Question :
L'un de nos jeunes souhaite s'acquitter de la diya en argent, soit 12 000 dirhams, afin de faciliter les choses pour les gens. Est-il permis de juger par la diya en argent si les gens ne l'achètent pas, ne l'utilisent pas dans leurs transactions pour les diyat ou les dots, et ne l'épargnent pas comme richesse, mais l'achètent seulement un peu pour l'ornement ? Sachant que les juristes fixent la diya en chameaux pour les propriétaires de chameaux, en or pour les détenteurs d'or, et en argent (al-wariq) pour les détenteurs d'argent ? Qu'Allah vous récompense par le bien.
Réponse :
La diya pour les propriétaires de chameaux est de cent chameaux, pour les détenteurs d'or elle est de mille dinars, et pour les détenteurs d'argent, elle est de douze mille dirhams. Ceci est exact.
Toutefois, la monnaie papier actuelle n'est couverte ni par l'or ni par l'argent ; elle ne relève donc ni de la catégorie des détenteurs d'or, ni de celle des détenteurs d'argent.
Elle a été considérée comme une monnaie par analogie (qiyas) en raison de la présence d'une raison légale ('illah) déduite du texte, à savoir le caractère monétaire (an-naqdiyyah), comme cela est expliqué dans le chapitre concerné du livre Al-Amwal (Les Richesses) et d'autres de nos ouvrages.
L'application de ces papiers monnaies dans les diyat dépend de l'effort de réflexion (ijtihad) sur la question. Ce que je préconise est qu'il n'y a pas de mal à les évaluer par l'argent pour la diya de l'homicide par erreur (al-qatl al-khata'), car celui à qui est attribué l'homicide par erreur n'a pas commis de péché. La diya n'est pas due parce qu'il a commis un acte illicite (haram), mais elle est ici présente pour une sagesse qu'Allah seul connaît. Ainsi, le plus léger des deux montants pour le paiement de la diya par erreur convient au fait que le meurtrier n'a pas commis de péché.
Quant à la diya de l'homicide volontaire (al-qatl al-'amd), je considère qu'il faut l'évaluer en or, car l'auteur d'un homicide volontaire a commis un acte illicite. L'allègement ne lui convient donc pas ; au contraire, c'est le plus élevé des deux montants qui lui est approprié.
Par contre, si ces billets de banque étaient des monnaies représentatives de l'or ou de l'argent, leur détenteur serait alors traité selon le métal (or ou argent) qu'ils représentent.
Je demande à Allah Subhanahou wa Ta'ala d'avoir été guidé vers la vérité en cela.