut être possédé et dont la cession de propriété est licite. L'usure n'y entre que s'il génère un profit, conformément à ce qu'a rapporté Al-Harith bin Abi Usama du hadith d'Ali (qu'Allah l'agrée) selon lequel : "Le Prophète ﷺ a interdit tout prêt qui apporte un bénéfice", et dans une autre version : "Tout prêt qui entraîne un bénéfice est de l'usure". Font exception à cela les cas relevant de l'excellence dans le remboursement sans augmentation [de quantité], d'après ce qu'a rapporté Abou Daoud de la part d'Abou Rafi' qui a dit : "Le Messager d'Allah ﷺ a emprunté un jeune chameau (bakr). Des chameaux provenant de la Sadaqa lui furent apportés, et il m'ordonna de rembourser l'homme. Je dis : 'Je n'ai trouvé parmi les chameaux qu'un excellent chameau de six ans (khiyaran ruba'iyan)'. Il dit : 'Donne-le-lui, car les meilleurs des gens sont ceux qui excellent dans leur remboursement'." »
On ne peut pas dire que le don et le cadeau sont autorisés, et que s'il rembourse le prêt avec un poids, un nombre ou une mesure supérieure de bon cœur et sans condition, cela est permis. On ne peut pas dire cela, car cela serait permis si ce n'était pas lié au sujet du prêt. Or, l'augmentation ici s'est produite à cause du prêt ; c'est donc un profit qui en découle, couvert par ce qu'a rapporté Al-Harith bin Abi Usama du hadith d'Ali (qu'Allah l'agrée) :
أَنَّ النَّبِيَّ ﷺ نَهَى عَنْ قَرْضٍ جَرَّ مَنْفَعَةً
« Le Prophète ﷺ a interdit tout prêt qui apporte un bénéfice »
Et dans une autre version :
كُلُّ قَرْضٍ جَرَّ مَنْفَعَةً فَهُوَ رِبًا
« Tout prêt qui entraîne un bénéfice est de l'usure »
De même, on ne peut pas dire qu'une meilleure qualité est un bénéfice [interdit], car le Messager ﷺ l'a autorisé et l'a considéré comme faisant partie de l'excellence dans le remboursement, comme dans le hadith d'Abou Rafi' mentionné plus haut.
J'espère que cela sera suffisant, si Allah le veut.
Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah
05 Cha'ban 1439 AH Correspondant au 21/04/2018 ap. J.-C.
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