Série de réponses du noble savant Ata bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »
Réponse à une question
La signification par exigence (Dalalat al-Iqtida)
À Zahid Talib Na’im
Question :
Assalamou Alaikoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou,
Sujet : La signification par exigence (Dalalat al-Iqtida).
Notre noble Cheikh, qu'Allah bénisse vos efforts, guide vos pas et vous aide dans ce qu'Il aime et agréé.
Il est mentionné dans le livre La Personnalité Islamique (Ash-Shakhsiyya al-Islamiyya), tome 3, au sujet de « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est lui-même obligatoire », page 44, ce qui suit : « que la cause soit légale (Shar’i), comme la formule concernant l'affranchissement obligatoire ». Il semble qu'il fasse référence au verset sur l'expiation du Dhihar dans la parole d'Allah (swt) :
وَالَّذِينَ يُظَاهِرُونَ مِن نِّسَائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا قَالُوا فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مِّن قَبْلِ أَن يَتَمَاسَّا ذَٰلِكُمْ تُوعَظُونَ بِهِ وَاللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ خَبِيرٌ * فَمَن لَّمْ يَجِدْ فَصِيَامُ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ مِن قَبْلِ أَن يَتَمَاسَّا فَمَن لَّمْ يَسْتَطِعْ فَإِطْعَامُ سِتِّينَ مِسْكِينًا ذَٰلِكَ لِتُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ
« Ceux qui comparent leurs femmes au dos de leurs mères, puis reviennent sur ce qu'ils ont dit, doivent affranchir un esclave avant d'avoir tout contact charnel entre eux. Voilà ce qui vous est enjoint. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Mais celui qui n'en trouve pas les moyens doit jeûner deux mois consécutifs avant d'avoir tout contact charnel avec sa femme. S'il ne peut le faire, il doit nourrir soixante pauvres. Cela, pour que vous croyiez en Allah et en Son messager. » (Sourate Al-Mujadilah [58]: 3-4)
Ou le verset sur l'expiation de l'homicide involontaire dans Sa parole :
وَمَا كَانَ لِمُؤْمِنٍ أَن يقتُلَ مُؤْمِنًا إِلَّا خَطَأً وَمَن قَتَلَ مُؤْمِنًا خَطَأً فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مُّؤْمِنَةٍ وَدِيَةٌ مُّسَلَّمَةٌ إِلَىٰ أَهْلِهِ إِلَّا أَن يَصَّدَّقُوا فَإِن كَانَ مِن قَوْمٍ عَدُوٍّ لَّكُمْ وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مُّؤْمِنَةٍ وَإِن كَانَ مِن قَوْمٍ بَيْنَكُمْ وَبَيْنَهُم مِّيثَاقٌ فَدِيَةٌ مُّسَلَّمَةٌ إِلَىٰ أَهْلِهِ وَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مُّؤْمِنَةٍ فَمَن لَّمْ يَجِدْ فَصِيَامُ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ تَوْبَةً مِّنَ اللَّهِ وَكَانَ اللَّهُ عَلِيمًا حَكِيمًا
« Il n'appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu'il affranchisse alors un esclave croyant et paie le prix du sang (diya) à sa famille, à moins que celle-ci n'y renonce par charité. Si le tué appartenait à un peuple ennemi de vous tout en étant croyant, l'assassin doit affranchir un esclave croyant. S'il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on paie alors le prix du sang à sa famille et qu'on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n'en trouve pas les moyens doit jeûner deux mois consécutifs à titre de repentir devant Allah. Allah est Omniscient et Sage. » (Sourate An-Nisa [4]: 92)
Il est également mentionné dans le même livre, page 182 : « La signification par exigence (Dalalat al-Iqtida) est celle où le nécessaire est déduit du sens des mots, en étant une condition du sens indiqué par correspondance (al-Mutabaqa). »
Deux questions me posent problème :
Premièrement : Pourquoi a-t-on mentionné la condition (ash-Shart) sans mentionner la cause (as-Sabab), alors que la formule est une cause par rapport à l'affranchissement obligatoire ? Il me semble que la formule est obligatoire par la signification par exigence.
Deuxièmement : Pourquoi avoir mentionné la correspondance (al-Mutabaqa) sans l'inclusion (at-Tadammun) ?
J'espère ne pas vous avoir importuné avec ces questions, et qu'Allah vous bénisse.
Réponse :
Wa Alaikoum Assalam Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou,
Première question : Vous demandez pourquoi la condition a été mentionnée dans la signification par exigence (Dalalat al-Iqtida) et non la cause. Il semble que vous ayez compris de La Personnalité Islamique, à travers l'exemple « Affranchis ton esclave pour moi », que cela exige la condition de propriété, et c'est ainsi que la condition a été retenue dans la définition... Et vous avez compris de la règle « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie » dans l'exemple « comme la formule dans l'affranchissement obligatoire » où il est mentionné que la formule est une cause. Vous avez estimé que cela relève de l'exigence (Iqtida) tout en étant une cause, et vous vous êtes donc demandé pourquoi la cause n'a pas été mentionnée dans la définition de la signification par exigence au même titre que la condition.
La réponse est que la situation est différente. Cela s'éclaircit par la réalité de la signification par exigence et celle de « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie »... Ces deux réalités sont distinctes. La signification par exigence fait partie des recherches linguistiques liées à l'énoncé (al-Manṭūq) et au sens déduit (al-Mafhūm), etc. Quant à la règle « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est lui-même obligatoire » (Ma la yatimmu al-wajib illa bihi fahuwa wajib), c'est une règle jurisprudentielle (Qaidah Shar'iyya), c'est-à-dire un jugement global (Hukm Kulli). Il ne faut pas confondre l'une avec l'autre, car la signification par exigence se comprend selon les normes de la langue, tandis que la règle se comprend selon les preuves législatives dont elle a été extraite... C'est-à-dire que chacune des deux repose sur des règles propres, comme le montre la définition de chacune :
Premièrement : La signification par exigence (Dalalat al-Iqtida) : Les savants des fondements (Usuliyyun) ont donné trois définitions importantes de la signification par exigence :
La première : La condition ou la cause n'y sont pas mentionnées... Mais on y mentionne la signification par implication (Dalalat al-Iltizam) que l'énoncé exige pour la véracité du locuteur ou la validité de l'énoncé. Parmi ces définitions :
- Dans Al-Ihkam fi Usul al-Ahkam d'Abu al-Hasan Sayf al-Din al-Amidi (mort en 631 H) : « Le premier type est la signification par exigence (Dalalat al-Iqtida) : c'est ce dont la signification ne provient pas explicitement de sa formule ou de sa position initiale. Cela ne manque pas d'être soit intentionnel de la part du locuteur, soit non intentionnel. Si c'est intentionnel, soit la véracité du locuteur ou la validité de ce qui est prononcé en dépend, soit elle n'en dépend pas. Si elle en dépend, alors la signification du terme sur cet élément est appelée signification par exigence... ». Quelque chose de similaire est mentionné dans le livre Taysir al-Wusul ila al-Usul.
La seconde : Elle a conservé la même définition mais l'a davantage détaillée en abordant le discours de situation (Khitab al-Wad’), à savoir la condition (ash-Shart), à l'exclusion du reste. Elle a considéré que la condition est la première chose qui vient à l'esprit dans la signification par implication de l'énoncé, et que le reste y est rattaché par les preuves. C'est pourquoi, lorsqu'ils ont donné l'exemple de l'affranchissement, ils ont abordé la condition de l'affranchissement, qui est la propriété (al-Milkiyya), et n'ont pas abordé la cause de la propriété qu'est la formule, car celle-ci n'est pas atteinte par la signification par exigence mais par les preuves. L'exemple qu'ils ont donné « Affranchis ton esclave pour moi » permet de comprendre par exigence la réalisation préalable de la propriété pour que l'affranchissement soit valide. Quant à la cause du contrat de propriété par une formule spécifique, elle se comprend à partir des preuves législatives... Parmi ces définitions :
- Dans Al-Mustasfa de la science des fondements d'Abu Hamid Muhammad bin Muhammad al-Ghazali al-Tusi (mort en 505 H) : « Le second art : concernant ce qui est puisé des termes non pas de leur formule, mais de leur contenu et de leur indication. Il en existe cinq types. Le premier type : ce qu'on appelle exigence (Iqtida), c'est ce que le terme n'indique pas et qui n'est pas prononcé, mais qui relève de la nécessité du terme, soit parce que le locuteur ne peut être véridique que par cela, soit parce que l'existence de ce qui est prononcé est légalement (Shar’an) impossible sans cela, soit parce que sa confirmation est rationnellement impossible sans cela... Quant à l'exemple de ce qui est établi par exigence pour la conception de l'énoncé légalement, c'est la parole de celui qui dit : "Affranchis ton esclave pour moi". Cela implique et exige la propriété, bien que cela n'ait pas été prononcé. Mais l'affranchissement prononcé, sa validité légale est conditionnée par la préexistence de la propriété ; cela était donc l'exigence du terme... » Quelque chose de similaire est mentionné dans Al-Bahr al-Muhit d'az-Zarkashi (mort en 794 H).
La troisième : Elle a conservé les deux définitions précédentes mais a détaillé davantage la condition en disant que la condition du sens indiqué est par correspondance (al-Mutabaqa) et non par inclusion (at-Tadammun)... Parmi ces définitions :
- Dans Al-Mahsul de la science des fondements de Muhammad bin Omar bin al-Hussein ar-Razi (mort en 606 H) : « Quant à la division de la signification par implication (Dalalat al-Iltizam), nous disons : le sens tiré de la signification par implication est soit tiré des sens des mots isolés, soit de leur structure composée. Le premier est de deux types, car le sens indiqué par implication est soit une condition du sens indiqué par correspondance (al-Mutabaqa), soit lui est subordonné. Si c'est le premier, c'est ce qu'on nomme la signification par exigence (Dalalat al-Iqtida). Ensuite, cette conditionnalité peut être rationnelle comme dans sa parole (saw) : "L'erreur et l'oubli ont été levés pour ma communauté", car la raison indique que ce sens n'est correct que si nous y sous-entendons le jugement légal. Elle peut aussi être légale, comme celui qui dit : "Par Allah, j'affranchirai cet esclave", il lui est alors nécessaire d'obtenir la propriété car il ne peut remplir sa parole légalement qu'après cela... »
Comme nous l'avons dit, les trois définitions ne diffèrent pas globalement, mais seulement dans le détail concernant la condition...
Dans La Personnalité Islamique, tome 3, nous avons estimé que la définition selon les recherches linguistiques est celle qui traite de la condition et de la correspondance, nous avons donc dit :
« La signification par exigence est celle où le nécessaire est déduit du sens des mots, en étant une condition du sens indiqué par correspondance (al-Mutabaqa). Le nécessaire peut être exigé par la raison ou par la Shari'ah, soit pour la nécessité de la véracité du locuteur, soit pour la validité de l'énoncé. Exemple : la parole d'Allah (swt) :
قَاتِلُوا الَّذِينَ يَلُونَكُم
"Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous" (Sourate At-Tawbah [9]: 123). La parole "Combattez" implique l'ordre d'obtenir les outils de combat (armes, équipement, entraînement, etc.). C'est ce que la raison exige, et c'est une condition pour la validité de l'énoncé "Combattez". De même, si vous dites à quelqu'un : "Affranchis ton esclave pour moi pour mille dirhams", le sens nécessaire découlant de l'énoncé "affranchis l'esclave" est la vente ou le don. Ce sens est ce dont dépend la réalisation de cet énoncé légalement, car il n'y a pas d'affranchissement pour ce que le fils d'Adam ne possède pas. C'est comme s'il était dit : "Vends-moi cet esclave ou donne-le-moi, puis sois mon mandataire pour l'affranchissement". C'est ce que la Shari'ah exige, et c'est une condition pour la validité de l'énoncé "Affranchis". Un autre exemple est la parole du Prophète (saw) : "Certes, Allah a pardonné à ma communauté l'erreur, l'oubli et ce qu'ils ont été contraints de faire" (Rapporté par Ibn Majah). C'est-à-dire qu'Il a levé le jugement de l'erreur, de l'oubli et de la contrainte. Car il n'est pas véridique de dire que ces choses elles-mêmes ont été levées puisqu'elles se produisent réellement. C'est ce que la Shari'ah exige pour la nécessité de la véracité du locuteur. »
Comme vous le voyez, c'est une définition complète de la signification par exigence sous tous ses aspects, et c'est auprès d'Allah que l'on cherche l'aide.
Deuxièmement : Quant au jugement global « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie », sa définition ne s'arrête pas à la recherche linguistique mais la dépasse vers les preuves législatives... Ils ont donc étudié la chose sans laquelle l'obligation ne s'accomplit pas, qu'elle en soit une partie ou qu'elle lui soit extérieure comme la cause (as-Sabab), la condition (ash-Shart) et l'empêchement (al-Mani’). Ils ne se sont pas limités à la signification par exigence uniquement, mais se sont concentrés sur les preuves.
Par exemple, lorsqu'ils ont donné un exemple sur la cause dans le chapitre de « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie », ils ont dit : « que la cause soit légale comme l'affranchissement obligatoire ». C'est le cas où l'esclave vous appartient et que vous voulez l'affranchir ; la condition de propriété est donc remplie et vous voulez connaître la formule. Celle-ci ne se comprend pas par l'exigence (Iqtida) mais on s'appuie sur la preuve... La différence est claire entre cet exemple où il est déjà votre propriété, et l'exemple précédent dans votre parole « Affranchis ton esclave pour moi » : celui-ci se comprend par exigence, c'est-à-dire qu'il faut nécessairement que vous le possédiez d'abord, sinon comment l'affranchir alors qu'il appartient à autrui ?! La propriété est une condition pour la réalisation de l'énoncé.
Et parce que ce sont les preuves qui font foi ici, l'Ijtihad y a eu lieu... C'est pourquoi ils ont divergé sur la chose sans laquelle l'obligation ne s'accomplit pas : certains ont dit que cette chose est obligatoire si c'est une cause ou une condition... d'autres ont dit si c'est une cause et non une condition... d'autres si c'est une condition et non une cause... et d'autres encore ni l'un ni l'autre, préférant s'abstenir (at-Tawaqquf). Le détail de cela se trouve dans Al-Bahr al-Muhit (1/254) d'az-Zarkashi, ainsi que dans Sharh al-Kawkab al-Munir (1/182) de son auteur Taqi al-Din Abu al-Baqa al-Futūhi, connu sous le nom d'Ibn al-Najjar (mort en 972 H).
Quant à ce qui nous a semblé prépondérant et que nous avons mentionné dans La Personnalité Islamique, tome 3, basé sur les preuves dont cette règle a été extraite, c'est que toute chose sans laquelle l'obligation ne peut être accomplie est elle-même obligatoire, quelle que soit cette chose, qu'elle soit une cause ou une condition, et quel que soit son type... C'est pourquoi, après avoir dit dans la définition : « ce sans quoi l'obligation ne peut être accomplie est de deux types : l'un dont l'obligation est conditionnée par cette chose, et le second dont l'obligation n'est pas conditionnée par elle. Quant à ce dont l'obligation est conditionnée par elle, il n'y a pas de divergence sur le fait que l'accomplissement de la condition n'est pas obligatoire [en soi], mais l'obligation est ce dont la preuve a apporté l'obligation, comme l'obligation d'une prière spécifique qui est conditionnée par l'existence de la purification. La purification n'est pas obligatoire en tant qu'adresse concernant la prière, mais elle est une condition pour l'accomplissement de l'obligation. L'obligation dans l'adresse concernant la prière est la prière elle-même si la condition existe... ». Après avoir expliqué la réalité de la condition, nous avons conclu la recherche en disant :
« Le résultat est que la chose sans laquelle l'obligation ne peut être accomplie est obligatoire, soit par l'adresse de l'obligation elle-même, soit par une autre adresse, que cette chose soit une cause (Sabab) — ce dont l'existence entraîne l'existence et dont l'absence entraîne l'absence — ou une condition (Shart) — ce dont l'absence entraîne l'absence mais dont l'existence n'entraîne ni l'existence ni l'absence. Que la cause soit légale (Shar’i) comme la formule concernant l'affranchissement obligatoire, ou rationnelle (Aqli) comme la réflexion menant à la connaissance obligatoire, ou habituelle (Adi) comme le tranchage du cou pour le meurtre obligatoire. De même, que la condition soit légale comme les ablutions par exemple, ou rationnelle — ce qui est nécessaire à l'ordre rationnellement, comme le délaissement des contraires de l'acte ordonné — ou habituelle — qui ne s'en détache pas habituellement comme le lavage d'une partie de la tête dans les ablutions. Ainsi, l'obligation d'une chose impose l'obligation de ce sans quoi elle ne s'accomplit pas, c'est-à-dire que la prescription d'une chose exige la prescription de ce sans quoi elle ne s'accomplit pas. De là vient la règle : "Ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est lui-même obligatoire". » Fin de citation.
Ainsi, la réponse à la première question (pourquoi la condition a été citée dans la définition de la signification par exigence et non la cause) est devenue claire comme nous l'avons expliqué plus haut et je le répète ici :
« Parce que la condition est la première chose qui vient à l'esprit dans la signification par implication de l'énoncé, et que le reste y est rattaché par les preuves. C'est pourquoi, lorsqu'ils ont donné l'exemple de l'affranchissement, ils ont abordé la condition de l'affranchissement (la propriété) et non la cause de la propriété (la formule), car celle-ci n'est pas atteinte par la signification par exigence mais par les preuves. L'exemple "Affranchis ton esclave pour moi" permet de comprendre par exigence la réalisation de la propriété d'abord pour que l'affranchissement soit valide, alors que la cause du contrat de propriété par une formule spécifique se comprend à partir des preuves. »
À ma connaissance, les savants des fondements n'ont pas inclus la cause dans la définition de la signification par exigence... C'est la réponse à la première question selon mon savoir, et Allah est le plus Savant et le plus Sage.
Deuxième question : Quant à savoir pourquoi il est mentionné dans la définition : « La signification par exigence est celle où le nécessaire est déduit du sens des mots, en étant une condition du sens indiqué par correspondance (al-Mutabaqa). », en citant la correspondance et non l'inclusion (at-Tadammun), c'est parce que la signification par inclusion et la signification par implication sont des corollaires de la signification par correspondance, elles n'en sont pas l'origine... Voici l'explication :
L'origine de la signification est la correspondance (al-Mutabaqa), c'est-à-dire l'indication du mot sur la totalité de son sens. On ne détourne pas le mot vers une partie de son sens (c'est-à-dire vers l'inclusion) que par une spécification (Takhsis) ou une restriction (Taqyid)... En d'autres termes, seulement par une cause impérative selon les recherches linguistiques à ce sujet.
La signification par implication (Dalalat al-Iltizam) est le nécessaire mental de la signification du mot prononcé, elle en est donc le suivi. Puisque l'origine de la signification du mot est la correspondance, c'est-à-dire la totalité du sens, il en va de même pour son nécessaire, à savoir par la totalité du sens (« la correspondance »)... Et puisque ce nécessaire, comme nous l'avons expliqué dans la réponse à la première question, est une condition pour l'exécution du sens du mot prononcé, la définition de la signification par exigence a été formulée ainsi dans La Personnalité Islamique, tome 3 : « La signification par exigence est celle où le nécessaire est déduit du sens des mots, en étant une condition du sens indiqué par correspondance (al-Mutabaqa). »
Cela apparaît clairement dans la signification par exigence : ce qui est exigé par le texte (le nécessaire mental du texte) ne peut être que par correspondance (la totalité du sens) et rien n'en est exclu sauf par un texte. Par exemple :
« Et combattez... » : Le nécessaire mental, c'est-à-dire la signification par exigence, regroupe les outils de combat durant la guerre de manière générale avec toutes les armes possibles. On ne dit pas seulement avec l'épée, excluant le reste de la signification par implication, ou seulement avec le canon, excluant le reste, et ainsi de suite... Au contraire, c'est par la totalité du sens (« la correspondance ») que tout type d'arme possible pouvant être utilisé à la guerre entre dans l'implication...
« Et interroge la ville... » : Le nécessaire mental, c'est-à-dire la signification par exigence, désigne les gens, c'est-à-dire les habitants de la ville. Les frères de Yusuf (as) ont dit à leur père, pour prouver leur véracité, d'interroger les habitants de la ville, et cela s'entend par la totalité du sens, c'est-à-dire : interroge qui tu veux parmi les habitants de la ville et tu verras la véracité de nos dires... Il n'est pas envisageable ici que les frères de Yusuf aient voulu que leur père interroge une partie des habitants tout en lui interdisant d'interroger l'autre partie, car cela serait un argument contre eux et non en leur faveur, signifiant qu'ils auraient voulu qu'il interroge des gens spécifiques de connivence avec eux ! C'est pourquoi le sens changerait... Ainsi, la signification par exigence (« les gens ») se fait par la totalité du sens (« la correspondance »).
« Affranchis ton esclave pour moi... » : Le nécessaire mental est que vous le possédiez puis que vous l'affranchissiez. La propriété ici consiste à le posséder entièrement pour qu'il vous soit permis de l'affranchir, donc par correspondance (« la totalité du sens »), et ainsi de suite.
Ainsi, le sens du « nécessaire mental du mot prononcé » doit être par correspondance, c'est-à-dire par la totalité du sens, et rien n'en est exclu sauf par un texte... et non par une partie du sens (« l'inclusion »)...
J'espère que cette réponse est suffisante, et Allah est le plus Savant et le plus Sage.
Votre frère Ata bin Khalil Abu al-Rashtah
03 Safar 1441 H correspondant au 02/10/2019 G