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Questions & Réponses

Réponse à une question : Les fonds de l'intérêt usuraire (riba) après l'instauration du Califat à : Safir al-Khilafah

October 20, 2014
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(Série de réponses du grand savant Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fihi »)

Question :

Assalamu Alaikum wa Rahmatullahi wa Barakatuhu,

Une question tirée du livre Les Institutions de Gouvernance et d'Administration concernant les fonds de l'intérêt usuraire (riba) après l'instauration de l'État du Califat (Khilafah), en rendant les capitaux à leurs propriétaires... La question est : que ferons-nous des fonds de la riba ? Est-il permis à l'État de les saisir et de les investir ? Et est-ce que le numéraire provenant de l'intérêt usuraire, en tant que billet de banque, est interdit (haram) en soi, ou l'interdiction est-elle liée à l'acte ?

Réponse :

Wa Alaikum Assalam wa Rahmatullahi wa Barakatuhu,

1- La réponse à votre question « que ferons-nous des fonds de la riba... » se trouve dans le livre Les Fonds dans l'État du Califat (Al-Amwal fi Dawlat al-Khilafah). Il y est expliqué comment l'État dispose de l'argent acquis par des moyens illégitimes tels que le ghalul (biens mal acquis par les officiels), la riba, les jeux de hasard (qimar), etc. Il est mentionné au chapitre « Les biens du ghalul provenant des gouvernants et des fonctionnaires de l'État, les biens acquis illicitement et les biens des amendes », pages 111-112, ce qui suit :

« Tout ce qui a été mentionné précédemment concernant ce que les gouverneurs, les agents et les fonctionnaires de l'État acquièrent par des voies illégitimes fait partie des revenus du Bayt al-Mal (Trésor public). Sont également rattachés aux revenus du Bayt al-Mal tous les biens acquis par des individus par l'un des moyens dont l'appropriation ou le développement de la propriété est interdit par la Charia ; car cela constitue un gain illicite et n'est pas possédé.

Ainsi, quiconque acquiert quelque chose par le biais de la riba (l'intérêt usuraire), cela est considéré comme haram et non possédé, car Allah a interdit la riba et a interdit de faire fructifier l'argent par ce biais. Allah le Très-Haut a dit :

الَّذِينَ يَأْكُلُونَ الرِّبَا لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُومُ الَّذِي يَتَخَبَّطُهُ الشَّيْطَانُ مِنَ الْمَسِّ ذَلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا إِنَّمَا الْبَيْعُ مِثْلُ الرِّبَا وَأَحَلَّ اللَّهُ الْبَيْعَ وَحَرَّمَ الرِّبَا فَمَنْ جَاءَهُ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّهِ فَانْتَهَى فَلَهُ مَا سَلَفَ وَأَمْرُهُ إِلَى اللَّهِ وَمَنْ عَادَ فَأُولَئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ

"Ceux qui mangent [profitent] de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le démon a agité de son contact. Cela, parce qu'ils disent : 'Le commerce est tout à fait comme l'intérêt'. Alors qu'Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès qu'une exhortation de son Seigneur lui vient, peut garder ce qui est passé. Son affaire relève d'Allah. Mais quiconque récidive... alors ceux-là sont les gens du Feu ! Ils y demeureront éternellement." (Sourate Al-Baqarah [2]: 275)

Et le Très-Haut a dit :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَذَرُوا مَا بَقِيَ مِنَ الرِّبَا إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ * فَإِنْ لَمْ تَفْعَلُوا فَأْذَنُوا بِحَرْبٍ مِنَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَإِنْ تُبْتُمْ فَلَكُمْ رُءُوسُ أَمْوَالِكُمْ لَا تَظْلِمُونَ وَلَا تُظْلَمُونَ

"O les croyants ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l'intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés." (Sourate Al-Baqarah [2]: 278-279)

Il est obligatoire de restituer l'argent de la riba à ses propriétaires auprès de qui il a été pris s'ils sont connus. S'ils ne sont pas connus, il est confisqué et placé dans le Bayt al-Mal. Ceci s'ajoute à la sanction légale (ouqoubah) découlant de la pratique de la riba pour « celui qui la consomme, celui qui la donne, celui qui l'enregistre et ses deux témoins », comme mentionné dans le noble Hadith :

لَعَنَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ آكِلَ الرِّبَا، وَمُؤْكِلَهُ، وَكاتِبَهُ، وَشَاهِدَيْهِ

« Le Messager d'Allah (saw) a maudit celui qui consomme l'intérêt usuraire, celui qui le donne, celui qui l'enregistre et ses deux témoins. »

وَقَالَ: هُمْ سَوَاءٌ

Et il a dit : « Ils sont tous pareils. » (Rapporté par Muslim d'après Jabir).

De même, quiconque acquiert de l'argent par le biais des jeux de hasard (qimar), son gain est haram et non possédé. Il doit être rendu à son propriétaire. Si son propriétaire n'est pas connu, il est confisqué et placé dans le Bayt al-Mal. Cela s'ajoute à la sanction légale pour celui qui pratique le jeu de hasard, qu'il soit perdant ou gagnant, car le développement de la propriété par le jeu de hasard n'est pas permis par la Charia, le jeu de hasard étant interdit. Allah le Très-Haut a dit :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالْأَنْصَابُ وَالْأَزْلَامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ * إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلَاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ

"O les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, œuvre du Diable. Écartez-vous-en, afin que vous réussissiez. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l'inimitié et la haine, et vous détourner d'invoquer Allah et de la prière. Allez-vous donc y mettre fin ?" (Sourate Al-Ma'idah [5]: 90-91) »

2- Quant à la seconde partie de la question concernant l'interdiction de l'argent de la riba en soi ou par l'acte... La réponse est que l'argent acquis par un acte illicite n'est pas interdit en lui-même. L'interdiction porte sur la manière dont il a été acquis ou fait fructifier. Quant à la substance de l'argent, elle n'est pas interdite. Par exemple, celui qui gagne des dinars par la vente de vin ou par la riba, ces dinars ne deviennent pas interdits en eux-mêmes ; l'interdiction réside dans la méthode d'acquisition ou de fructification. C'est pourquoi celui qui les a acquis illicitement ne les possède pas. Cependant, leur substance n'étant pas interdite, ils sont placés dans le Bayt al-Mal des musulmans et dépensés pour leurs affaires. Ne sont exceptés de cela que les biens dont la substance même est interdite, comme le porc et le vin, car ce sont des biens interdits par nature.

Votre frère Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah

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