Question :
Le Conseil de sécurité a approuvé, le lundi 20/07/2015, l'accord nucléaire dont la signature finale a eu lieu le 14/07/2015 à Vienne, en Autriche, entre l'Iran et le groupe des pays 5+1. Cet accord avait été prolongé à deux reprises depuis la date de signature prévue le 30/06/2015, conformément à l'accord-cadre signé à Lausanne, en Suisse, le 02/04/2015. Quelle est la substance de cet accord, quels sont ses résultats et ses répercussions sur la situation dans la région ? Et dans l'intérêt de qui cet accord a-t-il été conclu ? Qu'Allah vous récompense par le bien.
Réponse :
Il est nécessaire de passer en revue les déclarations et les positions des pays influents pour que la réponse devienne claire :
1- Le président américain, suite à la signature de l'accord à Vienne, a prononcé un discours télévisé dans lequel il a déclaré : « L'accord ferme toute voie à l'Iran pour obtenir des armes nucléaires... L'accord stipule le retrait des deux tiers des centrifugeuses installées en Iran pour les stocker sous surveillance internationale, l'élimination de 98 % de son uranium enrichi, l'acceptation du retour rapide des sanctions en cas de violation de l'accord, et l'octroi à l'Agence internationale de l'énergie atomique d'un accès permanent pour inspecter les sites partout et à chaque fois que cela est nécessaire » (BBC, 14/07/2015).
Le secrétaire d'État américain John Kerry a déclaré : « L'application de l'accord nucléaire avec l'Iran se fera par étapes et commencera dans les 90 jours suivant l'adoption d'une résolution internationale par le Conseil de sécurité pour le soutenir. La mise en œuvre de certaines clauses prendra 15 ans, tandis que d'autres resteront en vigueur pendant 25 ans. » (Russia Today, 14/07/2015)...
Le secrétaire général de l'organisation internationale — qui exprime l'opinion de l'Amérique — a déclaré dans un communiqué : « J'espère et je crois fermement que cet accord mènera à une plus grande compréhension et coopération face aux nombreux défis sécuritaires graves au Moyen-Orient. » Il a ajouté qu'« en tant que tel, il peut, c'est-à-dire l'accord, servir de contribution vitale à la paix et à la stabilité dans toute la région et au-delà » (Elaf, 14/07/2015).
2- Quant à l'Europe, représentée par ses trois membres du groupe des Six, à savoir la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, ainsi que tous les Européens, ils ont soutenu l'accord. La responsable des relations européennes, Mogherini, a déclaré : « L'accord est un événement historique et une bonne transaction. Il stipule le caractère pacifique du programme nucléaire iranien et un ensemble de mesures garantissant que l'Iran ne cherchera pas à mener des recherches ou à développer des programmes lui permettant d'obtenir une arme nucléaire. Ce n'est pas une fin, mais le début d'un travail pour une phase de coopération commune entre l'Iran et les parties internationales. » (Russia Today, 14/07/2015).
Le président français a salué l'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances, déclarant lors d'un discours télévisé à l'occasion de la fête nationale : « L'accord que nous avons signé est d'une importance capitale et le monde avance »... Le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, a fait l'éloge de « l'accord historique » conclu mardi sur le programme nucléaire iranien, estimant qu'il « constitue un changement important dans les relations entre l'Iran, les pays voisins et la communauté internationale... » (Elaf, 14/07/2015)... Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré : « L'accord contribuera à instaurer la sécurité au Moyen-Orient... C'est un accord responsable et Israël doit l'examiner attentivement et ne pas le critiquer. » (Télévision allemande ARD, 14/07/2015).
3- Quant à la Russie et à la Chine, elles n'ont pas imposé de conditions et ne se sont pas opposées aux conditions occidentales, acceptant tout ce qui a été conclu :
Concernant la Russie, le président russe Poutine s'est « réjoui » de l'appel téléphonique du président américain suite à la signature de l'accord final, lui accordant une certaine considération en guise de remerciement pour sa position de soutien à l'Amérique. En réalité, l'Amérique avait obtenu l'accord de la Russie sur tout ce qui concernait l'Iran et son programme nucléaire au préalable. Le secrétaire d'État américain Kerry a déclaré lors de sa visite en Russie et de sa rencontre avec le président Poutine et son homologue Lavrov le 12/05/2015 à Sotchi, en faisant référence aux discussions en cours sur l'accord nucléaire : « L'unité entre Moscou et Washington sur ce sujet est la clé de la signature de l'accord final ». C'est pourquoi le président russe Vladimir Poutine a salué l'accord sur le programme nucléaire iranien, affirmant que la communauté internationale l'a accueilli avec un « grand soulagement » après des années de négociations... De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a promis à Vienne que la Russie « contribuerait par des mesures pratiques à l'application de l'accord ». (Elaf, 14/07/2015).
Quant au délégué de la Chine, il a déclaré : « Tout le monde doit faire preuve d'esprit positif dans la mise en œuvre de l'accord nucléaire », soulignant que « l'exécution de l'accord nucléaire avec l'Iran au cours des dix premières années revêt une grande importance. » (Site Al-Wefaq, 20/07/2015). De même, « Obama a remercié le président chinois pour son rôle dans les discussions avec l'Iran » (Chaîne Al-Arabiya, 21/07/2015).
4- Quant à l'Iran, sa joie face à l'accord était indescriptible ! Il a oublié, ou feint d'oublier, le Grand et le Petit Satan. La télévision iranienne a retransmis le discours du président américain Obama prononcé après l'accord. C'est la deuxième fois en 36 ans que la télévision iranienne retransmet en direct le discours d'un président américain, sachant que les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays depuis 1980 ! Le président iranien a ensuite pris la parole quelques minutes après Obama, qualifiant l'accord de « point de départ » pour instaurer la confiance entre son pays et l'Occident. Il a déclaré : « Si cet accord est appliqué correctement... nous pourrons progressivement éliminer le manque de confiance... ». (Site Elaf, 14/07/2015).
5- Ainsi, toutes les puissances internationales négociatrices (5+1) ont vu dans l'accord un « acte historique », suivant l'Amérique en cela. Cependant, deux parties s'y sont opposées, non pas parce que c'est contraire aux intérêts de l'Amérique, mais pour d'autres motifs : le Parti républicain aux États-Unis et l'entité juive...
- Quant au Parti républicain, il réalise que l'accord est avantageux pour l'Amérique de manière exceptionnelle. Mais comme à son habitude, le Parti républicain lutte férocement pour empêcher le Parti démocrate de s'attribuer la réussite d'un projet vital pour les intérêts de l'Amérique, surtout à l'approche des élections. Ce n'est pas nouveau ; nous nous souvenons de la crise des otages américains qui a duré du 04/11/1979 au 20/01/1981. Les Républicains avaient alors tout fait pour faire échouer les efforts de Carter, président démocrate à l'époque, pour résoudre la crise, afin que la résolution n'ait lieu que sous un mandat républicain. C'est ce qui s'est passé : des responsables républicains de haut rang ont contacté des responsables du gouvernement de Khomeini et ont convenu de retarder la libération des otages sous l'administration Carter pour la reporter au mandat de Reagan après les élections présidentielles, en échange de l'obtention par l'Iran d'armes américaines et du dégel d'avoirs iraniens, en plus d'autres accords... Effectivement, à peine Reagan le Républicain avait-il prêté serment (le 20/01/1981) que les otages ont été libérés vingt minutes plus tard, transportés à Washington en quelques heures. Les partisans de Reagan ont alors commencé à parler de ce miracle et de la fin de la crise dès l'arrivée de Reagan au pouvoir... !
La situation actuelle est identique : c'est une lutte électorale partisane et non un désaccord sur l'intérêt de l'Amérique. Les deux partis savent que l'accord nucléaire est une victoire pour l'Amérique, mais les Républicains ne veulent pas que les Démocrates remportent un projet vital qui leur soit attribué, d'autant plus que les élections présidentielles approchent. C'est par cette porte que l'opposition républicaine est entrée. Il est connu que le Congrès contrôlé par les Républicains s'est opposé à la signature de l'accord car le Congrès a des calculs partisans liés aux élections présidentielles de novembre 2016. Le Parti républicain œuvre pour que le Parti démocrate, représenté par l'administration actuelle d'Obama, ne paraisse pas avoir réalisé un succès éclatant lui permettant de gagner les élections. Obama en est conscient, c'est pourquoi il a menacé d'utiliser son veto si les Républicains allaient jusqu'au bout de leur opposition et bloquaient l'accord au Congrès...
- Quant à l'entité juive, elle réalise sans aucun doute qu'elle n'aurait pu rêver d'un tel accord, car il lui permet de dominer la région en étant la seule à détenir l'arme nucléaire sans contestation... Cependant, elle a manifesté son opposition pour trois raisons : Premièrement, l'entité s'attend à ce que le Parti républicain remporte les élections et veut le soutenir dans ses campagnes préliminaires pour obtenir ses faveurs après sa victoire. Deuxièmement, elle s'attend à ce qu'Obama fasse un geste de compensation, les Démocrates ayant besoin des voix du lobby juif ; la contestation devient alors un moyen de chantage. Troisièmement, et c'est le plus important, cette entité réalise que les gouvernants en Iran et dans les autres pays musulmans qui bradent les droits de la Oumma et ses armes ne dureront pas éternellement, et que le jour viendra où la Oumma islamique reviendra à sa religion et où ses savants relanceront ses industries vitales... L'entité juive en est consciente, c'est pourquoi elle montre que cet accord est insuffisant afin de maintenir la pression pour que, après avoir visé l'arme nucléaire en Iran et ailleurs, on s'en prenne aux savants atomistes dans les pays musulmans...
Pour ces raisons, l'entité a manifesté son opposition, sinon elle sait que les Républicains comme les Démocrates s'engagent à préserver sa sécurité. Elle ne peut se passer de l'ombre de l'Amérique pour sa protection. Les Juifs ne peuvent subsister que par un pacte avec Allah ou par un pacte avec les hommes ; or, ils ont rompu le pacte avec Allah depuis fort longtemps, et ils se cramponnent aujourd'hui au pacte avec les hommes. Leur sécurité repose sur un facteur externe, et un tel accord est un pilier de leur sécurité. Leur opposition n'est donc pas réelle. C'est pourquoi Carter, le ministre de la Défense d'Obama — au moment où Netanyahou s'oppose à Obama — se rend dans l'entité juive avec un grand accueil et déclare : « Israël est le pilier de notre politique au Moyen-Orient, nous ne permettrons pas à Téhéran d'obtenir l'arme nucléaire, et nous sommes engagés pour la sécurité et la défense de nos alliés dans la région. » (Jérusalem occupée - Agence Quds Net, 20/07/2015).
6- À travers ces déclarations et positions, il ressort ce qui suit :
a- L'empressement extrême de l'administration américaine à signer cet accord ! Elle l'a traité comme une question existentielle pour elle-même, plutôt que pour l'Iran, l'Europe ou tout autre pays... Le président américain dirigeait les négociations à distance, avec un contact direct et un intérêt immense pour conclure cet accord. Il y a mobilisé son secrétaire d'État pendant trois semaines consécutives, sans compter les contacts précédents, ce qui montre l'importance de cet accord pour l'Amérique, ses intérêts et ceux de l'administration Obama : il a enchaîné l'Iran pour des décennies et l'a écarté de la fabrication de toute arme nucléaire. Si nous lions cela aux déclarations précédentes du président américain et d'autres responsables sur l'importance du rôle stratégique de l'Iran dans la région et la volonté de travailler avec lui — ce qui se fait déjà concrètement — ainsi qu'aux déclarations des responsables iraniens annonçant leur coopération avec l'Amérique en Irak et en Afghanistan et leur volonté de lutter contre le terrorisme et l'extrémisme, et ce que l'on observe de l'accord tacite de l'Amérique sur ce que font l'Iran et son parti en Syrie, ainsi que ce qui s'est passé au Yémen où l'Amérique a donné à l'Iran un rôle important pour fournir des armes et du matériel aux Houthis afin de jouer un rôle permettant à l'Amérique d'étendre son influence au Yémen... tout cela indique que l'Amérique vise, derrière cet accord, à faciliter les choses pour l'Iran en levant les sanctions et en établissant des relations publiques avec lui, afin qu'il continue à jouer le rôle qui facilite la tâche de l'Amérique, allège ses fardeaux et couvre ses manœuvres contre les pays et les peuples de la région. L'Iran exécute ainsi la politique américaine concrètement, comme c'est le cas en Irak, en Syrie et au Yémen, mais au lieu que l'exécution se fasse derrière un rideau opaque comme auparavant, elle se fera derrière un rideau transparent ou sans rideau du tout !
b- D'un autre côté, il a été remarqué que les trois pays européens étaient en marge des négociations ! Ce qui se passait ressemblait à des arrangements préparés par l'Amérique avec l'Iran concernant la levée des sanctions, l'accord nucléaire et l'activation du rôle de l'Iran au service des projets américains dans la région. Nul doute que l'Europe en était consciente, car la plupart des réunions secrètes, et même les réunions publiques décisives, se déroulaient entre les représentants américains et iraniens... Ainsi, il était clair pour l'Europe que l'accord préparé par l'Amérique serait adopté, c'est pourquoi l'opposition européenne, particulièrement française, a reculé et la signature a eu lieu... L'Europe a alors cherché à tirer profit de cet accord américain, notamment de la levée des sanctions. Ces pays se sont précipités vers la scène iranienne : la Grande-Bretagne a annoncé qu'elle rouvrirait son ambassade là-bas... la France a annoncé que son ministre des Affaires étrangères se rendrait à Téhéran... les entreprises allemandes se sont préparées à se ruer immédiatement vers l'Iran. En fait, depuis un certain temps, elles planifiaient des programmes futurs et des projets à réaliser là-bas, comme cela a été rapporté par les médias allemands. Il semblait que les Allemands étaient convaincus depuis longtemps que l'accord serait signé, sentant que l'Iran ferait des concessions et réalisant qu'il est à la botte de l'Amérique... Ainsi, n'ayant plus d'autre choix face à l'accord nucléaire américano-iranien qu'ils ne pouvaient empêcher, ni de possibilité d'influencer l'hégémonie américaine, les Européens n'ont eu d'autre alternative que de se ruer vers l'Iran pour obtenir des gains par des investissements et des projets, alors qu'ils souffrent de difficultés financières. À travers cela, ils espèrent pouvoir travailler à long terme à l'intérieur de l'Iran pour restaurer tout ou partie de l'influence européenne aux côtés de l'influence américaine...
c- Quant à la Russie et à la Chine, elles ne prétendent à aucune influence en Iran... Le fait que l'Amérique leur facilite les relations commerciales avec l'Iran par la levée des sanctions leur suffit. Si l'on ajoute à cela, comme mentionné plus haut, un appel de remerciement d'Obama pour leur non-opposition à l'accord, cela constitue pour elles une chose positive !
d- Quant à l'Iran, tout ce qui lui importait était la levée des sanctions et le fait d'apparaître comme un vainqueur, même si cela signifiait être dépouillé de l'arme de la puissance pour l'Islam et les musulmans, et même si la contrepartie était l'exécution accélérée et croissante des projets américains dans la région à un rythme plus soutenu qu'actuellement ! Le régime a manifesté sa joie face à l'accord et son soutien aux niveaux officiel et populaire parce qu'il annule les sanctions, tout en taisant la contrepartie... Le président iranien Hassan Rohani a prononcé un discours à la télévision iranienne immédiatement après la signature, mais il a attendu que le président américain termine le sien ! Rohani a fait l'éloge de l'accord, affirmant qu'il réalisait les aspirations de l'Iran et déclarant : « Toutes les sanctions imposées à l'Iran disparaîtront le jour où l'accord entrera en vigueur... ».
En échange de la levée des sanctions, il y a eu des concessions qu'aucun régime libre n'accepterait, et encore moins un régime qui brandit l'étendard de l'Islam. Quiconque examine attentivement ces concessions et y réfléchit sera frappé de stupéfaction par leur énormité. La page de Russia Today a publié, après l'annonce de l'accord le 14/07/2015, ses clauses les plus importantes, notamment :
Imposition de restrictions à long terme sur le programme nucléaire iranien avec maintien de l'enrichissement de l'uranium à 3,67 %... Réduction des centrifugeuses des deux tiers à 5 060 unités... Élimination de 98 % de l'uranium enrichi... Non-exportation de combustible atomique pendant les années à venir, non-construction de réacteurs à eau lourde et interdiction de transférer des équipements d'une installation nucléaire à une autre pendant 15 ans... Autorisation d'accès des inspecteurs de l'AIEA à tous les sites suspects, y compris les sites militaires, après consultation avec Téhéran... Maintien de l'embargo sur l'importation d'armes pour 5 années supplémentaires et 8 ans pour les missiles balistiques... Libération des avoirs et actifs iraniens gelés estimés à des milliards de dollars... Levée des sanctions imposées par l'Europe et les États-Unis contre l'Iran... La page a ajouté que l'Iran a signé avec l'Agence une « feuille de route » stipulant notamment :
Maintien des restrictions imposées à l'Iran dans le domaine nucléaire pendant 8 ans... Abstention de l'Iran de mener des recherches scientifiques sur le traitement du combustible nucléaire pendant 15 ans... Les réserves d'uranium faiblement enrichi en Iran ne doivent pas dépasser 300 kilogrammes pendant 15 ans... L'Iran s'engage jusqu'au 15 octobre à clarifier les questions à possible dimension militaire dans son dialogue avec l'AIEA.
L'agence iranienne Fars a déclaré le 14/07/2015 que « le projet d'accord stipule l'inspection de tous les sites iraniens, y compris militaires, et une visite unique du site militaire de Parchin ». S'ajoute à cela ce qui figurait dans le discours d'Obama après l'accord : « ...et l'acceptation du retour rapide des sanctions en cas de violation de l'accord... ».
Celui qui médite ces concessions sera frappé par leur énormité comme nous l'avons dit... Le plus étrange est que le régime promeut ces concessions comme des victoires ! Il y a ceux qui se trompent mais reconnaissent leur erreur et cherchent à la corriger ; on peut comprendre de telles personnes. Mais que des gens s'engagent délibérément dans des tragédies atroces pour le destin d'une nation, puis les présentent comme une victoire, c'est une obscurité mortelle. Cette obscurité pourrait être légèrement atténuée par la lumière qui commence à émaner de certains esprits conscients en Iran qui n'ont pas été dupés par cette promotion d'une fausse victoire, mais y ont vu une défaite flagrante. Le site Raja en Iran a critiqué la célébration de l'accord en disant : « Ce n'est pas une victoire mais une défaite cuisante car il a fermé une grande partie de la technologie nucléaire de l'Iran » (Elaf, 14 juillet)... Même Khamenei a réalisé que l'arme de la promotion de la victoire était perdante, surtout après que la télévision iranienne a diffusé le discours d'Obama avant celui de son propre président ! Le « Guide de la Révolution » a alors tenté de réparer les pertes en qualifiant l'Amérique d'arrogante... affirmant que sa politique diffère de la sienne... et qu'il ne négocie pas avec elle... Mais quand cela ?! Après s'être rassasié de négociations... et après que le projet nucléaire américain a porté un coup fatal à l'Iran... Même la levée des sanctions et la libération des fonds, par lesquelles le régime a tenté de justifier ces concessions, ne constituent pas un argument valable. La répétition de cela dans les discours de Rohani : « Ces sanctions ont causé de nombreux problèmes dans la société iranienne (23/06/2015) » et encore dans son discours après la signature : « Les sanctions ont laissé des traces sur le peuple iranien (14/07/2015) »... tout cela n'est que tromperie. Car les effets des sanctions ne s'effacent pas par des concessions humiliantes, mais par l'application sincère et fidèle des lois de l'Islam, particulièrement le système économique dans ses dispositions sur la propriété publique et la propriété d'État, et que cette application soit portée par des hommes qui ont été fidèles à leur pacte avec Allah. Ils sauraient alors exploiter les immenses richesses de l'Iran, dans son sous-sol comme à sa surface. Ce système est consigné dans le Livre d'Allah le Très-Haut et la Sunna de Son Messager ﷺ, et il est accessible à quiconque a un cœur ou prête l'oreille tout en étant témoin... Tout cela redonne vie aux gens et les sort de la détresse, et l'effet des sanctions se retourne contre celui qui les a imposées et non contre celui qui les subit. Quant à la libération des fonds, si l'on calculait le coût des armements auxquels l'Iran renonce en échange, la différence ne serait pas grande ! Qu'en est-il alors si l'on ajoute la valeur morale que la Oumma perd en étant dépouillée d'une partie importante de sa force ?!
C'est ainsi que l'on traite les sanctions, et non par des concessions humiliantes...
إِنَّ فِي هَذَا لَبَلَاغًا لِقَوْمٍ عَابِدِينَ
"Certes, il y a en cela une communication pour un peuple d'adorateurs." (Sourate Al-Anbiya [21]: 106)