Cher frère,
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.
Voici la réponse à la question concernant le parfum (l’eau de Cologne, etc.) :
Le Messager d'Allah (saw) a dit : « Tout ce qui enivre est du khamr, et tout khamr est interdit » (Rapporté par Muslim). Il a également dit (saw) : « Ce dont une grande quantité enivre, une petite quantité en est interdite » (Rapporté par Ibn Majah et al-Daraqutni, et authentifié par Ibn Hajar).
Le Prophète (saw) a ainsi clarifié la nature du liquide appelé khamr : tout ce qui enivre, qu'il soit en petite ou grande quantité, est du khamr. C'est ici qu'intervient le rôle de la vérification de la réalité (tahqiq al-manat) pour savoir si ce parfum, cette eau de Cologne ou d’autres substances similaires enivrent si on les boit, en petite ou grande quantité. Si elles enivrent, elles sont alors considérées comme du khamr et les règles du khamr s'appliquent à elles par leur interdiction dans dix catégories, conformément au hadith :
لُعنتِ الخمرُ على عشرة أوجه: بعيتها وعاصرها ومعتصرها وبائعها ومبتاعها وحاملها والمحمولة إليه وآكل ثمنها وشاربها وساقيها
« Le khamr a été maudit sous dix aspects : celui qui le fabrique, celui pour qui il est fabriqué, celui qui le vend, celui qui l'achète, celui qui le porte, celui vers qui il est porté, celui qui en consomme le prix, celui qui le boit et celui qui le sert. » (Rapporté par Ibn Majah)
Nous avons appris que les parfums tels que l’eau de Cologne et consorts sont bus dans certaines régions, particulièrement dans le Golfe, et qu'ils enivrent en raison de la présence d'un certain pourcentage d'alcool.
Par conséquent, si le liquide, qu'il s'agisse d'un parfum ou non, enivre en grande quantité, alors sa petite quantité est interdite ; il s'agit de khamr et les règles du khamr concernant ses dix aspects interdits s'appliquent à lui.
Quant au fait qu'il existe deux types d'alcool, l'éthylique et le méthylique, cela est exact. Nous avons appris des spécialistes ce qui suit :
« Il existe deux types d'alcool : le premier est l'éthylique (éthanol), qui est la substance active dans les divers types de boissons alcoolisées selon différentes concentrations. Le second est le méthylique (méthanol), qui est l'alcool extrait de matières ligneuses ou fibreuses. Ce sont deux substances proches quant à leur mode d'action sur le corps, en particulier sur le système nerveux, mais elles diffèrent totalement sur le plan de l'analyse chimique et de l'oxydation dans le corps, ce qui entraîne des résultats différents. Quant à l'effet, chacun d'eux provoque une dépression de l'activité de tous les centres vitaux du cerveau. Cependant, l'alcool éthylique enivre mais ne tue pas ; la consommation d'énormes quantités provoque un coma puis un sommeil très profond, après quoi le buveur se réveille. Quant au méthylique, il enivre également, mais il provoque un effet toxique nocif pouvant aller jusqu'à la destruction des cellules rétiniennes et la mort du nerf optique, ce qui conduit à la cécité, ou à la mort des cellules des centres vitaux du cerveau et leur destruction, ce qui entraîne la mort, selon les proportions utilisées. Toutes les boissons alcoolisées contiennent de l'alcool éthylique et de très faibles quantités d'alcool méthylique, tandis que l'eau de Cologne est majoritairement composée d'alcool méthylique. »
Cela signifie que l'alcool éthylique et une petite quantité de méthylique enivrent, tandis qu'une grande quantité de méthylique tue. C'est pourquoi l'eau de Cologne, qu'elle soit faite d'éthylique ou de méthylique dans une proportion appropriée, enivre (comme cela a été rapporté dans des cas d'ivresse dus à l'eau de Cologne dans le Golfe). Si elle enivre et empoisonne sans tuer, elle est interdite en tant que khamr, et également interdite en tant que poison (même si elle ne tue pas). En revanche, si l'alcool méthylique est utilisé dans le liquide ou l'eau de Cologne dans une proportion mortelle, le liquide devient interdit parce qu'il est un poison, selon la règle du préjudice (Asl fi al-madarr al-tahrim — La base dans les choses nuisibles est l'interdiction).
Ainsi, la réalité (manat) des liquides contenant de l'alcool doit être vérifiée :
- Si le pourcentage d'alcool qu'ils contiennent les rend enivrants, en petite ou grande quantité, alors ils sont du khamr et sont interdits sous les dix aspects mentionnés.
- S'ils n'enivrent pas mais sont toxiques, ils sont interdits car ils constituent un poison. Dans ce cas, l'interdiction porte sur ce qui est mentionné dans le texte, à savoir boire le poison ou le manger, ainsi que le vendre ou l'offrir, selon le hadith :
وإن الله إذا حرم على قوم أكل شيء حرَّم عليهم ثمنه
« Et certes, quand Allah interdit à un peuple de consommer une chose, Il leur en interdit également le prix. » (Rapporté par Abou Daoud et Ahmad)
قاتل الله اليهود إن الله لما حرَّم عليهم الشحوم جَمَلُوها ثم باعوها وأكلوا أثمانها
« Qu’Allah combatte les Juifs ! Lorsque Allah leur a interdit les graisses, ils les ont fait fondre, puis les ont vendues et en ont consommé le prix. » (Rapporté par Ahmad). Le terme "jamaluha" signifie qu'ils les ont fait fondre. Quant aux autres aspects parmi les dix, les textes les concernant ont été rapportés spécifiquement pour le khamr.
Ceci concerne la première partie de la question sur les parfums ou l’eau de Cologne.
Quant à la seconde partie : pourquoi adoptons-nous une position à ce sujet (tabanni) alors que nous n'adoptons pas de positions dans les actes d'adoration ('ibadat) ? La réponse comporte deux aspects :
- Le khamr ne relève pas des actes d'adoration ('ibadat).
- Nous n'adoptons pas ici une position sur l'interdiction du khamr, car il est interdit de façon catégorique. La question réside plutôt dans la vérification de la réalité (tahqiq al-manat) de ce liquide : enivre-t-il ou non ? Celui qui vérifie la réalité et constate que le liquide n'enivre ni en petite ni en grande quantité, alors, dans ce cas, ce liquide n'est pas du khamr.
Que la paix, la méricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.
Le 08/08/2004
Votre frère