Série de réponses du grand savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fikri »
Réponse à une question
À Om Qutibah Odah
Question :
Assalamou Alaykoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouh,
Il est mentionné dans le livre La Personnalité Islamique, Tome 1, dans la leçon sur les prophètes et les messagers, à la page 130, ce qui suit :
« Ainsi, notre maître Moussa est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée, et il est un messager parce que la législation qui lui a été révélée constitue un message pour lui. Notre maître Harun est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée, mais il n'est pas un messager, car la législation qui lui a été révélée pour qu'il la transmette aux autres n'est pas son propre message, mais celui de Moussa. »
Comment pouvons-nous concilier ce qui est mentionné dans le livre La Personnalité Islamique avec ce qui est établi dans le Livre d'Allah le Très-Haut :
فَأْتِيَاهُ فَقُولا إِنَّا رَسُولا رَبِّكَ
« Allez donc chez lui, puis dites-lui : "Nous sommes tous deux les messagers de ton Seigneur." » (QS. Ta-Ha [20]: 47)
فَأْتِيَا فِرْعَوْنَ فَقُولا إِنَّا رَسُولُ رَبِّ الْعَالَمِينَ
« Allez donc vers Pharaon et dites-lui : "Nous sommes le messager du Seigneur de l'Univers." » (QS. Ach-Chou'ara [26]: 16)
Alors que j'ai trouvé dans tous les commentaires (tafassir) qu'il est à la fois messager et prophète ?
Réponse :
Wa Alaykoum Assalam Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouh,
Premièrement : Une divergence a eu lieu entre les savants concernant la différence entre le prophète (Nabi) et le messager (Rasul), selon plusieurs avis, dont nous citons :
1- Le prophète est celui à qui une obligation a été révélée sans qu'il ait reçu l'ordre de la transmettre ; s'il reçoit l'ordre de la transmettre, il est alors un messager... Il est mentionné dans Fath al-Bari d'Ibn Hajar al-Asqalani :
[Fath al-Bari d'Ibn Hajar (11/112)] : « ... les termes prophétie (noubouwa) et message (rissala) diffèrent dans leur étymologie originelle. La prophétie vient de naba', qui est l'information. Le prophète, dans l'usage commun, est celui qui est informé par Allah d'une affaire impliquant une obligation. S'il lui est ordonné de la transmettre à autrui, il est alors messager, sinon il est un prophète non-messager. Sur cette base, tout messager est prophète, mais l'inverse n'est pas vrai. Le prophète et le messager partagent une caractéristique générale qui est l'information (naba'), et divergent sur le message (rissala). Ainsi, si tu dis qu'un tel est messager, cela implique qu'il est prophète et messager, mais si tu dis qu'un tel est prophète, cela n'implique pas nécessairement qu'il soit messager... »
2- Le messager est celui qui est envoyé pour transmettre la révélation et qui possède un livre, tandis que le prophète est celui qui est envoyé pour transmettre la révélation de manière absolue. Al-Ayni a rapporté dans Al-Binaya Charh al-Hidayah ce qui suit : [Al-Binaya Charh al-Hidayah (1/116)] :
« ... ensuite, la différence entre le messager et le prophète est que le messager est celui qui est envoyé pour transmettre la révélation avec un livre, et le prophète est celui qui est envoyé pour transmettre la révélation de manière absolue, qu'il ait un livre ou non, comme Youcha' (Josué), que la paix soit sur lui. Ainsi, le terme prophète est plus général que messager : c'est ce qu'a dit le Cheikh Qiwam ad-Din al-Atrazi dans son commentaire, suivant en cela l'auteur de Al-Nihaya qui a dit : Le messager est le prophète qui possède un livre, comme Moussa, que la paix soit sur lui ; et le prophète est celui qui informe de la part d'Allah même s'il n'a pas de livre, comme Youcha', que la paix soit sur lui. C'est de là que le Prophète, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « Les savants de ma communauté sont comme les prophètes des Enfants d'Israël », et il n'a pas dit : "comme les messagers des Enfants d'Israël". Le Cheikh Akmal ad-Din, qu'Allah lui fasse miséricorde, les a suivis et a fait la distinction ainsi... »
3- (Le messager est celui à qui une législation (char') a été révélée et qui a reçu l'ordre de la transmettre, tandis que le prophète est celui à qui la législation d'un autre messager a été révélée et qui a reçu l'ordre de la transmettre. Le messager est donc celui qui est chargé de transmettre sa propre législation, et le prophète est celui qui est chargé de transmettre la législation d'un autre). C'est l'avis que nous avons choisi et explicité dans le livre La Personnalité Islamique, Tome 1, pages 35-38 (fichier Word) :
[Les Prophètes et les Messagers : "Prophète" et "Messager" sont deux termes distincts, mais ils se rejoignent dans le fait que la législation leur est révélée. La différence entre eux est que le messager est celui à qui une législation a été révélée et qui a reçu l'ordre de la transmettre, alors que le prophète est celui à qui la législation d'un autre messager a été révélée et qui a reçu l'ordre de la transmettre. Le messager est celui qui est chargé de transmettre sa propre législation, et le prophète est celui qui est chargé de transmettre la législation d'un autre. Le Qadi al-Baydawi a dit dans l'explication de la parole du Très-Haut : « Nous n'avons envoyé avant toi ni messager ni prophète » (le verset) : "Le messager est celui qu'Allah a envoyé avec une législation renouvelée à laquelle il appelle les gens. Le prophète est celui qu'Allah a envoyé pour confirmer une législation précédente". Ainsi, notre maître Moussa est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée, et il est un messager car la législation qui lui a été révélée est un message pour lui. Notre maître Harun est un prophète car une législation lui a été révélée, mais il n'est pas un messager car la législation qui lui a été révélée pour qu'il la transmette aux autres n'est pas son propre message, mais celui de Moussa. Notre maître Muhammad est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée, et il est un messager car la législation qui lui a été révélée est son propre message...].
Cet avis est le plus précis et le plus proche de la vérité... Les hadiths du Prophète ﷺ clarifient la réalité du prophète et la différence entre lui et le messager... Par exemple, il est rapporté dans le hadith faisant l'unanimité (mouttafaq 'alayh) d'après Abi Hazim : « J'ai côtoyé Abou Hourayra pendant cinq ans et je l'ai entendu rapporter du Prophète ﷺ qu'il a dit :
كَانَتْ بَنُو إِسْرَائِيلَ تَسُوسُهُمْ الْأَنْبِيَاءُ كُلَّمَا هَلَكَ نَبِيٌّ خَلَفَهُ نَبِيٌّ، وَإِنَّهُ لَا نَبِيَّ بَعْدِي، وَسَيَكُونُ خُلَفَاءُ فَيَكْثُرُونَ. قَالُوا: فَمَا تَأْمُرُنَا؟ قَالَ: فُوا بِبَيْعَةِ الْأَوَّلِ فَالْأَوَّلِ؛ أَعْطُوهُمْ حَقَّهُمْ فَإِنَّ اللَّهَ سَائِلُهُمْ عَمَّا اسْتَرْعَاهُمْ
"Les Enfants d'Israël étaient gouvernés par les prophètes. Chaque fois qu'un prophète mourait, un autre prophète lui succédait. Mais il n'y aura pas de prophète après moi. Il y aura des califes et ils seront nombreux." Ils dirent : "Que nous ordonnes-tu donc ?" Il répondit : "Honorez le serment d'allégeance du premier, puis du suivant ; donnez-leur leur droit, car Allah les interrogera sur ce qu'Il leur a confié." »
Il est clair, d'après ce hadith, que les prophètes des Enfants d'Israël les gouvernaient selon la législation de Moussa, que la paix soit sur lui, comme cela est connu et comme l'indique le hadith lui-même en comparant la nature du travail des califes à celui des prophètes des Enfants d'Israël en matière de politique des sujets. Tout comme les prophètes des Enfants d'Israël gouvernaient les gens selon la législation de Moussa, de même les califes gouvernent les musulmans selon la législation de Muhammad... Cela signifie que les prophètes des Enfants d'Israël n'apportaient pas de nouvelle législation mais suivaient celle de Moussa. Ce hadith prouve que le prophète est celui à qui il est révélé et qui transmet aux gens, mais il ne leur transmet pas une nouvelle législation, il transmet la législation d'un messager qui l'a précédé... On comprend aussi de cela que le messager est celui qui apporte une nouvelle législation que peuvent suivre les prophètes qui lui succèdent, comme ce fut le cas pour les prophètes des Enfants d'Israël vis-à-vis de Moussa... Le hadith mentionné ci-dessus est l'une des preuves de la réalité de la différence entre le prophète et le messager.
Deuxièmement : La réalité de notre maître Harun, que la paix soit sur lui :
1- Comme nous l'avons mentionné dans le texte cité plus haut du livre La Personnalité Islamique, nous disons : [Ainsi, notre maître Moussa est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée, et il est un messager parce que la législation qui lui a été révélée constitue un message pour lui. Notre maître Harun est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée, mais il n'est pas un messager, car la législation qui lui a été révélée pour qu'il la transmette aux autres n'est pas son propre message, mais celui de Moussa.] C'est-à-dire que, sur la base de la définition qui prévaut chez nous pour le messager et le prophète, nous avons conclu que Harun est un prophète et non un messager selon ce concept, car Harun était, en matière de législation, un suiveur de Moussa, et les textes législatifs en témoignent, comme illustré ci-dessous.
2- Concernant les deux versets que vous avez mentionnés dans la question, arrêtons-nous brièvement sur leur interprétation dans certains livres d'exégèse (tafsir) :
a- [Tafsir an-Nasafi (2/297)] : « ﴿فَأْتِيَاهُ﴾ c'est-à-dire Pharaon ﴿فَقُولا إِنَّا رَسُولاَ رَبّكَ﴾ vers toi... Ils sont donc allés vers lui et ont transmis le message en lui disant ce qui leur avait été ordonné. ﴿قَالَ فَمَن رَّبُّكُمَا يا موسى﴾ Il s'est adressé aux deux puis a appelé l'un d'eux car Moussa est la base dans la prophétie et Harun est son suiveur... »
Il est également mentionné dans le [Tafsir an-Nasafi (2/464)] : « ﴿فَأْتِيَا فِرْعَوْنَ فَقُولا إِنَّا رَسُولُ رَبِّ الْعَالَمِينَ﴾ le terme rasul (messager) n'a pas été mis au duel comme il l'a été dans Sa parole ﴿إِنَّا رَسُولاَ رَبّكَ﴾ car rasul peut avoir le sens de l'envoyé ou le sens du message. Là-bas, il a été pris au sens de l'envoyé, d'où la nécessité du duel, tandis qu'ici il est pris au sens du message, ce qui permet d'utiliser la même forme pour le singulier, le duel et le pluriel. Ou bien parce que, par leur union et leur accord sur une seule législation, ils sont comme un seul messager. Ou encore, il est signifié que chacun de nous ﴿أَنْ أَرْسِلْ﴾ au sens de "envoie", car le terme messager contient le sens de l'envoi et de la parole ﴿مَعَنَا بَنِي إِسْرَائِيلَ﴾ il veut dire : laisse-les partir avec nous en Palestine qui était leur demeure. Ils se présentèrent à sa porte mais ne reçurent pas l'autorisation d'entrer pendant un an, jusqu'à ce que le portier dise : "Il y a ici un homme qui prétend être le messager du Seigneur de l'Univers". Il répondit : "Laissez-le entrer, peut-être rirons-nous de lui". Ils lui transmirent alors le message et Pharaon reconnut Moussa... »
b- [Tafsir al-Qurtubi (13/93)] : « ... La parole du Très-Haut : ﴿فَأْتِيَا فِرْعَوْنَ فَقُولا إِنَّا رَسُولُ رَبِّ الْعَالَمِينَ﴾ Abou Oubayda a dit : rasul signifie message, et le sens sous-entendu est : nous sommes porteurs du message du Seigneur de l'Univers... Abou Oubayd a dit : il est permis que le terme rasul soit utilisé pour le duel et le pluriel. Les Arabes disent : "voici mon messager et mon mandataire" (au singulier), "voici mes deux messagers et mes deux mandataires" (en utilisant le singulier), et "voici mes messagers et mes mandataires" (en utilisant toujours le singulier). De là vient Sa parole : ﴿فَإِنَّهُمْ عَدُوٌّ لِي﴾. Et il a été dit : cela signifie que chacun de nous est le messager du Seigneur de l'Univers. »
c- En étudiant ces deux versets et d'autres versets où Harun est mentionné avec le terme d'envoi (irsāl) et de message (rissāla), il apparaît que sa mention avec le terme d'envoi était toujours conjointe à Moussa, c'est-à-dire en subordination à lui. Par exemple, la parole du Très-Haut :
ثُمَّ أَرْسَلْنَا مُوسَى وَأَخَاهُ هَارُونَ بِآيَاتِنَا وَسُلْطَانٍ مُبِينٍ
« Ensuite, Nous envoyâmes Moïse et son frère Aaron, munis de Nos preuves et d'une autorité évidente » (QS. Al-Mu'minun [23]: 45)
وَأَخِي هَارُونُ هُوَ أَفْصَحُ مِنِّي لِسَاناً فَأَرْسِلْهُ مَعِيَ رِدْءاً يُصَدِّقُنِي إِنِّي أَخَافُ أَنْ يُكَذِّبُونِ
« Mais Aaron, mon frère, est plus éloquent que moi. Envoie-le donc avec moi comme auxiliaire pour me soutenir, car je crains qu'ils ne me traitent de menteur. » (QS. Al-Qasas [28]: 34)
وَإِذْ نَادَى رَبُّكَ مُوسَى أَنِ ائْتِ الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ * قَوْمَ فِرْعَوْنَ أَلَا يَتَّقُونَ * قَالَ رَبِّ إِنِّي أَخَافُ أَنْ يُكَذِّبُونِ * وَيَضِيقُ صَدْرِي وَلَا يَنْطَلِقُ لِسَانِي فَأَرْسِلْ إِلَى هَارُونَ * وَلَهُمْ عَلَيَّ ذَنْبٌ فَأَخَافُ أَنْ يَقْتُلُونِ * قَالَ كَلَّا فَاذْهَبَا بِآيَاتِنَا إِنَّا مَعَكُمْ مُسْتَمِعُونَ * فَأْتِيَا فِرْعَوْنَ فَقُولَا إِنَّا رَسُولُ رَبِّ الْعَالَمِينَ * أَنْ أَرْسِلْ مَعَنَا بَنِي إِسْرَائِيلَ
« Et quand ton Seigneur appela Moïse : "Va vers le peuple injuste, le peuple de Pharaon. Ne vont-ils pas craindre Allah ?" Il dit : "Seigneur, je crains qu'ils ne me traitent de menteur ; et ma poitrine se serre, et ma langue n'est plus déliée. Envoie donc chercher Aaron. Ils ont un crime à me reprocher ; et je crains qu'ils ne me tuent." Allah dit : "Jamais ! Allez tous deux avec Nos prodiges. Nous serons avec vous et Nous écouterons. Allez donc vers Pharaon et dites-lui : 'Nous sommes le messager du Seigneur de l'Univers, pour que tu laisses partir avec nous les Enfants d'Israël'." » (QS. Ach-Chou'ara [26]: 10-17)
اذْهَبْ أَنْتَ وَأَخُوكَ بِآيَاتِي وَلَا تَنِيَا فِي ذِكْرِي * اذْهَبَا إِلَى فِرْعَوْنَ إِنَّهُ طَغَى * فَقُولَا لَهُ قَوْلاً لَيِّناً لَعَلَّهُ يَتَذَكَّرُ أَوْ يَخْشَى * قَالَا رَبَّنَا إِنَّنَا نَخَافُ أَنْ يَفْرُطَ عَلَيْنَا أَوْ أَنْ يَطْغَى * قَالَ لَا تَخَافَا إِنَّنِي مَعَكُمَا أَسْمَعُ وَأَرَى * فَأْتِيَاهُ فَقُولَا إِنَّا رَسُولَا رَبِّكَ فَأَرْسِلْ مَعَنَا بَنِي إِسْرَائِيلَ وَلَا تُعَذِّبْهُمْ قَدْ جِئْنَاكَ بِآيَةٍ مِنْ رَبِّكَ وَالسَّلَامُ عَلَى مَنِ اتَّبَعَ الْهُدَى * إِنَّا قَدْ أُوحِيَ إِلَيْنَا أَنَّ الْعَذَابَ عَلَى مَنْ كَذَّبَ وَتَوَلَّى
« Pars, toi et ton frère, avec Mes prodiges ; et ne négligez pas de M'invoquer. Allez tous deux vers Pharaon, car il s'est rebellé. Puis parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou Me craindra-t-il ? Ils dirent : "Ô notre Seigneur, nous craignons qu'il ne nous maltraite ou qu'il ne dépasse les limites". Il dit : "Ne craignez rien. Je suis avec vous : J'entends et Je vois. Allez donc chez lui, puis dites-lui : 'Nous sommes tous deux les messagers de ton Seigneur. Laisse donc partir avec nous les Enfants d'Israël et ne les châtie plus. Nous sommes venus à toi avec une preuve de la part de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin ! Il nous a été révélé que le châtiment frappera quiconque crie au mensonge et se détourne'." » (QS. Ta-Ha [20]: 42-48)
Il est clair, à travers tous ces textes, que Harun n'a pas été désigné seul par la description de messager, mais que le discours incluant ce terme concernait Moussa et lui ensemble, que la paix soit sur eux. Autrement dit, Harun ne s'est pas vu attribuer le qualificatif de messager de manière indépendante et isolée.
d- Cependant, lorsque le Coran mentionne Harun seul de manière indépendante avec un qualificatif, il est appelé prophète et non messager. Cela, au moment même où le Coran affirme pour Moussa les qualificatifs de messager et de prophète ensemble. Le Très-Haut a dit :
وَاذْكُرْ فِي الْكِتَابِ مُوسَى إِنَّهُ كَانَ مُخْلَصاً وَكَانَ رَسُولاً نَبِيّاً * وَنَادَيْنَاهُ مِنْ جَانِبِ الطُّورِ الْأَيْمَنِ وَقَرَّبْنَاهُ نَجِيّاً * وَوَهَبْنَا لَهُ مِنْ رَحْمَتِنَا أَخَاهُ هَارُونَ نَبِيّاً
« Et mentionne dans le Livre, Moïse. C'était un élu, et c'était un messager prophète. Du côté droit du Mont (Sinaï), Nous l'appelâmes et Nous le fîmes approcher tel un confident. Et par Notre miséricorde, Nous lui donnâmes son frère Aaron comme prophète. » (QS. Maryam [19]: 51-53)
Concernant Moussa, Il a dit qu'il était ﴿رَسُولاً نَبِيّاً﴾ (messager prophète). Quant à Harun, immédiatement après, le Coran ne lui a pas attribué le qualificatif de messager mais s'est contenté de le décrire par la prophétie : ﴿أَخَاهُ هَارُونَ نَبِيّاً﴾ (son frère Aaron comme prophète). Cela appuie la compréhension que nous avons adoptée, à savoir que Moussa est le messager prophète parce que la nouvelle législation lui a été envoyée et qu'il a reçu l'ordre de la transmettre. Quant à Harun, il est un prophète et non un messager parce qu'il suivait Moussa et qu'il a reçu l'ordre de transmettre le message de Moussa et sa législation sans avoir lui-même une législation indépendante. Il est mentionné dans le Tafsir Ibn Kathir concernant ces versets :
[Tafsir Ibn Kathir (5/237)] : « ... Lorsqu'Allah a mentionné Ibrahim l'Ami intime et a fait son éloge, Il a enchaîné en mentionnant l'Interlocuteur, en disant : ﴿وَاذْكُرْ فِي الْكِتَابِ مُوسَى إِنَّهُ كَانَ مُخْلَصاً﴾... ﴿وَكَانَ رَسُولا نَبِيّاً﴾, Il a réuni pour lui les deux descriptions, car il faisait partie des grands messagers doués de fermeté (Ouloul 'Azm) qui sont au nombre de cinq : Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad, que les prières d'Allah et Son salut soient sur eux et sur tous les autres prophètes... Et Sa parole : ﴿وَوَهَبْنَا لَهُ مِنْ رَحْمَتِنَا أَخَاهُ هَارُونَ نَبِيّاً﴾ c'est-à-dire : Nous avons exaucé sa demande et son intercession pour son frère, en faisant de lui un prophète, comme Il l'a dit dans l'autre verset : « Mais Aaron, mon frère, est plus éloquent que moi. Envoie-le donc avec moi comme auxiliaire pour me soutenir, car je crains qu'ils ne me traitent de menteur. » Et Il a dit : « Ta demande est exaucée, ô Moïse. » Et Il a dit : « Envoie donc chercher Aaron. Ils ont un crime à me reprocher ; et je crains qu'ils ne me tuent. » C'est pourquoi certains pieux prédécesseurs ont dit : Personne n'a intercédé pour quelqu'un d'une intercession plus grande dans ce monde que celle de Moussa pour Harun afin qu'il soit prophète. Allah le Très-Haut a dit : ﴿وَوَهَبْنَا لَهُ مِنْ رَحْمَتِنَا أَخَاهُ هَارُونَ نَبِيّاً﴾. Ibn Jarir a dit : ... d'après Ibn Abbas : Sa parole : ﴿وَوَهَبْنَا لَهُ مِنْ رَحْمَتِنَا أَخَاهُ هَارُونَ نَبِيّاً﴾, il a dit : Harun était plus âgé que Moussa, mais il voulait dire : Il lui a fait don de sa prophétie. »
3- De ce qui précède, il ressort que selon la définition que nous adoptons pour le prophète et le messager, Moussa est un prophète parce qu'une législation lui a été révélée pour qu'il la transmette, et il est un messager car cette législation est son propre message. Quant à Harun, il est un prophète car une législation lui a été révélée, mais il n'est pas un messager car la législation qu'il devait transmettre n'est pas la sienne, mais celle de son frère Moussa.
C'est ce que nous privilégions dans cette question et c'est l'avis adopté chez nous. Allah est plus Savant et plus Sage.
Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah
12 Chawwal 1444 H Correspondant au 02/05/2023 G
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