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Questions & Réponses

Réponse à une question : Le recours aux tribunaux en Dar al-Kufr pour repousser l'injustice

December 12, 2019
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Série de réponses du savant Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir

aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »

Réponse à une question

À Ibnul Azraq

Question :

Assalamu Alaikum mon cher frère. J’ai une question importante pour vous.

Dans la sourate An-Nisa, verset 60, Allah nous interdit d’aller vers le Taghout pour le jugement.

Mais en l'absence du Califat, tous les pays des musulmans sont gouvernés par des dirigeants Taghout ?

Donc, si nous avons besoin de résoudre un litige, pouvons-nous aller au tribunal de ces dirigeants Taghout ?

Supposons qu’un membre de ma famille soit violé. Est-il alors valide d’aller au tribunal pour un jugement là où le jugement sera rendu par un Taghout démocratique ?

Ils ne jugent pas selon la Charia. Et Allah interdit d'aller vers le Taghout qui résout un litige par sa propre loi autre que celle d'Allah.

Jazakallahu khair frère.

Réponse :

Wa Alaikum Assalam wa Rahmatullahi wa Barakatuh,

Nous avons déjà publié une réponse à ce sujet le 18/02/2009, dont voici le texte :

(Il est permis à celui qui vit en Dar al-Kufr (terre de mécréance) où il n'existe pas de tribunaux de la Charia, de recourir aux tribunaux de Dar al-Kufr pour repousser une injustice à son égard ou pour empêcher que son droit ne soit usurpé, mais à la condition que ce droit lui soit légitimement reconnu par la Charia, et non par un jugement d'une loi contraire à la Charia :

Par exemple, celui qui est victime d'un vol : l'Islam lui restitue ses biens volés. Il est donc permis à la victime du vol de recourir aux tribunaux pour récupérer ses biens dérobés.

Un autre exemple : celui qui vend sa maison à une personne contre une somme payée d'avance et le reste par tempérament (échelonné). L'acheteur paie une partie de la somme, puis refuse de payer le reste ou le nie, alors qu'il a acheté la maison et l'habite... L'Islam restitue au vendeur son droit auprès de l'acheteur. Par conséquent, il est permis au vendeur de recourir aux tribunaux pour qu'on lui restitue le prix de sa maison que l'acheteur a nié.

Ainsi, il lui est permis de recourir aux tribunaux en Dar al-Kufr pour empêcher une injustice à son encontre et lui restituer son droit, à condition que ce droit lui soit établi par la Charia.

En revanche, si le droit lui est reconnu par la loi positive mais qu'il est contraire à la Charia, il ne lui est pas permis de recourir aux tribunaux pour obtenir ce droit contraire à la Charia :

Par exemple : celui qui est actionnaire dans une société par actions dont le contrat est invalide (batil), et qui, lors de la distribution des bénéfices, estime que le profit qui lui est versé selon ses actions est inférieur à ce qu'il mérite. Il ne lui est pas permis de recourir aux tribunaux de Dar al-Kufr pour obtenir l'intégralité de son droit basé sur ses actions, car ce droit lui est reconnu par la loi positive mais est contraire à la Charia. En effet, cette société est invalide et les bénéfices qui en découlent ne sont pas reconnus par la Charia ; le devoir du musulman est de se retirer de cette société.

Autre exemple : celui qui place son argent avec intérêt (Riba) dans une banque, à un taux d'intérêt spécifique, mais lorsque la banque lui remet sa part, elle calcule l'intérêt à un taux inférieur à celui convenu. Il ne lui est pas permis de recourir aux tribunaux de Dar al-Kufr pour réclamer l'intégralité de son taux d'intérêt et contraindre la banque à payer ses intérêts. Car ce droit lui est reconnu selon la loi positive qui agrée les banques usuraires, mais il ne lui est pas reconnu selon la Charia. Le devoir du musulman est d'annuler cette transaction usuraire avec la banque.

En résumé, s'il subit une injustice ou que son droit est usurpé, et que cela lui est reconnu selon les règles de la Charia, il peut recourir aux tribunaux de Dar al-Kufr où il vit pour lever l'injustice et récupérer son droit. Mais si le droit lui est reconnu par la loi positive et non par les règles de la Charia, il ne lui est pas permis de recourir aux tribunaux de Dar al-Kufr pour obtenir ce droit... Malgré cela, il est préférable pour lui d'essayer de récupérer son droit en sollicitant des médiateurs parmi les gens de bien avant de recourir à ces tribunaux.) Fin de notre réponse précédente.

J'espère que cette réponse est suffisante. Allah est le plus Savant et le plus Sage.

Votre frère Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah

14 Rabi’ al-Akhir 1441 AH Correspondant au 11/12/2019 ap. J.-C.

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Lien vers la réponse sur le site web de l'Émir (qu'Allah le préserve) : Web

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