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Questions & Réponses

Réponse à une question : La femme dans le hadith « Sept personnes qu'Allah protégera de Son ombre le jour où il n'y aura d'autre ombre que la Sienne... »

March 09, 2014
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(Série de réponses du savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook)

À Khilafa Islamia

Question :

As-salamu alaykum : Dans un hadith rapporté par Abou Hourayra (ra) d'après le Prophète (saw), il a dit : « Sept personnes qu'Allah protégera de Son ombre le jour où il n'y aura d'autre ombre que la Sienne : un dirigeant juste, un jeune qui a grandi dans l'adoration d'Allah, un homme dont le cœur est attaché aux mosquées, deux hommes qui s'aiment en Allah, se réunissant pour Lui et se séparant pour Lui, un homme qu'une femme de rang et de beauté a invité (à l'adultère) et qui a dit : "Je crains Allah", un homme qui a fait l'aumône si discrètement que sa main gauche ne savait pas ce que sa main droite dépensait, et un homme qui a mentionné Allah dans la solitude et dont les yeux ont débordé de larmes. » (Unanimement reconnu).

Pourquoi la femme n'est-elle pas mentionnée dans ces situations — le hadith ayant spécifié les mâles — c'est-à-dire que la mention des hommes est exclusive dans tous ces cas et la femme n'a pas été mentionnée ?

J'espère une explication complète, que Allah vous bénisse et vous soutienne par Sa victoire.

Réponse :

Wa alaykum as-salam wa rahmatullahi wa barakatuh,

Avant de répondre à votre question sur le noble hadith et pourquoi la femme n'y a pas été mentionnée, je vous rappelle ce qui suit :

1- Il existe chez les Arabes un style appelé style de « la prédominance » (at-taghlib), ce qui signifie que le discours est formulé au masculin et que le féminin y est inclus par prédominance, comme dans Sa parole (swt) :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا

Ici, les croyantes sont incluses.

C’est également le cas de ce qu’a rapporté Al-Bukhari d'après Abou Hourayra (ra) : Le Prophète (saw) a dit :

أَيُّمَا رَجُلٍ أَعْتَقَ امْرَأً مُسْلِمًا، اسْتَنْقَذَ اللَّهُ بِكُلِّ عُضْوٍ مِنْهُ عُضْوًا مِنْهُ مِنَ النَّارِ

« Tout homme qui affranchit un homme musulman, Allah sauvera, pour chaque membre de l'affranchi, un membre de l'affranchisseur de l'Enfer. »

Cela s'applique également à la femme par le style de la prédominance, signifiant (Toute femme qui affranchit...).

De même pour le hadith d'An-Nasa'i concernant la zakat des chameaux... d'après Abou Hourayra, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (saw) dire :

أَيُّمَا رَجُلٍ كَانَتْ لَهُ إِبِلٌ لَا يُعْطِي حَقَّهَا فِي نَجْدَتِهَا وَرِسْلِهَا

« Tout homme possédant des chameaux et n'en acquittant pas le droit tant dans la difficulté que dans l'aisance... »

Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que sa difficulté et son aisance ? » Il répondit : « Dans la gêne comme dans la facilité. Ces bêtes viendront au Jour de la Résurrection plus nombreuses, plus grasses et plus vigoureuses que jamais. Leur propriétaire sera jeté face contre terre dans une vaste plaine et elles le piétineront avec leurs sabots. Chaque fois que la dernière d'entre elles passera, la première reviendra sur lui, en un jour dont la durée est de cinquante mille ans, jusqu'à ce que le jugement soit rendu entre les gens et qu'il voie son chemin... »

Cela s'applique à la femme par le style de la prédominance si elle ne paie pas la zakat sur les chameaux qu'elle possède.

• Comme vous pouvez le voir, le terme masculin ou « l'homme » s'applique par prédominance au terme féminin ou à « la femme » dans le cas général.

2- Cependant, ce style de « prédominance » n'est pas appliqué s'il est entravé par un texte :

Par exemple, Sa parole (swt) :

كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِتَالُ وَهُوَ كُرْهٌ لَكُمْ

« Le combat vous a été prescrit alors qu'il vous est détestable. » (Coran, Al-Baqarah [2]: 216)

Le discours est ici au masculin, mais la prédominance n'est pas utilisée ici ; on ne dit pas que cela inclut les femmes par prédominance, car cela est entravé par d'autres textes qui font du Jihad une obligation pour les hommes. Ibn Majah a rapporté d'après Aïcha, mère des croyants (ra), qu'elle a dit : « J'ai dit : Ô Messager d'Allah, le Jihad est-il obligatoire pour les femmes ? » Il a répondu :

نَعَمْ، عَلَيْهِنَّ جِهَادٌ، لَا قِتَالَ فِيهِ: الْحَجُّ وَالْعُمْرَةُ

« Oui, elles ont un Jihad sans combat : le Hajj et l'Omra. »

C’est-à-dire que le Jihad dans son sens de combat n’est pas une obligation pour la femme.

Autre exemple : Sa parole (swt) :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نُودِيَ لِلصَّلَاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ وَذَرُوا الْبَيْعَ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ

« Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez ! » (Coran, Al-Jumu'a [62]: 9)

Cela signifie qu'il est interdit à l'homme de continuer à vendre au moment de l'appel à la prière du Vendredi. Ici, le style de la prédominance ne s'applique pas, c'est-à-dire qu'il n'est pas interdit à la femme de vendre au moment de l'appel, car le Vendredi n'est pas une obligation pour les femmes selon la parole du Prophète (saw) rapportée par Al-Hakim dans Al-Mustadrak :

الْجُمُعَةُ حَقٌّ وَاجِبٌ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ فِي جَمَاعَةٍ إِلَّا أَرْبَعَةٌ: عَبْدٌ مَمْلُوكٌ، أَوِ امْرَأَةٌ، أَوْ صَبِيٌّ، أَوْ مَرِيضٌ

« La prière du Vendredi est un droit obligatoire pour tout musulman en assemblée, sauf pour quatre : l'esclave, la femme, l'enfant ou le malade. »

Al-Hakim a dit : « Ce hadith est authentique selon les conditions des deux Cheikhs (Al-Bukhari et Muslim) », et Ad-Dhahabi est resté d'accord avec lui.

3- Sur cette base, nous comprenons le hadith comme suit :

Le texte du hadith rapporté par Al-Bukhari dans son Sahih d'après Abou Hourayra (ra), d'après le Prophète (saw) qui a dit :

سَبْعَةٌ يُظِلُّهُمُ اللَّهُ فِي ظِلِّهِ، يَوْمَ لاَ ظِلَّ إِلَّا ظِلُّهُ: الإِمَامُ العَادِلُ، وَشَابٌّ نَشَأَ فِي عِبَادَةِ رَبِّهِ، وَرَجُلٌ قَلْبُهُ مُعَلَّقٌ فِي المَسَاجِدِ، وَرَجُلاَنِ تَحَابَّا فِي اللَّهِ اجْتَمَعَا عَلَيْهِ وَتَفَرَّقَا عَلَيْهِ، وَرَجُلٌ طَلَبَتْهُ امْرَأَةٌ ذَاتُ مَنْصِبٍ وَجَمَالٍ، فَقَالَ: إِنِّي أَخَافُ اللَّهَ، وَرَجُلٌ تَصَدَّقَ، أَخْفَى حَتَّى لاَ تَعْلَمَ شِمَالُهُ مَا تُنْفِقُ يَمِينُهُ، وَرَجُلٌ ذَكَرَ اللَّهَ خَالِيًا فَفَاضَتْ عَيْنَاهُ

« Sept personnes qu'Allah protégera de Son ombre le jour où il n'y aura d'autre ombre que la Sienne : un dirigeant juste, un jeune qui a grandi dans l'adoration de son Seigneur, un homme dont le cœur est attaché aux mosquées, deux hommes qui s'aiment en Allah, se réunissant pour Lui et se séparant pour Lui, un homme qu'une femme de rang et de beauté a sollicité et qui a dit : "Je crains Allah", un homme qui a fait l'aumône si discrètement que sa main gauche ne savait pas ce que sa main droite dépensait, et un homme qui a mentionné Allah dans la solitude et dont les yeux ont débordé de larmes. »

Ce hadith s'applique, par le style de la prédominance, à la femme pour cinq des sept catégories qui n'ont pas été entravées par d'autres textes. Ainsi, il s'applique à une jeune fille qui a grandi dans l'adoration de son Seigneur... à deux femmes qui s'aiment en Allah... à une femme sollicitée par un homme... à une femme qui fait l'aumône... et à une femme qui mentionne Allah dans la solitude et dont les yeux débordent de larmes...

Mais ce style ne s'applique pas au « dirigeant juste » (Al-Imam al-Adil) ni à « l'homme dont le cœur est attaché aux mosquées », car ils sont entravés par des textes :

Quant au « dirigeant juste », le style de la prédominance ne fonctionne pas ici car la femme n'assume pas le pouvoir (Al-Hukm), comme l'a dit le Prophète (saw) dans le hadith d'Al-Bukhari d'après Abou Bakra : « Lorsque le Messager d'Allah (saw) apprit que les Perses avaient pris pour reine la fille de Khosro, il dit :

لَنْ يُفْلِحَ قَوْمٌ وَلَّوْا أَمْرَهُمُ امْرَأَةً

« Jamais ne réussira un peuple qui confie ses affaires à une femme. »

L'exercice de l'autorité, c'est-à-dire le gouvernement (Al-Hukm), n'est pas permis pour la femme. Quant aux fonctions autres que le gouvernement, comme la magistrature (Al-Qada), l'élection du Calife, le fait d'élire ou d'être élue au Conseil de la Oumma (Majlis al-Ummah), et d'autres fonctions légitimes qui ne relèvent pas du gouvernement, cela lui est permis... Cela signifie que le terme « dirigeant juste » ne l'inclut pas. Malgré cela, certains exégètes ont interprété « dirigeant juste » au sens de « berger juste » (Ar-Ra'i al-Adil), l'appliquant ainsi à la femme conformément au texte du hadith rapporté par Al-Bukhari d'après Abdallah Ibn Omar (ra) : J'ai entendu le Messager d'Allah (saw) dire :

كُلُّكُمْ رَاعٍ، وَكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ، الإِمَامُ رَاعٍ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ، وَالرَّجُلُ رَاعٍ فِي أَهْلِهِ وَهُوَ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ، وَالمَرْأَةُ رَاعِيَةٌ فِي بَيْتِ زَوْجِهَا وَمَسْئُولَةٌ عَنْ رَعِيَّتِهَا...

« Chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau. Le dirigeant est un berger responsable de ses sujets, l'homme est un berger dans sa famille et est responsable de son troupeau, et la femme est une bergère dans la maison de son mari et est responsable de son troupeau... »

Cependant, l'avis prédominant est que la prédominance ici ne s'applique pas car le terme « dirigeant juste » désigne préférentiellement le gouverneur, il ne s'applique donc pas à la femme.

Quant à « l'homme dont le cœur est attaché aux mosquées », cela est entravé par le texte qui stipule que la prière de la femme dans sa maison est meilleure que sa prière à la mosquée, selon le hadith du Messager d'Allah (saw) rapporté par Ahmad dans son Musnad d'après Oum Houmayd, la femme d'Abou Houmayd As-Sa'idi, qui est venue voir le Prophète (saw) et a dit : « Ô Messager d'Allah, j'aime prier avec toi. » Il a répondu :

قَدْ عَلِمْتُ أَنَّكِ تُحِبِّينَ الصَّلَاةَ مَعِي، وَصَلَاتُكِ فِي بَيْتِكِ خَيْرٌ لَكِ مِنْ صَلَاتِكِ فِي حُجْرَتِكِ، وَصَلَاتُكِ فِي حُجْرَتِكِ خَيْرٌ مِنْ صَلَاتِكِ فِي دَارِكِ، وَصَلَاتُكِ فِي دَارِكِ خَيْرٌ لَكِ مِنْ صَلَاتِكِ فِي مَسْجِدِ قَوْمِكِ، وَصَلَاتُكِ فِي مَسْجِدِ قَوْمِكِ خَيْرٌ لَكِ مِنْ صَلَاتِكِ فِي مَسْجِدِي

« Je sais que tu aimes prier avec moi, mais ta prière dans ta demeure est meilleure pour toi que ta prière dans ta chambre, ta prière dans ta chambre est meilleure que ta prière dans ta maison, ta prière dans ta maison est meilleure pour toi que ta prière dans la mosquée de ton quartier, et ta prière dans la mosquée de ton quartier est meilleure pour toi que ta prière dans ma mosquée. »

Ainsi, cinq des sept catégories du hadith s'appliquent à la femme par le style de la prédominance. Quant au dirigeant juste et à l'attachement aux mosquées, ils ne s'appliquent pas car ils sont entravés par un texte, et par conséquent le style de la « prédominance » ne s'exerce pas ici.

Pour plus de profit, je vous cite ce qui figure dans l'explication de Fath al-Bari d'Ibn Hajar concernant le hadith d'Al-Bukhari mentionné, particulièrement la conclusion de l'explication du hadith :

« (...la mention des hommes dans ce hadith n'est pas restrictive ; au contraire, les femmes partagent avec eux ce qui est mentionné, sauf si l'on entend par "dirigeant juste" la Grande Imamate (Al-Imamah al-Uzma), sinon il est possible que la femme y soit incluse si elle a des personnes à charge et qu'elle est juste envers elles. La caractéristique de l'attachement à la mosquée est exclue car la prière de la femme dans sa maison est meilleure qu'à la mosquée. Pour tout le reste, la participation est effective...) » Fin de citation.

Par conséquent, le hadith des sept s'applique également à la femme, sauf pour le dirigeant juste et celui dont le cœur est attaché aux mosquées. Cela ne s'applique pas à la femme car le style de la prédominance dans ces deux cas est entravé par un texte.

Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah

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