Question :
Nous savons que les États-Unis sont un État d'institutions et que les grandes lignes de la politique internationale américaine sont régies par les institutions gouvernementales et non par la seule personne du président. Comment expliquer alors que l'Amérique ait conclu l'accord nucléaire avec l'Iran en le considérant comme une victoire, et qu'aujourd'hui Trump s'en retire en considérant ce retrait comme une victoire ? Nous vous prions d'éclaircir ce point, avec nos remerciements et notre considération.
Réponse :
Oui, il est exact que les grandes lignes de la politique internationale des États-Unis sont régies par les institutions et non par la seule personne du président, bien que le style de ce dernier apparaisse dans la mise en œuvre de la décision. Cependant, ce qui n'a pas été mentionné dans la question, c'est le fondement sur lequel reposent ces grandes lignes, car c'est là que réside la clé de la réponse. Ce fondement, pour cet État d'institutions, ce sont les intérêts de l'Amérique. Si, dans une circonstance donnée, l'intérêt exige la signature d'un accord, les institutions et le président l'approuvent. Si l'intérêt de l'Amérique exige l'annulation de cet accord, les institutions et le président approuvent cette annulation. En voici l'explication :
1- L'Iran était important pour préserver le régime du tyran Bachar, l'agent des États-Unis, jusqu'à ce que ces derniers trouvent une alternative. L'Amérique craignait les mouvements populaires en Syrie qui brandissaient des slogans de l'Islam et du gouvernement de l'Islam ; elle craignait qu'ils ne renversent le tyran et n'instaurent le règne de l'Islam en Syrie, ce qui mettrait fin à l'influence américaine dans la région, d'autant plus que l'élan des mouvements populaires progressait partout au cours de l'année 2015... C'est ainsi qu'elle a voulu mettre en avant le rôle de l'Iran et lever les sanctions afin que celui-ci puisse accomplir la mission qui lui était confiée. L'intérêt de l'Amérique exigeait donc la signature de cet accord pour lever les obstacles devant l'Iran. Cet accord était, à tous points de vue, humiliant et honteux pour l'Iran... Rien ne l'illustre mieux que les déclarations du président américain de l'époque. Suite à la signature de l'accord le 14/07/2015, le président Obama a prononcé un discours télévisé dans lequel il a déclaré : « L'accord coupe toute voie à l'Iran pour obtenir des armes nucléaires... L'accord prévoit le retrait des deux tiers des centrifugeuses installées en Iran et leur stockage sous supervision internationale, l'élimination de 98 % de son uranium enrichi, l'acceptation du retour rapide des sanctions en cas de violation de l'accord, et l'octroi à l'Agence internationale de l'énergie atomique d'un accès permanent pour inspecter les sites partout et à tout moment où cela est nécessaire. » (BBC, 14/07/2015). Nous avions clarifié l'objectif de l'Amérique derrière l'accord nucléaire avec l'Iran dans une réponse à une question le 22/07/2015, après que le Conseil de sécurité a ratifié l'accord le 20/07/2015, en disant : « ...Tout cela indique que l'Amérique vise, à travers cet accord, à faciliter les choses pour l'Iran en levant les sanctions et en établissant des relations publiques avec lui, afin qu'il continue à jouer le rôle qui facilite la tâche de l'Amérique, allège ses fardeaux et couvre ses manœuvres avec les pays et les peuples de la région. Ainsi, l'Iran exécute réellement la politique américaine comme c'est le cas en Irak, en Syrie et au Yémen, mais au lieu que l'exécution se fasse derrière un rideau opaque comme auparavant, elle se fait derrière un rideau transparent ou sans rideau du tout ! ». En effet, c'est ce qui s'est passé, et l'Iran a joué un rôle criminel et odieux pour le compte de l'Amérique dans ces pays, en Syrie, en Irak et au Yémen, de manière flagrante et publique sous les faux noms de "résistance" et de "moumanaa" (opposition), et sous une haineuse incitation confessionnelle.
Ainsi, l'intérêt de l'Amérique était alors de conclure cet accord pour faciliter la situation économique de l'Iran et lui permettre de mettre en œuvre activement les plans américains dans la région, rassuré par la levée des sanctions. D'autant plus que la situation en Syrie risquait de sortir de l'influence américaine en raison de la faiblesse du régime du tyran Bachar. Le rôle requis était que l'Iran s'active à le défendre, rassuré par la levée des sanctions. La position de Bachar en 2015 était fragile et sur le point de s'effondrer. C'est pourquoi l'Amérique a conclu l'accord nucléaire avec l'Iran pour dynamiser son rôle en Syrie le 14/07/2015, puis elle ne s'est pas arrêtée là, elle a fait intervenir la Russie militairement après la rencontre d'Obama avec Poutine le 30/09/2015, donnant l'autorisation à la Russie d'intervenir pour empêcher la chute du régime de Bachar jusqu'à ce qu'un agent américain de substitution soit trouvé.
2- Mais la vision de l'Amérique a changé actuellement, la position de Bachar étant devenue plus stable. Cela a engendré une autre vision chez l'administration Trump, surtout après ce que l'Amérique a accompli, directement ou indirectement, en Irak et en Syrie contre les populations cherchant la libération. Il n'est plus nécessaire de donner à l'Iran un rôle principal direct, les conditions ayant changé. Cela a commencé à la fin de l'ère Obama, lorsqu'il a commencé à donner un rôle direct aux régimes turc et saoudien, leur complot contre la révolution syrienne ayant été plus intense et plus dangereux que les armes de la Russie, de l'Iran, de son parti et du régime syrien qui n'avaient pas réussi à briser la détermination des révolutionnaires. Cependant, les régimes turc et saoudien ont permis d'obtenir des victoires pour le régime par des méthodes détournées, ce qui a fait passer le rôle de l'Iran derrière le rôle naturel qu'il gérait seul, devançant la Turquie et l'Arabie Saoudite... Ainsi, l'Amérique a décidé de rendre le rôle de l'Iran complémentaire et non plus seul au premier plan. Cela est clair dans les accords d'Astana, par lesquels elle a pu stopper la révolution syrienne sous le nom de "désescalade". C'est l'une des raisons de l'annonce actuelle par l'Amérique de son retrait de l'accord nucléaire avec l'Iran, car l'intérêt américain exigeait ce retrait en préparation de nouvelles conditions visant à réduire le rôle iranien dans la région. Cela a nécessité de la part de Trump d'exagérer les bénéfices de l'accord nucléaire pour l'Iran afin de montrer qu'il veut s'en retirer parce que cet accord, selon ses prétentions, aide l'Iran à obtenir l'arme nucléaire. En conséquence, Trump a prétendu le 08/05/2018, lors de l'annonce du retrait dans un discours télévisé, que : « le maintien de l'accord entraînerait bientôt une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient » et que « l'Iran n'a rien fait de plus dangereux que de posséder des armes nucléaires ». Il a poursuivi : « l'accord était censé protéger l'Amérique et ses alliés, mais il a permis à l'Iran de continuer à enrichir l'uranium », avant d'ajouter : « qu'il est prêt et capable de négocier un nouvel accord avec elle, quand elle sera prête ». Il a dit : « Après mes consultations avec les dirigeants de la région et du monde, j'ai conclu que nous ne pouvons pas, via cet accord, empêcher l'Iran d'obtenir la bombe nucléaire. J'annonce mon retrait de l'accord nucléaire... L'accord ne fait rien pour empêcher l'activité déstabilisatrice de l'Iran dans la région. Dans quelques minutes, je signerai un mémorandum pour rétablir les sanctions contre l'Iran. » Ce qu'il fit. Il a ajouté : « L'accord nucléaire iranien a été mal négocié, il est plein de défauts et nous devons faire quelque chose à ce sujet, les conditions posées ne sont pas acceptables et, en sortant de l'accord, nous chercherons une solution permanente, durable et globale. Cet accord est catastrophique, il a donné au régime terroriste iranien des millions de dollars. » (Sputnik et Al Jazeera, 08/05/2018). Il apparaît ici clairement que Trump a délibérément tenu des propos incorrects, exagérés, pour justifier le retrait, sans exprimer la raison réelle : l'intérêt de l'Amérique exige maintenant de restreindre le rôle iranien et de réduire son influence dans la région, tout en le gardant prêt à exécuter ce que l'Amérique lui demande... Cela se répète dans la politique américaine qui change selon ses intérêts. La même chose s'est produite avec la Russie : après la rencontre d'Obama avec Poutine le 30/09/2015 et sa mission d'entrer en Syrie pour aider l'Iran à maintenir le rôle de Bachar, l'Amérique a autorisé l'entrée de la Russie... Mais quand la Russie a tenté d'exploiter son rôle pour paraître agir de manière autonome, l'intérêt américain a exigé de "discipliner" la Russie pour qu'elle réalise sa véritable dimension, d'où ces frappes militaires ! Comme nous l'avons expliqué dans la réponse à une question du 14/04/2018 : « ...La frappe américaine est une discipline pour la Russie plus qu'une frappe contre les armes chimiques syriennes. Environ dix sites ont été frappés ce matin, pourtant, certains commentaires d'experts militaires dans les médias ont mentionné que peu de ces sites étaient des usines chimiques ou des centres de recherche, et que la plupart étaient des sites militaires. » Ainsi, le changement de politique américaine en fonction de ses intérêts est un fait notoire.
3- Il y a ensuite un autre point dicté par l'intérêt américain : l'Amérique veut détourner l'attention de l'agression juive dans l'occupation de la Palestine et d'Al-Qods (Jérusalem). L'Amérique préparait depuis longtemps le transfert de son ambassade à Al-Qods, mais elle attendait la "solution à deux États" et le partage d'Al-Qods. Aujourd'hui, l'Amérique envisage de recourir à une autre solution politique en introduisant des modifications et des retouches qu'elle appelle "l'Accord du Siècle". Cela nécessite de mettre en œuvre ce que l'Amérique avait décidé précédemment en transférant son ambassade à Al-Qods. L'Amérique veut atténuer la sensibilité de cette affaire en se focalisant sur l'Iran et en exagérant son rôle. Ce fut l'objet de la conférence avec les dirigeants ruwaibidhah (insignifiants) le 21/05/2017, quand Trump s'est adressé aux dirigeants et représentants de 55 pays du monde islamique pour justifier la conclusion d'accords de paix entre l'entité juive et le régime saoudien entre autres, et pour s'orienter vers l'application d'une certaine solution pour la cause palestinienne que l'Amérique n'a pas encore annoncée. Le régime saoudien en fait la promotion et fait pression sur l'Autorité Palestinienne pour qu'elle l'accepte. Autrement dit, Trump a travaillé à concentrer l'hostilité sur l'Iran au lieu de l'entité juive usurpatrice de la Palestine, terre de l'Isra' et du Mi'raj. L'Arabie Saoudite a suivi Trump en soutenant ses dires et en en faisant la promotion... C'est pourquoi l'intérêt américain a exigé de gonfler le sujet de l'accord nucléaire comme s'il s'agissait d'un accord de force pour l'Iran, alors qu'il est difficile pour Trump ou tout autre de trouver un accord plus humiliant pour l'Iran que celui-ci...
On a remarqué que l'Amérique se focalise sur l'Iran comme ennemi dans la région au lieu de l'entité juive. Par exemple, lors des récentes manifestations en Iran, l'Amérique s'est concentrée sur elles et a surfé sur la vague, bien que le rôle iranien dans la région soit une politique américaine minutieusement étudiée. La récupération américaine des manifestations en Iran ne visait pas à changer le régime mais avait d'autres objectifs que nous avons expliqués dans la réponse à une question du 11/01/2018, où il est dit : « ...Alors pourquoi l'Amérique a-t-elle surfé sur la vague ? C'est pour deux raisons importantes : la première est de détourner l'attention de la Palestine et de la déclaration de Trump sur Al-Qods, et d'occuper la région avec le sujet de l'Iran, qui devient ainsi l'ennemi numéro un, afin que l'attention sur l'entité juive usurpatrice s'estompe... La deuxième est de justifier le maintien des agents de l'Amérique dans la région sous prétexte qu'elle s'oppose à l'Iran et les protège du danger iranien. La déclaration de Trump sur Al-Qods comme capitale de l'entité juive... a été une gifle pour les agents de l'Amérique... Al-Qods est dans les cœurs et les esprits des musulmans, et le silence de ces agents face à la déclaration de Trump tout en restant des agents dévoués à l'Amérique est un immense scandale pour eux... Les déclarations croissantes de Trump contre l'Iran ont été la paille à laquelle ils se sont accrochés pour justifier leur allégeance à l'Amérique malgré sa position sur Al-Qods... en disant que Trump s'oppose à l'Iran, l'ennemi juré ! C'est une excuse plus laide que le péché lui-même. »
قَاتَلَهُمُ اللَّهُ أَنَّى يُؤْفَكُونَ
« Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ? » (QS Al-Munafiqun [63]: 4)
4- L'accord nucléaire a eu pour pivot l'Amérique, et l'Europe a accepté la formulation américaine de l'accord, se contentant d'en être signataire... Nous avions expliqué la position de l'Europe lors des négociations dans la réponse du 22/07/2015 : « ...Ainsi, il ne restait plus aux Européens, ayant réalisé qu'ils ne pouvaient empêcher l'accord américano-iranien ni influencer l'hégémonie américaine, qu'à se diriger vers l'Iran pour obtenir des gains par des investissements et des projets, car ils souffrent d'une crise financière. À travers cela, ils peuvent travailler à long terme à l'intérieur de l'Iran pour restaurer une partie de l'influence européenne aux côtés de l'influence américaine... ». C'est ainsi que l'Europe a profité de l'accord pour s'ouvrir commercialement à l'Iran, faisant augmenter la balance commerciale entre l'Europe et l'Iran, tandis que les échanges avec l'Amérique étaient relativement faibles avant l'accord et durant les sanctions. Ce fut la troisième raison qui a poussé Trump à précipiter l'annulation de l'accord comme un coup porté à l'Europe, particulièrement sur le plan commercial... Trump a annoncé le 7 mai 2018 sur Twitter qu'il avançait sa décision du 12 mai au 8 mai. On remarque que cet avancement est dû aux mouvements européens tentant de le dissuader de se retirer. Le site Al-Araby Al-Jadeed a rapporté d'après le site Axios que le secrétaire d'État américain Mike Pompeo avait informé ses homologues européen, français, britannique et allemand le vendredi 04/05/2018 de l'intention du président Trump d'annoncer le retrait de son pays, et qu'il avait rejeté les arrangements formulés avec les négociateurs américains ces derniers mois concernant une modification potentielle de l'accord. L'Amérique n'a pas accepté de coopérer avec les Européens, ce qui montre qu'elle a d'autres calculs et veut écarter les Européens.
5- L'Europe a compris que l'annulation de l'accord lui causerait un préjudice commercial majeur, prélude à un préjudice politique. C'est pourquoi elle a multiplié les rencontres avec Trump pour le dissuader. Macron s'est rendu en Amérique mais a échoué, suivi par la chancelière allemande Merkel ; ils ont fait des concessions mais l'Amérique a refusé. La position européenne est apparue faible. La Grande-Bretagne a ensuite bougé, contactant Macron et Merkel pour réaffirmer leur attachement à l'accord. Le ministre britannique des Affaires étrangères Johnson s'est rendu en Amérique et a déclaré que le monde est plus sûr avec l'accord. Trump a alors avancé la date au 8 mai pour couper court aux manœuvres de l'Europe, ne leur accordant aucune importance car les institutions américaines ont vu dans ces trois raisons un intérêt moteur pour annuler l'accord.
6- Quant aux réactions, elles furent les suivantes :
a- L'Europe est triste, pleine de regret et d'inquiétude ! La chancelière Merkel a déclaré : « La décision du président américain Trump concernant l'accord est grave et suscite regret et inquiétude. Nous resterons engagés envers cet accord et ferons tout le nécessaire pour garantir que l'Iran s'y conforme. L'Allemagne a pris cette décision en coopération avec la Grande-Bretagne et la France. La voie de la solution doit être le dialogue commun. L'Europe doit assumer plus de responsabilités en politique étrangère et de sécurité. » (DPA, Reuters, 09/05/2018). Elle exprime ainsi la déception de l'Europe face à son échec devant l'Amérique. Les Européens avaient tenté de ménager Trump en proposant de nouvelles négociations, mais il ne les a pas écoutés et les a surpris par l'avancement de son annonce.
Au cours de la deuxième semaine de mai 2018, des déclarations européennes contradictoires sont apparues, reflétant leur désarroi. D'un côté, certains ont montré de la défiance : Federica Mogherini a déclaré : « Je suis particulièrement préoccupée par l'annonce de ce soir (celle de Trump) concernant de nouvelles sanctions. L'Union européenne est déterminée à préserver l'accord. » (Reuters, 08/05/2018). Le ministre français Jean-Yves Le Drian a affirmé : « L'accord n'est pas mort. » (Al Jazeera, 09/05/2018). La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont affirmé leur engagement dans un communiqué commun. Johnson a déclaré devant son parlement : « La décision de Washington ne change pas notre position. » (The Guardian, 09/05/2018).
D'un autre côté, certaines déclarations ont montré un recul par crainte pour leurs entreprises. Norbert Röttgen, responsable de la politique étrangère du parti de Merkel, a déclaré qu'il serait difficile de respecter l'accord sans l'Amérique car les entreprises européennes pourraient subir de lourdes sanctions américaines. Le ministre français Le Drian a également mentionné que les autorités rencontreraient les entreprises françaises travaillant en Iran pour voir comment les protéger autant que possible des mesures américaines.
b- Quant à la position iranienne, elle se caractérise par un calme relatif et une certaine méfiance envers l'Europe. Le président Hassan Rohani a qualifié la décision de Trump de « guerre psychologique et pression économique ». Il a ajouté que son pays resterait engagé « à condition que l'Iran s'assure dans les semaines à venir qu'il obtiendra les pleins avantages de l'accord avec la garantie des autres parties ». (Télévision officielle iranienne, 09/05/2018). Le président du Parlement iranien Ali Larijani a rappelé que « l'Europe s'était déjà pliée aux pressions américaines par le passé... nous ne pouvons pas accorder beaucoup de confiance à leurs déclarations ». (Deutsche Welle, 09/05/2018). L'Iran craint pour ses intérêts et sait que si les sanctions sont appliquées, les dommages seront réels.
c- Quant à la Russie, elle n'a pas unifié sa position avec l'Europe et a agi seule. Lavrov a déclaré : « La Russie est profondément déçue par la décision de Trump... Il n'y a pas et il ne peut y avoir de justifications pour l'annulation de l'accord qui a prouvé sa pleine efficacité. » (Al Jazeera, 09/05/2018). Elle parle timidement de coopération avec les autres parties sans les avoir contactées formellement, alors que les Européens ont décidé de négocier avec l'Iran sans elle. La Russie est dans une position délicate, incapable de suivre l'Amérique car cela contredit ses intérêts avec l'Iran, et incapable de suivre les Européens qui tendent leurs relations avec elle.
d- Quant à la Chine, son envoyé spécial pour le Moyen-Orient a déclaré que « toutes les parties doivent respecter l'accord et utiliser le dialogue ». (Xinhua, 09/05/2018). C'est une déclaration vague. La Chine ne peut être comptée pour sa faiblesse diplomatique face à l'Amérique, ne pensant qu'à ses relations commerciales.
En conclusion : Trump n'a pas annoncé son retrait parce que l'accord nucléaire était une victoire pour l'Iran ou pour élever son rang, mais la réalité de l'accord, comme au temps d'Obama, est une humiliation pour l'Iran. Trump s'est retiré car l'intérêt de l'Amérique l'exige désormais pour les trois facteurs mentionnés :
a- Le besoin du rôle iranien, particulièrement celui de 2015, n'est plus le même aujourd'hui.
b- L'exagération de l'hostilité américaine envers l'Iran, surtout devant l'Arabie Saoudite, pour que cette hostilité remplace celle envers l'entité juive.
c- Discipliner l'Europe, surtout sur le plan commercial, car elle a profité de l'accord pour s'ouvrir à l'Iran au détriment de ses relations commerciales avec l'Amérique.
L'Amérique et l'Occident, à l'instar de leurs prédécesseurs parmi les mécréants et les polythéistes, ne respectent aucun pacte et ne gardent aucun engagement. Ils violent les pactes et les traités à chaque fois et ne craignent rien. Où sont-ils par rapport aux valeurs de l'Islam et à ses lois qui imposent la fidélité aux contrats et aux pactes ? Allah le Très-Haut dit :
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَوْفُوا بِالْعُقُودِ
« Ô les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements. » (QS Al-Ma'idah [5]: 1)
Vraiment, combien l'humanité a-t-elle besoin aujourd'hui, après que les mécréants ont multiplié la corruption sur terre, opprimé les serviteurs et détruit les cultures et les troupeaux, combien a-t-elle besoin de l'État de l'Islam, le « Califat (Khilafah) » bien guidé qui respecte les contrats, garde les pactes et répand parmi les gens la justice, la sécurité et la sûreté... Accourez donc, ô musulmans, à son instauration, car c'est en elle que résident la puissance, la souveraineté et la gloire. Le Messager d'Allah ﷺ a dit la vérité en décrivant le Calife comme une protection pour la nation contre tout mal, faiblesse et humiliation :
إِنَّمَا الْإِمَامُ جُنَّةٌ يُقَاتَلُ مِنْ وَرَائِهِ وَيُتَّقَى بِهِ
« Certes, l’Imam est un bouclier derrière lequel on combat et par lequel on se protège. » (Rapporté par Muslim d'après Abu Hurayrah).
Le 27 de Cha’ban 1439 H. 13/05/2018 م.