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Questions & Réponses

Réponse à une question : La prière derrière un imam avec lequel on ne communique que par le biais de haut-parleurs

April 02, 2022
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Série de réponses du grand savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir de Hizb ut-Tahrir aux questions des visiteurs de sa page Facebook "Fiqhi"

Réponse à une question La prière derrière un imam avec lequel on ne communique que par le biais de haut-parleurs À Abu Qutaibah Jitawi

Question :

Est-il permis aux fidèles de prier dans un bâtiment, un étage, une place ou autre, avec l'imam d'une mosquée totalement séparée, de sorte qu'il soit impossible de voir l'imam et les fidèles qui l'accompagnent ou de les entendre dans leur mosquée, si ce n'est par le biais de haut-parleurs ou d'écrans transmettant le son ou l'image via des appareils électroniques modernes, par électricité ou par Internet ?

Veuillez nous éclairer, car cette pratique commence à se propager. Qu'Allah vous récompense par le bien.

Réponse :

Mon frère, cette question de la prière du vendredi a été abordée par les juristes (fuqaha) qui ont exprimé divers avis à ce sujet, et j'ai entendu dire que certains utilisent des écrans ! Je ne dis pas que tous leurs avis sont infondés, mais ce que je privilégie est ce qui suit :

Premièrement : Quelques textes s'y rapportant :

1- Al-Bukhari a rapporté d'après Al-A'raj, d'après Abu Hurairah que le Prophète ﷺ a dit :

إِنَّمَا جُعِلَ الْإِمَامُ لِيُؤْتَمَّ بِهِ؛ فَإِذَا كَبَّرَ فَكَبِّرُوا، وَإِذَا رَكَعَ فَارْكَعُوا، وَإِذَا قَالَ سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ فَقُولُوا رَبَّنَا وَلَكَ الْحَمْدُ، وَإِذَا سَجَدَ فَاسْجُدُوا، وَإِذَا صَلَّى جَالِساً فَصَلُّوا جُلُوساً أَجْمَعُونَ

"L'imam n'a été institué que pour être suivi ; ainsi, lorsqu'il proclame le takbîr, proclamez-le ; lorsqu'il s'incline, inclinez-vous ; lorsqu'il dit 'Allah entend celui qui Le loue', dites 'Notre Seigneur, à Toi la louange' ; lorsqu'il se prosterne, prosternez-vous ; et s'il prie assis, priez tous assis." (Rapporté par Al-Bukhari)

2- Muslim a rapporté d'après Al-A'raj, d'après Abu Hurairah que le Messager d'Allah ﷺ a dit :

إِنَّمَا الْإِمَامُ لِيُؤْتَمَّ بِهِ فَلَا تَخْتَلِفُوا عَلَيْهِ، فَإِذَا كَبَّرَ فَكَبِّرُوا، وَإِذَا رَكَعَ فَارْكَعُوا، وَإِذَا قَالَ سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ فَقُولُوا اللَّهُمَّ رَبَّنَا لَكَ الْحَمْدُ، وَإِذَا سَجَدَ فَاسْجُدُوا، وَإِذَا صَلَّى جَالِساً فَصَلُّوا جُلُوساً أَجْمَعُونَ

"L'imam n'est là que pour être suivi, alors ne divergez pas de lui. Lorsqu'il proclame le takbîr, proclamez-le ; lorsqu'il s'incline, inclinez-vous ; lorsqu'il dit 'Allah entend celui qui Le loue', dites 'Ô Allah, notre Seigneur, à Toi la louange' ; lorsqu'il se prosterne, prosternez-vous ; et s'il prie assis, priez tous assis." (Rapporté par Muslim)

3- Abou Daoud a rapporté : Ahmad bin Ibrahim nous a rapporté, Hajjaj nous a rapporté d'après Ibn Jurayj, Abu Khalid m'a informé d'après Adi bin Thabit al-Ansari, un homme m'a rapporté qu'il était avec Ammar bin Yasir à Al-Mada'in lorsque la prière fut annoncée. Ammar s'avança et se tint sur une estrade (dukkan) pour prier alors que les gens étaient plus bas que lui. Hudhayfah s'avança alors, le prit par les mains et Ammar le suivit jusqu'à ce que Hudhayfah le fasse descendre. Lorsque Ammar eut terminé sa prière, Hudhayfah lui dit : "N'as-tu pas entendu le Messager d'Allah ﷺ dire :

إِذَا أَمَّ الرَّجُلُ الْقَوْمَ فَلَا يَقُمْ فِي مَكَانٍ أَرْفَعَ مِنْ مَقَامِهِمْ أَوْ نَحْوَ ذَلِكَ

'Lorsqu'un homme dirige la prière pour un groupe, qu'il ne se tienne pas dans un endroit plus élevé que le leur', ou quelque chose de semblable ?" Ammar répondit : "C'est pour cela que je t'ai suivi quand tu m'as pris par les mains."

Il est mentionné dans Al-Bina'iyah Sharh al-Hidayah d'Abu Muhammad al-Ghaytabi al-Hanafi Badr al-Din al-Ayni, dans l'explication du hadith ci-dessus :

"(Sh- Ahmad bin Ibrahim : Ibn Kathir bin Zaid bin Aflah bin Mansur bin Muzahim al-Abdi Abu Abdallah, connu sous le nom de 'al-Dawraqi'. Il a entendu de son frère Ya'qub, d'Ibn Mahdi, de Hajjaj, d'Abou Daoud al-Tayalisi et d'autres. Ont rapporté de lui : Muslim, Abou Daoud, Al-Tirmidhi, Ibn Majah et d'autres. Abu Hatim a dit : véridique (sadouq). Il est décédé à Al-Askar un samedi, à sept jours de la fin de Cha'ban, en l'an deux cent quarante-six. Hajjaj : Ibn Muhammad al-A'war, et Abd al-Malik : Ibn Jurayj. Abu Khalid : a rapporté d'après Adi bin Thabit, et Ibn Jurayj a rapporté de lui. Abou Daoud a rapporté ses récits.

Sa parole : أسفل منه est à l'accusatif (mansoub) en tant que complément de lieu (zarfiyyah).

Sa parole : لذلك signifie : en raison de cette parole du Prophète, que la paix et le salut soient sur lui. Dans la chaîne de transmission du hadith, il y a un homme inconnu. Malgré cela, ce hadith a été utilisé comme argument dans Al-Bina'iyah Sharh al-Hidayah, comme nous l'avons mentionné ci-dessus, par Abu Muhammad Mahmoud bin Ahmad bin Moussa bin Ahmad bin Husayn al-Ghaytabi al-Hanafi Badr al-Din al-Ayni (décédé en 855 de l'Hégire). On y lit : (Je dis : Abou Daoud a rapporté dans ses Sunan d'après le hadith de Hammam que Hudhayfah a dirigé la prière des gens à Al-Mada'in sur une estrade. Abu Mas'ud le saisit par sa chemise et le tira. Lorsqu'il eut fini sa prière, il dit : "Ne savais-tu pas qu'ils interdisaient cela ?" Il répondit : "Si, je m'en suis souvenu quand tu m'as tiré." Il a également rapporté d'après le "hadith de Adi bin Thabit al-Ansari qu'un homme m'a rapporté qu'il était avec Ammar bin Yasir — qu'Allah soit satisfait d'eux deux — à Al-Mada'in lorsque la prière fut annoncée. Ammar bin Yasir s'avança et se tint sur une estrade pour prier alors que les gens étaient plus bas que lui. Hudhayfah s'avança alors, le prit par les mains et Ammar le suivit jusqu'à ce que Hudhayfah le fasse descendre. Lorsque Ammar eut terminé sa prière, Hudhayfah lui dit : 'N'as-tu pas entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : 'Lorsqu'un homme dirige la prière pour un groupe, qu'il ne se tienne pas dans un endroit plus élevé que le leur' ou quelque chose de semblable ? Ammar — qu'Allah soit satisfait de lui — répondit : 'C'est pour cela que je t'ai suivi quand tu m'as pris par les mains.') Fin de citation.

Bien que la majorité des juristes désapprouvent que l'imam soit plus haut que les fidèles, ils font exception pour une élévation mineure... Il est dit dans Al-Bayan fi Madhhab al-Imam al-Shafi'i (2 / 427) : "Il est détestable que l'emplacement de l'imam soit plus haut que celui du fidèle. Cheikh Abu Hamid a dit : 'Cela n'est détestable que s'il s'agit d'une élévation (rabwa) importante ; quant à une plateforme (dakka) ou une légère élévation, cela n'est pas détestable'."

4- Al-Bayhaqi a rapporté dans Al-Sunan al-Kubra :

(Chapitre : Le fidèle priant à l'extérieur de la mosquée en suivant la prière de l'imam dans la mosquée alors qu'il y a un obstacle entre eux) (Abu Said bin Abi Amr nous a informés, Abu al-Abbas Muhammad bin Ya'qub nous a rapporté, Al-Rabi' nous a informés en disant : Al-Shafi'i a dit : Des femmes ont prié avec Aïcha, l'épouse du Prophète ﷺ, dans sa chambre, et elle a dit : "Ne priez pas en suivant la prière de l'imam, car vous êtes séparées de lui par un voile (hijab)". Al-Shafi'i, que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : "Comme Aïcha l'a dit pour sa chambre, si elle l'a dit, nous le disons aussi".)

(Et Abu Ahmad al-Mahrajani nous a informés, Abu Bakr bin Ja'far nous a informés, Muhammad bin Ibrahim nous a rapporté, Ibn Bukayr nous a rapporté, Malik nous a rapporté d'après une personne de confiance pour lui, que les gens entraient dans les chambres des épouses du Prophète ﷺ après la mort du Prophète ﷺ pour y prier le vendredi. Il a dit : "La mosquée devenait trop étroite pour ses occupants, alors ils s'étendaient dans ces chambres. Les chambres des épouses du Prophète ﷺ ne faisaient pas partie de la mosquée, mais leurs portes s'ouvraient sur la mosquée". Malik a dit : "Quiconque prie dans les parvis de la mosquée attenants à celle-ci ou dans ses espaces adjacents, cela est valable pour lui, et cela n'a cessé d'être la pratique des gens sans qu'aucun juriste ne la critique". Malik a ajouté : "Quant à une demeure fermée où l'on n'entre qu'avec permission, il ne convient à personne d'y prier en suivant la prière de l'imam le jour du vendredi, même si elle est proche, car elle ne fait pas partie de la mosquée".)

5- Al-Bayhaqi a rapporté dans Ma'rifat al-Sunan wa al-Athar... Al-Rabi' nous a informés en disant : Al-Shafi'i a dit concernant celui qui se trouve dans une demeure proche ou éloignée de la mosquée : "Il ne lui est pas permis d'y prier sauf si les rangs se rejoignent jusqu'à lui, qu'il se trouve au rez-de-chaussée de la demeure et qu'il n'y ait pas d'obstacle entre lui et les rangs". Puis il a poursuivi son propos jusqu'à dire : "Si l'on demande : 'Rapportes-tu quelque chose à ce sujet ?', on répond : Des femmes ont prié avec Aïcha, l'épouse du Prophète ﷺ, dans sa chambre, et elle a dit : 'Ne priez pas en suivant la prière de l'imam, car vous êtes séparées de lui par un voile (hijab)'." Il a dit : "Comme Aïcha l'a dit pour sa chambre, si elle l'a dit, nous le disons aussi" ; il n'a pas mentionné sa chaîne de transmission dans le Jadid (nouvelle école) mais l'a mentionnée dans le Qadim (ancienne école).

Dans une autre version d'Al-Bayhaqi d'après Muhammad bin Ishaq et Al-Mu'ammal, ils ont dit : Al-Za'farani nous a rapporté d'après Al-Shafi'i qui a dit : Ibrahim bin Muhammad nous a informés d'après Layth, d'après Ata, d'après Aïcha : "Que des femmes ont prié dans sa chambre, et elle a dit : 'Ne priez pas en suivant la prière de l'imam, car vous êtes derrière un voile (hijab)'." Et le hijab signifie : la barrière, l'obstacle et l'écran.

*Deuxièmement : Le sens de l'exemple (qudwah) et du suivi (iqtida') dans la langue selon Lisan al-Arab :*

[(Qada).... on dit qidwah ou qudwah pour ce qui est pris comme exemple... al-qudwah et al-qidwah désignent ce dont on adopte la pratique (tasannanta bihi)............

Al-qidah est comme al-qudwah, on dit : 'J'ai en toi un exemple (qidwah, qudwah ou qidah)'. Et de même, un tel a obtenu une faveur (hizwah, huzwah ou hizah)............

Il l'a pris pour exemple (iqtada bihi). Al-qudwah et al-qidwah signifient le modèle (al-uswah). On dit : 'Un tel est un exemple (qudwah) à suivre'.............]

Les juristes l'utilisent dans ce sens linguistique, et pour la prière, ils le définissent comme étant : (Le fait que le fidèle suive l'imam dans les actes de la prière).

Troisièmement : Sur la base de ce qui précède, ce que je privilégie pour concrétiser ces sens est que le fidèle soit tenu par les points suivants :

1- Que l'endroit où le fidèle prie soit inclus dans l'espace où l'imam prie, c'est-à-dire le bâtiment de la mosquée ou son parvis... sans séparation physique entre le parvis et la mosquée comme un canal d'eau courante ou une rue principale fréquentée par les voitures... c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de séparation réelle entre la mosquée et le parvis.

2- Que le fidèle prie dans un endroit d'où il voit son imam, ou qu'il prie dans un espace ouvert d'où il peut voir certains fidèles qui eux voient l'imam... ainsi il ne doit pas se trouver dans une pièce totalement fermée (hujra) d'où celui qui est à l'intérieur ne voit pas l'extérieur. La vision de l'image de l'imam n'est pas considérée comme une vision de l'imam, car les règles de l'image diffèrent des règles du corps réel (al-jism al-haqîqî). Si vous blessez une image avec un couteau, cela ne signifie pas que vous avez blessé l'imam ! De plus, voir l'image n'a aucun lien avec le suivi (iqtida'), car vous pouvez voir l'image sur un écran de télévision depuis un endroit éloigné de la mosquée et de son parvis, voire depuis un autre pays sans aucun lien avec l'imam ou le fait de le suivre. Par conséquent, cette vision ne peut servir de base au suivi (iqtida')...

3- Qu'il entende les takbîrs de l'imam, que ce soit directement ou par le biais de haut-parleurs. En effet, la transmission de la voix de l'imam est autorisée, que ce soit par la répétition du takbîr par une personne derrière l'imam ou par l'amplification sonore. Dès lors, le fidèle entend les takbîrs de l'imam et le suit...

Il est dit dans la Hashiyat al-Dasuqi al-Maliki sur le Sharh al-Kabir de Cheikh al-Dardir :

[(Et) il est permis (un transmetteur — mousammi') c'est-à-dire son recours et son installation pour faire entendre aux fidèles en élevant sa voix lors du takbîr, afin qu'ils connaissent l'action de l'imam. (Et) il est permis (de le suivre) c'est-à-dire le suivi de l'imam en raison de son audition, et le mieux est que l'imam élève la voix pour se passer d'un transmetteur.]

4- Que l'imam ne se trouve pas dans un endroit plus élevé que les fidèles, comme si l'imam était au dernier étage de la mosquée et que tous les fidèles étaient en dessous de lui...

Si ces conditions sont réunies, le suivi (iqtida') de l'imam a lieu, et par conséquent les conditions de la congrégation (jama'ah) derrière l'imam pour la prière du vendredi sont réalisées avec la permission d'Allah... Je répète ce que j'ai dit au début : je ne dis pas que tous les avis divergents de celui-ci sont nuls... mais c'est ce que je privilégie sur cette question... Et Allah est plus Savant et plus Sage.

Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah

29 Cha'ban 1443 de l'Hégire Correspondant au 01/04/2022

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