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Questions & Réponses

Réponse à une question : L'innovation de la distanciation dans la prière en assemblée

October 22, 2020
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Série de réponses de l'éminent savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Ameer du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »

Réponse à une question

Aux frères et à la sœur : (Ferid Saad, Asid Salim, Safa Muhammad, Hassan Yaser, Nasir al-Islam, Al-Riyahi Abu Fatima)

Voici la réponse concernant la prière du vendredi au sujet de laquelle vous avez posé des questions :

1- Nous avons déjà publié une réponse concernant la prière du vendredi le 2 Cha'ban 1441 de l'Hégire (26/03/2020), ainsi que le 18 Cha'ban 1441 de l'Hégire (11 avril 2020), puis le 17 Chawwal 1441 de l'Hégire (08/06/2020). Ces réponses étaient suffisantes concernant vos interrogations, car il y était mentionné :

Premièrement : Notre réponse du 2 Cha'ban 1441 de l'Hégire (26/03/2020), où il est dit :

(...Quant à la prière du vendredi, c'est une obligation individuelle (fard 'ayn) :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نُودِيَ لِلصَّلَاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ وَذَرُوا الْبَيْعَ

"Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout commerce." (QS. Al-Jumu'ah [62]: 9)

L'ordre dans ce verset indique l'obligation, car il est accompagné d'un indice (قرينة) qui est l'interdiction d'une chose initialement autorisée (le commerce), ce qui prouve une demande impérative. Al-Hakim a rapporté dans Al-Mustadrak 'ala al-Sahihayn d'après Tariq bin Shihab, d'après Abu Musa, que le Prophète ﷺ a dit :

الْجُمُعَةُ حَقٌّ وَاجِبٌ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ فِي جَمَاعَةٍ إِلَّا أَرْبَعَةٌ: عَبْدٌ مَمْلُوكٌ، أَوِ امْرَأَةٌ، أَوْ صَبِيٌّ، أَوْ مَرِيضٌ

"Le Vendredi est une obligation pour tout musulman en assemblée, à l'exception de quatre : l'esclave, la femme, l'enfant ou le malade."

Al-Hakim a déclaré : "C'est un hadith authentique selon les conditions des deux Cheikhs (Al-Bukhari et Muslim)". Elle n'est pas obligatoire pour celui qui a peur, selon ce qui a été rapporté par Ibn Abbas (qu'Allah soit satisfait d'eux deux) que le Prophète ﷺ a dit :

مَنْ سَمِعَ النِّدَاءَ فَلَمْ يُجِبْهُ فَلَا صَلَاةَ لَهُ إلَّا مِنْ عُذْرٍ، قَالُوا: يَا رَسُولَ اللهِ وَمَا الْعُذْرُ؟ قَالَ: خَوْفٌ أَوْ مَرَضٌ

"Celui qui entend l'appel et n'y répond pas, sa prière n'est pas valide, sauf s'il a une excuse. Ils dirent : Ô Messager d'Allah, quelle est l'excuse ? Il répondit : La peur ou la maladie." (Rapporté par Al-Bayhaqi dans Al-Sunan al-Kubra). Ainsi... le vendredi est obligatoire pour tout musulman, sauf pour celui qui fait l'objet d'un texte législatif l'en dispensant...) Fin de citation.

Deuxièmement : Notre réponse du 18 Cha'ban 1441 de l'Hégire (11 avril 2020), où il est dit :

(...Sa parole exaltée soit-Il :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نُودِيَ لِلصَّلَاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ وَذَرُوا الْبَيْعَ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ

"Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout commerce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez !" (QS. Al-Jumu'ah [62]: 9)

Le musulman doit donc accourir à la prière sans en être empêché : "accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout commerce". L'acte d'y accourir est obligatoire car il est lié à l'abandon d'une chose licite... C'est-à-dire que la prière ne doit pas se faire dans un lieu privé comme les maisons, où l'interdiction d'accès est permise... C'est pourquoi il a été mentionné dans la réponse que la fermeture des mosquées par les gouvernants et l'interdiction d'y prier est une chose interdite et constitue un grand péché pour ces gouvernants. Par conséquent, si les gouvernants empêchent l'accomplissement de la prière du vendredi à la mosquée et qu'il n'y a pas d'autre endroit disponible que les maisons, elle est alors priée à la maison comme la prière du Dhuhr (quatre rak'ahs), et l'État qui ferme les mosquées commet un grand péché...

Quant au sujet de la prise en compte des causes (Al-Akhdh bil-Asbab), c'est un principe correct mais sans contrevenir à la législation (Shar'). Ici, prendre en compte les causes signifie que le malade ne se rend pas à la prière du vendredi tandis que les personnes en bonne santé s'y rendent... Nous avons mentionné dans la réponse ce qui suffit pour démontrer qu'il ne faut pas fermer les mosquées afin que les bien portants puissent prier, tout en prenant des mesures pour que les personnes atteintes d'une maladie contagieuse n'assistent pas à la prière, et cela est clair... On ne peut pas dire que les bien portants pourraient être porteurs du Corona sans que les symptômes ne soient apparents, et qu'ainsi tout le monde devrait être interdit de mosquée, c'est-à-dire interdire aux habitants de la planète l'accès aux mosquées... C'est un argument qui ne repose sur aucune preuve, ni même sur une forte présomption (ghalabat al-zhann) !...) Fin de citation.

Troisièmement : Notre réponse du 08/06/2020, où il est mentionné à la fin :

(Sixièmement : La conclusion de ce qui précède est la suivante :

1- Modifier la modalité (kayfiyyah) expliquée par le Messager ﷺ pour la prière est considéré comme une innovation (bid'ah). Au contraire, le jugement légal dans ce cas est que celui qui est en bonne santé se rend à la prière comme d'habitude, dans des rangs serrés et sans espaces, et celui qui est atteint d'une maladie contagieuse ne s'y rend pas afin de ne pas contaminer les autres.

2- Si l'État ferme les mosquées et empêche ainsi les personnes en bonne santé de fréquenter les mosquées pour le vendredi et les prières en assemblée, il commet un grand péché pour avoir suspendu la prière du vendredi et de l'assemblée. Les mosquées doivent rester ouvertes pour la prière telle que le Messager ﷺ l'a expliquée.

3- De même, si l'État empêche les fidèles d'accomplir la prière selon la modalité expliquée par le Messager d'Allah ﷺ, mais leur impose au contraire une distanciation d'un mètre ou deux entre chaque fidèle par crainte de contagion, surtout en l'absence de symptômes de maladie, alors il commet par cela un grand péché.

C'est là le jugement légal que je privilégie dans cette question, et Allah est plus Savant et plus Sage... Je Lui demande, exalté soit-Il, de guider les musulmans vers ce qu'il y a de plus juste, qu'ils L'adorent comme Il l'a ordonné, qu'ils s'attachent à la voie de Son Messager ﷺ et qu'ils instaurent la législation pure sans déviance en établissant le Califat Rachida (Califat bien guidé)... Car en cela résident le bien et la victoire, par la volonté d'Allah, à qui rien n'échappe sur terre ni dans les cieux, et Il est le Puissant, le Sage...) Fin de citation.

Quatrièmement : Il est clair d'après ce qui précède que le vendredi est une obligation individuelle (fard 'ayn), et qu'il doit être accompli selon la modalité expliquée par le Messager ﷺ, avec ses piliers, ses conditions de validité et le resserrement des rangs de la manière légale telle que nous l'avons expliquée dans nos réponses précédentes... Le fait que l'autorité empêche son accomplissement de cette manière est un grand péché qui incombe à l'autorité, que ce soit par la fermeture des mosquées par l'État ou par l'interdiction de l'accomplissement selon la forme légale...

Étant donné que le vendredi est une obligation individuelle, tout musulman responsable (mukallaf) doit y accourir et l'accomplir selon la forme légale, avec ses piliers, ses conditions de validité, le resserrement des rangs, etc. S'il ne le peut pas à cause d'un obstacle physique ou d'un gouvernant injuste qui empêche l'accomplissement du vendredi de manière légale et impose aux fidèles l'innovation de la distanciation, et que le fidèle ne peut l'empêcher, alors qu'il prie selon sa capacité et le gouvernant injuste portera le péché...

Le Messager ﷺ a dit, dans ce qu'ont rapporté Al-Bukhari et Muslim (qu'Allah leur fasse miséricorde) d'après Abu Hurayrah (qu'Allah soit satisfait de lui) :

وَإِذَا أَمَرْتُكُمْ بِأَمْرٍ فَأْتُوا مِنْهُ مَا اسْتَطَعْتُمْ

"Et si je vous ordonne une chose, accomplissez-en ce que vous pouvez." (La formulation est celle d'Al-Bukhari). Ainsi, si le musulman peut prier le vendredi (l'obligation individuelle) en rangs serrés, il doit prier de cette manière car la distanciation est une innovation tant qu'il peut l'éviter. Mais s'il ne le peut pas à cause de l'action de l'autorité pécheresse, alors il prie selon ce qui lui est possible. An-Nawawi (décédé en 676 H) a dit dans son livre (Al-Minhaj Sharh Sahih Muslim bin al-Hajjaj) en expliquant ce hadith selon la version de Muslim : D'après Abu Hurayrah, le Messager d'Allah ﷺ a dit : "...Et si je vous ordonne une chose, accomplissez-en ce que vous pouvez". An-Nawawi dit dans son explication : [« Et si je vous ordonne une chose, accomplissez-en ce que vous pouvez » : ceci fait partie des règles importantes de l'Islam et des paroles globales (jawami' al-kalim) données au Prophète ﷺ. S'y insèrent d'innombrables jugements comme la prière sous toutes ses formes ; si quelqu'un est incapable d'accomplir certains de ses piliers ou certaines de ses conditions, il accomplit le reste... Et Allah sait mieux.] Fin de citation.

Cinquièmement : Ainsi, les frères qui posent la question doivent accourir à la prière du vendredi, car c'est une obligation individuelle (fard 'ayn) :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نُودِيَ لِلصَّلَاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ وَذَرُوا الْبَيْعَ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ

"Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout commerce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez !" (QS. Al-Jumu'ah [62]: 9)

Et d'après le Prophète ﷺ, qui a dit :

الْجُمُعَةُ حَقٌّ وَاجِبٌ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ فِي جَمَاعَةٍ إِلَّا أَرْبَعَةٌ: عَبْدٌ مَمْلُوكٌ، أَوِ امْرَأَةٌ، أَوْ صَبِيٌّ، أَوْ مَرِيضٌ

"Le Vendredi est une obligation pour tout musulman en assemblée, à l'exception de quatre : l'esclave, la femme, l'enfant ou le malade." (Rapporté par Al-Hakim qui a dit : Hadith authentique selon les conditions des deux Cheikhs). Ils doivent l'accomplir selon la modalité expliquée par le Messager ﷺ dans des rangs serrés. S'ils ne peuvent pas le faire parce que les autorités les en empêchent et les forcent à la distanciation, qu'ils prient alors selon leur capacité, et qu'ils travaillent avec sérieux et assiduité pour établir le Califat Rachida afin que les jugements légaux soient appliqués tels quels sans déviation, par la réussite et l'aide d'Allah...

J'espère que cela sera suffisant, et Allah est plus Savant et plus Sage.

Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah

27 Safar al-Khayr 1442 H 14/10/2020

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