Home About Articles Ask the Sheikh
Questions & Réponses

Réponse à une question : La mise en doute de la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr)

March 30, 2023
4091

Série de réponses du grand savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »

Réponse à une question

À Nabil Bil’ati

Question :

Assalamou Alaikoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou,

Qu'Allah vous soutienne. Quelqu'un prétend que la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) est la nuit de la descente du Coran, qu'elle appartient au passé et qu'elle n'existe plus aujourd'hui. Voici un extrait de son propos : (« Quant à cette Nuit du Destin, elle a traversé l'histoire une seule fois et ne se répète pas. Elle tire sa valeur — c'est-à-dire son statut distingué — de la descente du Coran en elle. Le Très-Haut a dit : "Nous l'avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin". Quant aux autres nuits comptées à tort comme étant la Nuit du Destin, elles n'ont aucune place grammaticale (la mahalla laha min al-i'rab), car aucun Coran n'y est descendu pour qu'elles en tirent une valeur ou un statut spécial.

Et si un obstiné disait : En réalité, nous commémorons la Nuit du Destin, tant qu'elle ne se répète pas. Nous lui répondrions : Pour que nous célébrions la Nuit du Destin ou que nous la vivifions comme le demande le prétendu hadith, que nous croyions que c'est la Nuit du Destin ou sa commémoration, elle doit avoir un temps fixe et connu comme les autres adorations (jeûne, pèlerinage, prière). Car le Législateur Sage, lorsqu'Il a imposé ou légiféré une adoration, a fixé pour chacune un temps connu et stable, sans place pour la "devinette". Quant à cette prétendue Nuit du Destin, de nombreux hadiths ont été rapportés sur sa fixation, en faisant une énigme parmi d'autres... etc. »)

Ensuite, il mentionne le hadith de Mouslim et le conteste : « Ô gens ! La Nuit du Destin m'avait été montrée. Je suis sorti pour vous en informer, mais deux hommes sont arrivés, se disputant, accompagnés du Diable, et je l'ai oubliée ». Il conteste ce hadith !

Puis il conclut son propos par ce qui suit : (« En résumé, la célébration de la prétendue Nuit du Destin, dont le Messager lui-même ne connaissait pas le moment ni le rivage précis où accoste le navire de l'obligation, et le fait de considérer que celui qui la prie avec foi et espoir de récompense verra ses péchés passés pardonnés, est une idée subversive et destructrice. Elle ne propage chez les musulmans que l'hallucination, la stupidité et la négligence dans la religion. ») Fin de sa citation.

Éclairez-nous, qu'Allah vous bénisse.

Réponse :

Wa Alaikoum Assalam Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou,

J'ai pris connaissance de ce que vous avez rapporté concernant cette personne qui tient des propos offensants sur la Nuit du Destin, prétendant qu'elle est une nuit passée et révolue... Voici les points suivants :

Premièrement : Concernant la méthode d'approche :

1- Il est clair, d'après le texte que vous avez cité, que son auteur ne s'astreint à aucune règle scientifique ou connaissance législative (char'i). Au contraire, il avance à l'aveuglette et rejette de nombreux hadiths authentiques (sahih) et bons (hassan) sans raison valable, si ce n'est ce que lui dictent les illusions qu'il s'est forgées dans l'esprit, les considérant comme des vérités sur lesquelles il bâtit son raisonnement pour rejeter ce qui est établi par le Messager d'Allah ﷺ.

2- Il est également manifeste, à travers cette recherche rapportée, qu'il s'agit d'une tentative de porter atteinte à la Sunna prophétique purifiée et de semer le doute chez les musulmans concernant les hadiths rapportés du Prophète ﷺ, tout en prétendant revenir au Noble Coran. C'est une méthode bien connue : celle de gens qui œuvrent à la destruction de l'Islam et à sa lutte en combattant la Sunna prophétique. Or, celle-ci est l'explication du Coran, elle clarifie ses termes globaux, spécifie ses généralités, restreint ses absolus et rattache les branches à leurs racines... Ainsi, contester la Sunna et semer le doute sur les livres de hadiths reconnus est une forme de contestation du Coran et de l'Islam lui-même. L'appel à se limiter au seul Coran est un appel dont l'apparence est une miséricorde, mais dont l'intérieur cache le supplice.

3- Il est aussi évident, d'après le texte cité, que son auteur remet en cause des questions législatives connues et admises par les musulmans depuis l'époque du Prophète ﷺ et de ses nobles compagnons jusqu'à nos jours. C'est également une méthode connue adoptée par les orientalistes mécréants occidentaux qui ont persisté à remettre en doute tout ce qui est une évidence admise chez les musulmans. Ils ont été suivis dans cette voie par leurs disciples parmi les fils des musulmans, qui se sont mis à douter du système de gouvernement en Islam, du Jihad, de la foi en la Prédestination (al-qada wal-qadar)... etc. Cela, afin d'affaiblir la confiance des musulmans en leur religion et tenter de les en détourner après avoir renversé leur État et éloigné ses lois de l'application dans la vie des musulmans.

4- Par conséquent, son article sur la Nuit du Destin n'est pas une recherche scientifique sérieuse ou une opinion et un effort d'interprétation (ijtihad) législatif valable. C'est plutôt une sorte de conjecture interdite, une manipulation des textes législatifs et une moquerie des hadiths prophétiques. C'est pourquoi il ne mérite pas qu'on lui réponde, car il est dénué des conditions minimales d'une recherche scientifique honnête. Si vous ne nous aviez pas envoyé de question à ce sujet, nous ne l'aurions pas traité.

Deuxièmement : Les preuves du Coran sur la Nuit du Destin :

L'auteur laisse croire au lecteur qu'il s'appuie sur ce qui est venu dans le Noble Coran et qu'il ne rejette que les hadiths concernant la Nuit du Destin. Il dit : (« Quant à cette Nuit du Destin, elle a traversé l'histoire une seule fois et ne se répète pas. Elle tire sa valeur — c'est-à-dire son statut distingué — de la descente du Coran en elle. Le Très-Haut a dit : "Nous l'avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin". »). Il donne l'illusion de s'appuyer sur le Coran, mais en réalité, ce n'est pas le cas.

Il mentionne le noble verset : « Nous l'avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin », et l'interprète selon ses passions pour servir son opinion, mais il ne mentionne pas les autres textes coraniques qui prouvent le contraire. Le texte sur la Nuit du Destin est mentionné à deux endroits dans le Noble Coran, et il ressort de ces deux endroits que la Nuit du Destin est une nuit renouvelée et récurrente :

1- La Sourate Al-Qadr :

إِنَّا أَنْزَلْنَاهُ فِي لَيْلَةِ الْقَدْرِ * وَمَا أَدْرَاكَ مَا لَيْلَةُ الْقَدْرِ * لَيْلَةُ الْقَدْرِ خَيْرٌ مِنْ أَلْفِ شَهْرٍ * تَنَزَّلُ الْمَلَائِكَةُ وَالرُّوحُ فِيهَا بِإِذْنِ رَبِّهِمْ مِنْ كُلِّ أَمْرٍ * سَلَامٌ هِيَ حَتَّى مَطْلَعِ الْفَجْرِ

« Nous l'avons certes, fait descendre pendant la nuit d'Al-Qadr. Et qui te dira ce qu'est la nuit d'Al-Qadr ? La nuit d'Al-Qadr est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l'Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu'à l'apparition de l'aube. » (Sourate Al-Qadr [97] : 1-5)

En méditant cette sourate, il apparaît que la Nuit du Destin est la nuit durant laquelle le Noble Coran a été révélé, et qu'elle n'est pas une nuit passée et révolue, mais une nuit qui se répète par son mérite et le bien qu'elle contient. Avant de mentionner les preuves de la sourate, nous citons une brève explication de l'exégèse (Tafsir) d'An-Nasafi :

[Tafsir An-Nasafi (4/44) : ... « Nous l'avons certes fait descendre pendant la Nuit du Destin » : Il a magnifié le Coran en Lui attribuant Sa descente. Il a utilisé le pronom au lieu du nom apparent pour se dispenser de l'indication et pour élever la valeur du temps durant lequel Il l'a fait descendre. Il est rapporté qu'il a été descendu en une seule fois durant la Nuit du Destin de la Table Gardée (al-lawh al-mahfouz) vers le ciel le plus bas, puis Jibril le faisait descendre sur le Messager d'Allah ﷺ durant vingt-trois ans. Le sens de la Nuit du Destin est la nuit de la détermination des affaires et de leur décret...

La raison de sa dissimulation est peut-être que celui qui la recherche vivifie de nombreuses nuits pour espérer qu'elles coïncident avec elle. C'est comme la dissimulation de la "prière médiane", de Son Nom Suprême et de l'heure de l'exaucement le vendredi... Et dans le hadith : « Celui qui l'atteint doit dire : "Ô Allah, Tu es certes Pardonneur, Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi" ». « Et qui te dira ce qu'est la nuit d'Al-Qadr » signifie que ta connaissance n'a pas atteint la limite de son mérite...] Fin de citation du Tafsir An-Nasafi.

La sourate contient plusieurs éléments clarifiant que la Nuit du Destin est une nuit récurrente qui coïncide avec cette nuit bénie où le Coran a été révélé. Il suffit pour cela de la parole du Très-Haut : « Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l'Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre ». Les anges descendent durant cette nuit accompagnés de Jibril (sur lui la paix). Le Coran a utilisé le terme au présent (moudari') dans la phrase verbale تَنَزَّلُ الْمَلَائِكَةُ pour indiquer la continuité et le renouvellement, et n'a pas utilisé le passé indiquant l'achèvement. Cela signifie en toute clarté que la Nuit du Destin est une nuit récurrente et que les anges, chaque année durant cette nuit, descendent avec Jibril (sur lui la paix).

2- La parole du Très-Haut au début de la sourate Ad-Dukhan :

إِنَّا أَنْزَلْنَاهُ فِي لَيْلَةٍ مُبَارَكَةٍ إِنَّا كُنَّا مُنْذِرِينَ * فِيهَا يُفْرَقُ كُلُّ أَمْرٍ حَكِيمٍ

« Nous l'avons fait descendre en une nuit bénie, Nous sommes en vérité Celui qui avertit. Durant laquelle est décidé tout ordre sage. » (Sourate Ad-Dukhan [44] : 3-4)

Il est mentionné dans An-Nasafi (3/302) : [... Et la Nuit du Destin se trouve, selon la plupart des avis, durant le mois de Ramadan. Puis ils ont dit : Il l'a fait descendre en une fois de la Table Gardée vers le ciel le plus bas, puis Jibril l'a descendu au moment du besoin sur Son Prophète Muhammad ﷺ. Il a été dit : le début de sa descente fut durant la Nuit du Destin. "Bénie" signifie abondante en bien en raison du bien et de la bénédiction qui y descendent et des invocations qui y sont exaucées. Si elle ne contenait que la seule descente du Coran, cela suffirait comme bénédiction. « Nous sommes en vérité Celui qui avertit. Durant laquelle est décidé tout ordre sage » sont deux phrases nouvelles liées qui expliquent la réponse au serment, comme s'il était dit : Nous l'avons fait descendre car Notre rôle est d'avertir et de mettre en garde contre le châtiment, et Notre descente (du Coran) fut durant cette nuit particulièrement car la descente du Coran fait partie des affaires sages, et cette nuit est le moment où se décide tout ordre sage. Le sens de « est décidé » (yufraqu) est : est détaillé et écrit chaque ordre concernant la subsistance des serviteurs, leur terme de vie et toutes leurs affaires, de cette nuit jusqu'à la Nuit du Destin qui viendra l'année suivante. « Sage » (hakim) signifie porteur de sagesse... ] Fin de citation.

Il est également clair d'après ces versets que la Nuit du Destin durant laquelle le Coran a été descendu est une nuit récurrente. Il suffit pour cela de la parole du Très-Haut : « Durant laquelle est décidé tout ordre sage ». Cela prouve sans aucun doute que durant cette nuit, tout ordre sage est décidé de manière répétée par l'usage du terme فِيهَا يُفْرَقُ qui est un verbe au présent indiquant la continuité et le renouvellement.

3- Ainsi, on comprend clairement du Coran que la Nuit du Destin est une nuit bénie durant laquelle le Noble Coran a été révélé, qu'elle fait partie des nuits du mois béni de Ramadan, que les anges et l'Esprit y descendent par permission de leur Seigneur pour tout ordre, où se décide tout ordre sage venant d'Allah, et que cette nuit possède un mérite immense puisque la valeur des bonnes actions accomplies en son sein dépasse celle de mille mois d'actions... Par conséquent, il apparaît que le Noble Coran établit que la Nuit du Destin est une nuit renouvelée et récurrente, et que les nobles hadiths prophétiques rapportés à son sujet sont venus confirmer et établir ce qui figure dans le Coran, comme nous le détaillons ci-dessous. Si l'auteur de la recherche citée plus haut reconnaît le Noble Coran et ce qu'il contient, il n'y a donc plus de place pour rejeter ces nobles hadiths.

Troisièmement : Les preuves de la Sunna purifiée sur la Nuit du Destin :

1- De nombreux hadiths sont venus dans la Sunna prophétique affirmant que la Nuit du Destin est une nuit récurrente et renouvelée. Nous en citons deux hadiths qui suffisent à démontrer l'objectif :

a- Al-Bukhari a rapporté dans son Sahih d'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) que le Prophète ﷺ a dit :

مَنْ قَامَ لَيْلَةَ الْقَدْرِ إِيمَاناً وَاحْتِسَاباً غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ وَمَنْ صَامَ رَمَضَانَ إِيمَاناً وَاحْتِسَاباً غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ

« Quiconque prie la Nuit du Destin avec foi et en espérant la récompense, ses péchés passés lui seront pardonnés. Et quiconque jeûne le Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés passés lui seront pardonnés. »

Dans une autre version chez Al-Bukhari également d'après Abou Hourayra : le Messager d'Allah ﷺ a dit :

مَنْ يَقُمْ لَيْلَةَ الْقَدْرِ إِيمَاناً وَاحْتِسَاباً غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ

« Quiconque se lève [pour prier] la Nuit du Destin avec foi et en espérant la récompense, ses péchés passés lui seront pardonnés. »

Ce hadith est en harmonie avec ce qui est mentionné dans le Noble Coran concernant la Nuit du Destin, et il est clair que la Nuit du Destin est récurrente et renouvelée.

b- At-Tirmidhi a rapporté dans ses Sunan d'après Aïcha (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « J'ai dit : Ô Messager d'Allah, vois-tu si je savais quelle nuit est la Nuit du Destin, que devrais-je y dire ? » Il dit :

قُولِي اللَّهُمَّ إِنَّكَ عُفُوٌّ كَرِيمٌ تُحِبُّ الْعَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي

« Dis : "Ô Allah, Tu es certes Pardonneur, Généreux, Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi". »

Abou Issa (At-Tirmidhi) a dit : c'est un hadith hassan sahih. Dans une autre version du hadith chez Ibn Majah et d'autres d'après Aïcha, elle a dit : « Ô Messager d'Allah ﷺ, vois-tu si je coïncidais avec la Nuit du Destin, que devrais-je invoquer ? » Il dit :

تَقُولِينَ اللَّهُمَّ إِنَّكَ عُفُوٌّ تُحِبُّ الْعَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي

« Tu diras : "Ô Allah, Tu es certes Pardonneur, Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi". »

Ce hadith est également en parfaite harmonie avec ce qu'il y a dans le Coran au sujet de la Nuit du Destin, et il est clair que la Nuit du Destin est récurrente et renouvelée. C'est ainsi que le hadith doit être compris selon son sens réel, car nous sommes ordonnés de suivre la Sunna comme nous sommes ordonnés de suivre le Livre : « Ce que le Messager vous donne, prenez-le ; et ce qu'il vous interdit, abstenez-vous-en ».

2- De plus, le rejet d'un hadith ne se fait pas selon les passions d'une personne, ou par ignorance de son sens, ou par une haine cachée... etc. Au contraire, le hadith se rejette selon les méthodes établies dans les sciences du hadith ('uloum al-hadith) et les fondements du droit (oussoul al-fiqh), qui sont expliquées dans leurs chapitres respectifs pour quiconque a un cœur ou prête l'oreille tout en étant témoin.

Le hadith peut être rejeté selon la transmission (riwayatan) ou selon le contenu (dirayatan)... Il est mentionné dans le livre Ash-Shakhsiyyah (Tome 3) à ce sujet ce qui suit :

[Conditions d'acceptation de l'information rapportée par voie unique (Khabar al-Ahad)

Le khabar al-ahad est accepté s'il remplit ses conditions en matière de transmission (riwayatan) et de contenu (dirayatan). Quant aux conditions d'acceptation en matière de transmission, il faut que le rapporteur du hadith soit musulman, pubère, doué de raison, intègre ('adl), véridique, précis dans ce qu'il entend, et s'en souvenant depuis le moment où il l'a reçu jusqu'au moment de sa transmission. Les savants des fondements (oussouliyyines) et les savants de la terminologie du hadith ont détaillé les conditions de la transmission, et l'histoire des hommes du hadith et de leurs rapporteurs a détaillé pour chaque rapporteur la réalisation de ces attributs.

Quant aux conditions d'acceptation du khabar al-ahad en matière de contenu (dirayatan), c'est qu'il ne contredise pas ce qui est plus fort que lui parmi les versets, les hadiths mutawatir (notoires) ou célèbres (machhour)... Le résultat est que si le khabar al-ahad contredit un verset du Coran, un hadith mutawatir, un hadith machhour, ou une cause ('illah) textuellement mentionnée par le Coran, le mutawatir ou le machhour, le hadith n'est pas accepté en dirayah. S'il ne contredit pas cela, il est accepté. Si le hadith contredit l'analogie (qiyas), on accepte le hadith et on rejette le qiyas.] Fin de citation.

Si une personne est face à un hadith dont elle ne sait pas s'il faut le prendre ou le rejeter, qu'elle interroge ceux qui possèdent la connaissance, car le Messager ﷺ dit : « Pourquoi n'ont-ils pas interrogé quand ils ne savaient pas ? Le remède de l'incapacité [de savoir] est certes la question » (rapporté par Abou Daoud).

C'est ainsi qu'agit l'être doué de raison qui craint Allah et Son Messager, et non pas en contestant le hadith ou en s'en moquant, car il commettrait alors un immense péché. Nous allons traiter ici un hadith à titre d'exemple, hadith que l'auteur de l'article a contesté ou dont il s'est moqué, illustrant ainsi la piètre position qu'il occupe :

L'auteur de l'article se moque du hadith rapporté par Mouslim dans son Sahih concernant le moment de la Nuit du Destin et le fait que le Prophète ﷺ l'avait vue puis l'avait oubliée... Il dit : [Comment le Messager ﷺ peut-il l'oublier alors qu'Allah le Très-Haut dit : "Nous te ferons réciter, tu n'oublieras donc pas * sauf ce qu'Allah veut" et cela signifie que Nous te le ferons réciter et que tu ne l'oublieras jamais...] Cet homme ne comprend pas ce qu'il dit ! Le verset concerne le Noble Coran : Allah fait réciter le Coran au Messager ﷺ, celui-ci le retient et ne l'oublie jamais. Voici ce qui est venu dans son exégèse :

a- Tafsir al-Qourtoubi (20/18) : (Sa parole : « Nous te ferons réciter » c'est-à-dire le Coran, ô Muhammad, Nous te l'enseignerons « tu n'oublieras donc pas » c'est-à-dire que tu le retiendras, rapporté par Ibn Wahb d'après Malik. C'est une bonne nouvelle de la part d'Allah le Très-Haut, Il lui annonce qu'Il lui a donné un signe clair : que Jibril lui récite ce qu'il lui récite de la Révélation alors qu'il est illettré, ne sachant ni écrire ni lire, et qu'il le retiendra sans l'oublier...)

b- Tafsir at-Tabari (24/370) : (Et Sa parole : « Nous te ferons réciter, tu n'oublieras donc pas * sauf ce qu'Allah veut » : Allah, que Son évocation soit exaltée, dit : Nous te ferons réciter, ô Muhammad, ce Coran et tu ne l'oublieras pas, sauf ce qu'Allah veut. Puis les gens de l'interprétation ont divergé sur le sens de Sa parole : « tu n'oublieras donc pas * sauf ce qu'Allah veut ». Certains ont dit : C'est une information d'Allah à Son Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) qu'Il lui enseigne ce Coran et qu'Il le lui fait mémoriser, et une interdiction pour lui de se précipiter dans sa récitation comme l'a dit le Puissant et Majestueux : « Ne remue pas ta langue pour hâter sa récitation : Son rassemblement (dans ton cœur) et sa récitation Nous incombent ».)

Il en est de même dans les autres exégèses : le verset mentionné concerne le Noble Coran. Quant au reste, Allah peut faire oublier une chose à Son Messager ﷺ pour une sagesse qu'Il connaît. Le texte du hadith tel qu'il figure chez Mouslim d'après Abou Sa'id al-Khoudri (qu'Allah l'agrée) dit : « Le Messager d'Allah ﷺ a fait une retraite pieuse (i'tikaf) durant la période médiane des dix jours de Ramadan en cherchant la Nuit du Destin avant qu'elle ne lui soit montrée. Une fois ces jours passés, il ordonna de démonter la tente, ce qui fut fait. Puis il lui fut révélé qu'elle se trouvait dans les dix derniers jours. Il ordonna alors de remonter la tente, ce qui fut fait. Puis il sortit vers les gens et dit : « Ô gens ! La Nuit du Destin m'avait été montrée. Je suis sorti pour vous en informer, mais deux hommes sont arrivés, se disputant, accompagnés du Diable, et je l'ai oubliée. Cherchez-la donc dans les dix derniers jours de Ramadan. Cherchez-la lors de la neuvième, de la septième et de la cinquième. » J'ai dit : Ô Abou Sa'id, vous connaissez mieux que nous le calcul des jours. Il dit : Oui, nous y avons plus de droit que vous. J'ai dit : Que sont la neuvième, la septième et la cinquième ? Il répondit : Quand vingt-et-un jours sont passés, la nuit qui suit est la vingt-deuxième, c'est la neuvième. Quand vingt-trois jours sont passés, celle qui suit est la septième. Quand vingt-cinq jours sont passés, celle qui suit est la cinquième. » Ibn Khallad a utilisé le mot « se querellaient » au lieu de « se disputaient ».

Ce hadith a été rapporté par Al-Bukhari de manière concise d'après Oubada bin as-Samit : le Messager d'Allah ﷺ sortit pour informer de la Nuit du Destin. Deux hommes parmi les musulmans se querellèrent. Il dit alors : « J'étais sorti pour vous informer de la Nuit du Destin, mais un tel et un tel se sont querellés, et elle a été retirée [de ma mémoire]. Il se peut que cela soit un bien pour vous. Cherchez-la donc lors de la neuvième, de la septième et de la cinquième. » Dans le commentaire du hadith par Ibn Hajar dans Fath al-Bari, il est dit :

[... Sa parole « il sortit pour informer de la Nuit du Destin » signifie pour en préciser la date exacte. Sa parole « ils se querellèrent » (talaha) avec un "h" ouvert dérive de at-talahi qui signifie le litige et la dispute... Sa parole « elle a été retirée » signifie que la précision de sa date a été retirée de ma mémoire. C'est l'avis prédominant ici. La raison en est ce que Mouslim a clarifié d'après le hadith d'Abou Sa'id dans ce récit : "deux hommes sont arrivés se disputant (yahtaqqani)", c'est-à-dire que chacun prétendait être dans son bon droit, "accompagnés du Diable, et je l'ai oubliée". Al-Qadi 'Iyad a dit : Il y a là une preuve que la dispute est blâmable et qu'elle est une cause de punition spirituelle, c'est-à-dire la privation. Il y a aussi le fait que l'endroit où le Diable est présent, la bénédiction et le bien en sont retirés...] Fin de citation.

En examinant attentivement le hadith, il apparaît que le Prophète ﷺ ne savait pas quand tombait la Nuit du Destin en Ramadan. Il fit l'i'tikaf durant les dix jours du milieu de Ramadan en cherchant la Nuit du Destin, puis ordonna de démonter la structure qu'il avait bâtie pour son i'tikaf. Ensuite, la Nuit du Destin lui fut montrée comme étant dans les dix derniers jours de Ramadan. Lorsqu'il voulut informer les gens de sa date, deux hommes parmi les musulmans divergèrent, et le Messager ﷺ oublia la date exacte de la Nuit du Destin. Il ordonna alors aux gens de la chercher dans les dix derniers jours... Le Prophète ﷺ a expliqué la raison qui l'a conduit à l'oublier : la divergence entre les deux hommes. C'est une démonstration de la gravité de la dispute et de la divergence en Islam, car elles entraînent une punition, comme l'explique le commentaire du hadith ci-dessus. De même, il y a dans cette affaire une sagesse qui convient aux dix derniers jours de Ramadan, période où les efforts peuvent s'essouffler. Le fait de ne pas fixer précisément la Nuit du Destin et de la situer dans l'une des nuits des dix derniers jours pousse les gens à redoubler d'effort durant cette période, obtenant ainsi un immense bien. An-Nasafi a eu raison de dire dans son exégèse : « La raison de sa dissimulation est peut-être que celui qui la recherche vivifie de nombreuses nuits pour espérer qu'elles coïncident avec elle. C'est comme la dissimulation de la prière médiane, de Son Nom Suprême et de l'heure de l'exaucement le vendredi... ». Où est donc le problème dans ce hadith pour que l'auteur de l'article le rejette ? Et pourquoi ne serait-il pas possible que le Messager ﷺ oublie ce qui lui a été montré si cela répond à une sagesse nécessaire ?! Il est clair que l'auteur du texte cité a occulté cette raison et cette sagesse pour pouvoir persister dans son rejet et sa contestation des hadiths sur la Nuit du Destin.

Ainsi, aucun hadith n'est rejeté par passion, par ignorance ou par haine envers l'Islam et les musulmans. Au contraire, il est étudié par ses gens compétents et selon sa réalité, puis on interroge quand on ne sait pas, comme l'indique le hadith du Messager d'Allah ﷺ cité précédemment : « Pourquoi n'ont-ils pas interrogé quand ils ne savaient pas ? Le remède de l'incapacité [de savoir] est certes la question ».

Quatrièmement : Par tout cela, il apparaît que l'auteur du texte rapporté n'a aucune part de science de la transmission (al-manqoul) ni de la raison (al-ma'qoul). Il n'a aucune compréhension de la science du hadith ni des fondements (oussoul). Il ne pèse pas les choses avec une balance juste et ne place pas l'affaire sur le droit chemin. Au contraire, son opinion révèle une tentative de démolir la religion et son édifice, et de semer le doute chez les musulmans dans ses fondements et ses branches. Sans la demande d'explication du questionneur sur ses propos, nous n'aurions pas pris la peine de répondre à ses illusions... Nous demandons enfin à Allah le Très-Haut de retourner les ruses des comploteurs contre eux-mêmes, de protéger la Oumma de leurs maux, d'élever le rang de la religion, de secourir Ses serviteurs croyants et d'éteindre le feu des mécréants, des hypocrites et des semeurs de doute malveillants.

Votre frère, Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah

08 Ramadan 1444 H Correspondant au 30/03/2023

Lien de la réponse sur la page Facebook de l'Émir (qu'Allah le préserve) : Facebook

Share Article

Share this article with your network