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Questions & Réponses

Réponse à une question : Le montant maximum qu'un bénéficiaire de la Zakat peut recevoir

April 10, 2020
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Série de réponses de l'éminent savant Ata bin Khalil Abu al-Rashtah, émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »

Réponse à une question

Le montant maximum qu'un bénéficiaire de la Zakat peut recevoir À Shani Ayaz

Question :

Aslamalaikum shaykh, I have a question if you can answer if you have time. How much money can a person receive a zakat. Eg Can a person get enough money to build a house if he has no house... Or is there a limit to how much a person can receive. JazakAllah

Réponse :

Wa Alaikum Assalam Wa Rahmatullahi Wa Barakatuh,

Votre question porte sur le montant maximum qu'un bénéficiaire de la Zakat peut recevoir de celle-ci...

La réponse à cette question est qu'il n'existe pas dans la charia de texte direct précisant le montant maximal à donner à un bénéficiaire de la Zakat. Cependant, le verset sur les aumônes (as-sadaqat), à savoir la parole d'Allah (swt) :

إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ وَالْعَامِلِينَ عَلَيْهَا وَالْمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وَفِي الرِّقَابِ وَالْغَارِمِينَ وَفِي سَبِيلِ اللَّهِ وَابْنِ السَّبِيلِ فَرِيضَةً مِنَ اللَّهِ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ

« Les aumônes ne sont destinées qu'aux pauvres, aux indigents, à ceux qui y travaillent, à ceux dont les cœurs sont à gagner, à l'affranchissement des esclaves, à ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d'Allah, et pour le voyageur : c'est une obligation de la part d'Allah. Allah est Omniscient et Sage. » (Sourate At-Tawbah [9]: 60)

On peut en déduire le montant maximum à donner à un bénéficiaire. En effet, les bénéficiaires de la Zakat ont été mentionnés dans le verset avec des descriptions explicites indiquant la raison pour laquelle la Zakat leur est donnée. Cela signifie que l'octroi de la Zakat est motivé par la description (al-wasf) présente chez eux et par laquelle ils y ont droit. Tant que la catégorie à laquelle la Zakat est donnée correspond à cette description, on lui donne ; si elle dépasse cette description, on ne lui donne plus :

  • Par exemple : les pauvres (al-fuqara) et les indigents (al-masakin) méritent la Zakat en raison de leur état de pauvreté et de besoin. Ainsi, le montant maximum qui leur est versé est celui qui les rend riches (suffisants), c'est-à-dire ce qui les comble de sorte qu'ils ne soient plus éligibles à la Zakat. Ils sortent ainsi, par la Zakat qui leur est donnée, de la description de pauvreté et d'indigence. Il n'est pas permis de leur donner plus que cela. Ce montant varie bien entendu d'une personne à l'autre et d'une situation à l'autre.

  • Par exemple : ceux qui y travaillent (al-amilina alayha) reçoivent la Zakat parce qu'ils œuvrent à sa collecte. Ceux-là reçoivent la Zakat en raison de leur travail, c'est-à-dire en contrepartie de l'effort qu'ils fournissent pour collecter la Zakat. L'État évalue leur rémunération selon l'effort qu'ils déploient. Si l'État ne fixe pas leur rémunération, on leur donne le salaire du marché (ajr al-mithl). On ne leur donne rien de plus, car la Zakat n'est pas un don pour eux, mais seulement une contrepartie pour leur effort.

  • Par exemple : les endettés (al-gharimun) reçoivent de la Zakat de quoi rembourser intégralement leur dette, et on ne leur donne rien de plus, car ils méritent la Zakat en raison de leur dette. Si cette description disparaît, ils ne sont plus éligibles.

Il en va de même pour toutes les catégories : on donne de la Zakat ce qui fait disparaître la description pour laquelle ils y avaient droit.

Nous avons indiqué certains de ces sens expliqués ci-dessus dans le livre Les Richesses dans l'État du Califat (Al-Amwal fi Dawlat al-Khilafah), au chapitre des bénéficiaires de la Zakat, comme suit :

(1- Les pauvres (al-fuqara) : ce sont ceux qui ne reçoivent pas assez d'argent pour satisfaire leurs besoins fondamentaux que sont la nourriture, l'habillement et le logement. Celui dont le revenu est inférieur à ce dont il a besoin pour combler ses besoins fondamentaux est considéré comme pauvre ; l'aumône lui est licite, il peut en prendre, et il est permis de lui donner de l'aumône jusqu'au seuil qui lève son besoin et sa pauvreté.

Allah a interdit aux riches de prendre l'aumône. Ahmad et les auteurs des Sunan ont rapporté d'après Abdullah bin Amr que le Messager d'Allah (saw) a dit :

لا تَحِلُّ الصَّدَقَةُ لِغَنِيٍّ، وَلا لِذِي مِرَّةٍ سَوِيٍّ

« L'aumône n'est licite ni pour le riche, ni pour celui qui est vigoureux et bien portant. »

L'homme vigoureux (dhu mirrah) est celui qui possède la force et la capacité de gagner sa vie ; s'il ne trouve rien à gagner, il est considéré comme pauvre. Le riche est celui qui peut se passer des autres et dont le revenu dépasse ce qui comble ses besoins. Des hadiths ont précisé qui est le riche. D'après Abdullah bin Mas'ud, le Messager d'Allah (saw) a dit :

مَا مِنْ أَحَدٍ يَسْأَلُ مَسْأَلَةً، وَهُوَ عَنْهَا غَنِيٌّ، إِلَّا جَاءَتْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ كُدُوحاً، أَوْ خُدُوشاً، أَوْ خُمُوشاً فِي وَجْهِهِ. قِيلَ: يَا رَسُولَ اللهِ، وَمَا غِنَاهُ، أَوْ مَا يُغْنِيهِ؟ قَالَ: خَمْسُونَ دِرْهَماً، أَوْ حِسَابُهَا مِنَ الذَّهَبِ

« Quiconque demande une aumône alors qu’il en a les moyens, ses demandes viendront le Jour de la Résurrection sous forme d'écorchures, de griffures ou de lacérations sur son visage. On demanda : Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que la suffisance ? Il répondit : Cinquante dirhams ou leur équivalent en or. » (Rapporté par les cinq). Ainsi, celui qui possède cinquante dirhams d'argent, soit 148,75 grammes d'argent, ou leur équivalent en or, en surplus de sa nourriture, de son vêtement, de son logement, et des dépenses pour sa famille, ses enfants et son serviteur, est considéré comme riche, et il ne lui est pas permis de prendre de l'aumône.

2- Les indigents (al-masakin) : ce sont ceux qui ne possèdent rien et que le dénuement a rendus immobiles, mais qui ne mendient pas auprès des gens. D'après Abu Hurairah, le Messager d'Allah (saw) a dit :

لَيْسَ الْمِسْكِينُ الَّذِي يَطُوفُ عَلَى النَّاسِ، تَرُدُّهُ اللُّقْمَةُ وَاللُّقْمَتَانِ، وَالتَّمْرَةُ وَالتَّمْرَتَانِ، وَلَكِنَّ الْمِسْكِينُ الَّذِي لَا يَجِدُ غِنًى يُغْنِيهِ، وَلَا يُفْطَنُ بِهِ فَيُتَصَدَّقَ عَلَيْهِ، وَلَا يَقُومُ فَيَسْأَلَ النَّاسَ

« Le nécessiteux n'est pas celui qui fait le tour des gens et que l'on renvoie avec une ou deux bouchées, ou une ou deux dattes. Mais le nécessiteux est celui qui n'a pas de quoi se suffire, dont on ne remarque pas la pauvreté pour lui donner l'aumône, et qui ne se lève pas pour mendier auprès des gens. » (Rapporté par Al-Bukhari et Muslim). L'indigent est dans une situation pire que le pauvre, selon la parole d'Allah (swt) :

أَوْ مِسْكِيناً ذَا مَتْرَبَةٍ

« ou un indigent dans la poussière » (Sourate Al-Balad [90]: 16), c'est-à-dire collé à la terre à cause de son dénuement et de sa faim. L'aumône est licite pour l'indigent, il peut en prendre, et il est permis de lui donner de l'aumône jusqu'au seuil qui lève son indigence et lui permet de satisfaire ses besoins fondamentaux.

3- Ceux qui y travaillent (al-amilina alayha) : ce sont les collecteurs et les recenseurs désignés pour collecter les aumônes auprès de ceux qui y sont assujettis, ou pour les distribuer aux ayants droit. On leur donne des aumônes, même s'ils sont riches, en contrepartie de leur travail de collecte ou de distribution. Abu Ubayd a rapporté d'après Ata bin Yassar que le Messager d'Allah (saw) a dit :

لا تَحِلُّ الصَّدَقَةُ لِغَنِيٍّ إِلَّا لِخَمْسَةٍ: عَامِلٍ عَلَيْهَا، أَوْ رَجُلٍ اشْتَرَاهَا بِمَالِهِ، أَوْ رَجُلٍ لَهُ جَارٌ فَقِيرٌ تَصَدَّقَ عَلَيْهِ بِصَدَقَةٍ فَأَهْدَاهَا إِلَيْهِ، أَوْ غَازٍ، أَوْ مُغْرَمٍ

« L'aumône n'est licite pour un riche que dans cinq cas : celui qui y travaille, un homme qui l'a achetée avec son argent, un homme qui a un voisin pauvre à qui l'on a fait l'aumône et qui lui en a fait cadeau, un combattant (dans le sentier d'Allah), ou un endetté. » Et d'après Busr bin Said : « Ibn al-Sa'adi al-Maliki a dit : Omar m'a chargé de la collecte de la Zakat. Quand j'eus fini et que je la lui eus remise, il m'ordonna une rémunération. Je lui dis : J'ai œuvré pour Allah. Il répondit : Prends ce qu'on te donne, car j'ai travaillé à l'époque du Messager d'Allah (saw), il m'a rémunéré et j'ai dit la même chose que toi. Le Messager d'Allah (saw) m'a alors dit : Si l'on te donne quelque chose sans que tu l'aies demandé, mange et fais-en l'aumône. » (Rapporté par Al-Bukhari et Muslim).

4- Ceux dont les cœurs sont à gagner (al-mu'allafatu qulubuhum) : c'est une catégorie de chefs, de leaders, d'influenceurs ou de héros dont la foi n'est pas encore fermement établie, et que le Calife ou ses gouverneurs jugent bon de leur donner de la Zakat pour rallier leurs cœurs, raffermir leur foi, les utiliser dans l'intérêt de l'Islam et des musulmans, ou influencer leurs groupes respectifs. C'est le cas de ceux à qui le Messager (saw) a donné, comme Abu Sufyan, Uyaynah bin Hisn, Al-Aqra' bin Habis, Abbas bin Mirdas, et d'autres. Amr bin Taghlib rapporte : « On apporta au Messager d'Allah (saw) des biens ou des captifs et il les partagea. Il donna à certains hommes et ne donna rien à d'autres. On lui rapporta que ceux qu'il avait omis s'en étaient plaints. Il loua Allah, Le glorifia, puis dit : Quant à la suite, par Allah, je donne certes à un homme et j'en délaisse un autre, et celui que je délaisse m'est plus cher que celui à qui je donne. Mais je donne à certains peuples à cause de l'inquiétude et de l'anxiété que je vois dans leurs cœurs, et je confie d'autres à ce qu'Allah a placé dans leurs cœurs comme richesse et bien. » (Rapporté par Al-Bukhari).

Ces personnes dont les cœurs sont à gagner ne reçoivent de la Zakat que s'ils sont musulmans. S'ils sont mécréants, on ne leur donne pas des aumônes, car celles-ci ne sont pas données à un mécréant, conformément à la parole du Messager (saw) à Mu'adh lorsqu'il l'envoya au Yémen :

فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً فِي أَمْوَالِهِمْ، تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ، وَتُرَدُّ عَلَى فُقَرَائِهِمْ

« Informe-les qu'Allah a prescrit une aumône sur leurs biens, qui est prélevée sur leurs riches et rendue à leurs pauvres. » (Rapporté par Al-Bukhari via Ibn Abbas).

De même, on ne leur donne que si la raison pour laquelle on leur donnait existe encore. Si la raison disparaît, on ne leur donne plus, comme Abu Bakr et Omar ont cessé de leur donner après que l'Islam fut devenu puissant et s'est propagé.

5- L'affranchissement des esclaves (fi al-riqab) : ce sont les esclaves. On leur donne de la Zakat s'ils ont un contrat d'affranchissement (mukatabun) pour libérer leur personne, ou bien on achète des esclaves avec l'argent de la Zakat et on les libère s'ils n'ont pas de contrat. L'esclavage n'existe plus aujourd'hui.

6- Les endettés (al-gharimun) : ce sont ceux qui portent une dette, soit pour réconcilier des parties en conflit, soit pour payer des prix du sang (diyat), soit pour satisfaire leurs propres intérêts.

Quant à ceux qui s'endettent pour réconcilier des gens ou pour payer des prix du sang, on leur donne de la Zakat, qu'ils soient pauvres ou riches, et on leur donne le montant exact de leur dette sans surplus. Anas rapporte que le Prophète (saw) a dit :

إِنَّ الْمَسْأَلَةَ لَا تَحِلُّ إِلَّا لِثَلَاثَةٍ، لِذِي فَقْرٍ مُدْقِعٍ، أَوْ لِذِي غُرْمٍ مُفْظِعٍ، أَوْ لِذِي دَمٍ مُوجِعٍ

« Demander l'aumône n'est licite que pour trois personnes : celle qui est dans une pauvreté extrême, celle qui a une dette accablante, ou celle qui doit payer un prix du sang douloureux. » Et Muslim, Abu Dawood et An-Nasa'i ont rapporté d'après Qabisah bin Mukhariq al-Hilali : « J'avais contracté une dette de garantie (hamalah), je suis donc allé voir le Messager d'Allah (saw) pour lui demander de l'aide. Il dit : Attends que l'aumône nous parvienne, nous ordonnerons qu'on t'en donne. Puis il dit : Ô Qabisah, demander n'est licite que pour l'un de ces trois : un homme qui a contracté une garantie, il lui est alors permis de demander jusqu'à ce qu'il l'obtienne, puis il s'arrête ; un homme dont les biens ont été ravagés par une catastrophe, il lui est alors permis de demander jusqu'à ce qu'il obtienne de quoi subsister (ou de quoi subvenir à ses besoins) ; et un homme qui a été frappé par la misère au point que trois personnes sensées de son peuple disent : un tel a été frappé par la misère, il lui est alors permis de demander jusqu'à ce qu'il obtienne de quoi subsister (ou de quoi subvenir à ses besoins). En dehors de ces cas, ô Qabisah, ce qui est demandé est illicite (suht) et celui qui le consomme, consomme de l'illicite. »

Quant à ceux qui s'endettent pour leurs propres intérêts, on leur donne de la Zakat pour rembourser leurs dettes s'ils sont pauvres, ou s'ils ne sont pas pauvres mais incapables de rembourser. S'ils sont riches et capables de rembourser, on ne leur donne pas, car la Zakat ne leur est pas licite.

7- Dans le sentier d'Allah (fi sabilillah) : c'est-à-dire le Jihad, et ce dont il a besoin, comme la formation d'une armée, l'établissement d'usines et la fabrication d'armes. Partout où l'expression « dans le sentier d'Allah » apparaît dans le Coran, elle ne signifie que le Jihad. On donne donc de la Zakat pour le Jihad et ses nécessités. Ce montant n'est pas limité ; il est permis de donner toute la Zakat ou une partie pour le Jihad, selon ce que le Calife juge conforme à l'intérêt des bénéficiaires de la Zakat. Abu Dawood rapporte d'après Abu Said que le Messager d'Allah (saw) a dit : « L'aumône n'est licite pour un riche que dans le sentier d'Allah... » et dans une autre version : « ... ou pour un combattant dans le sentier d'Allah... ».

8- Le voyageur (ibn al-sabil) : c'est celui qui est coupé de ses ressources pendant son voyage et ne trouve pas d'argent pour rejoindre son pays. On lui donne de la Zakat le montant nécessaire pour atteindre son pays, que ce soit peu ou beaucoup. On lui donne aussi de quoi subvenir à ses besoins durant le trajet, même s'il est riche dans son pays, conformément à la parole du Messager (saw) : « L'aumône n'est licite pour un riche que dans le sentier d'Allah, ou pour le voyageur, ou... » (Rapporté par Abu Dawood).

En dehors de ces huit catégories mentionnées dans le verset, il n'est pas permis de donner de la Zakat. On ne l'utilise donc pas pour la construction de mosquées, d'hôpitaux, d'œuvres de bienfaisance, ou pour tout autre intérêt de l'État ou de la Oumma, car la Zakat est la propriété exclusive des huit catégories et nul autre n'y participe.

Le Calife a le pouvoir discrétionnaire de l'attribuer à ces catégories selon ce qu'il juge réaliser leur intérêt, comme le faisaient le Messager d'Allah (saw) et les Califes après lui. Le Calife peut la distribuer entre les huit catégories, tout comme il peut restreindre son attribution à certaines d'entre elles selon le besoin et le nombre, d'après ce qu'il juge préférable. Si ces catégories n'existent pas, la Zakat est conservée au Beit al-Mal, dans le département des aumônes (diwan as-sadaqat), pour être dépensée en cas de besoin pour ses ayants droit. Abu Ubayd rapporte d'après Ibn Abbas concernant l'aumône : « Si tu la places dans une seule des huit catégories, cela te suffit ». De même l'ont dit Ata et Al-Hassan. Et d'après Malik : « La règle chez nous concernant la répartition des aumônes est que cela relève de l'ijtihad (effort de réflexion) du gouverneur : quelle que soit la catégorie où le besoin et le nombre sont présents, cette catégorie est privilégiée à la mesure de ce que le gouverneur juge bon ».) Fin de citation du livre Les Richesses dans l'État du Califat.

J'espère que cela est suffisant. Allah est plus Savant et plus Sage.

Votre frère Ata bin Khalil Abu al-Rashtah

17 Cha'ban 1441 de l'Hégire Correspondant au 10/04/2020

Lien de la réponse sur la page Facebook de l'Émir (qu'Allah le préserve) : Lien Facebook

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