Série de réponses du grand savant Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah, émir du Hizb ut-Tahrir aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »
À Nabil Abu al-Abd
Question :
Assalamou Alaikoum wa Rahmatoullah,
Il est rapporté dans nos livres le récit du jugement de Sa'd ibn Mu'adh concernant les Juifs de Banu Qurayza, ordonnant l'exécution de leurs hommes, la confiscation de leurs biens et la capture de leurs femmes, alors que le jugement concernant les prisonniers mentionné dans le texte définitif du Coran est soit la grâce (al-mann), soit la rançon (al-fida'). Ce jugement de Sa'd est-il considéré comme étant en contradiction avec le jugement du Coran, entraînant ainsi le rejet de ce récit, ou y a-t-il une autre explication ?
Réponse :
Wa Alaikoum Assalam wa Rahmatoullahi wa Barakatouh,
La réponse à votre question se trouve résumée de manière explicite dans le livre Ash-Shakhsiya Al-Islamiya (La Personnalité Islamique), Volume 2, au chapitre « Les Prisonniers », où il est mentionné ce qui suit concernant l'arbitrage de Sa'd ibn Mu'adh (ra) :
« Lorsque les musulmans capturent des prisonniers de l'ennemi, le sort de ces prisonniers est directement confié au Calife, et non à ceux qui les ont capturés, ni au commandant de la bataille ou au chef de l'armée. Car lorsqu'un combattant devient prisonnier, son sort dépend de l'avis du Calife, et le Calife suit en cela le jugement de la Shari'ah concernant les prisonniers. Le jugement concernant les prisonniers, établi par le texte définitif du Coran, est que le Calife a le choix entre leur accorder la grâce ou accepter une rançon. Le jugement des prisonniers est donc soit la grâce, soit la rançon, conformément à la parole d'Allah (swt) :
فَإِذَا لَقِيتُمُ الَّذِينَ كَفَرُوا فَضَرْبَ الرِّقَابِ حَتَّى إِذَا أَثْخَنْتُمُوهُمْ فَشُدُّوا الْوَثَاقَ فَإِمَّا مَنّاً بَعْدُ وَإِمَّا فِدَاءً حَتَّى تَضَعَ الْحَرْبُ أَوْزَارَهَا
"Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru, frappez-les aux cols. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c'est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu'à ce que la guerre dépose ses fardeaux." (Sourate Muhammad [47] : 4)
Ceci est explicite concernant le jugement des prisonniers...
Tout ceci démontre clairement que le Calife a le choix entre deux options pour les prisonniers, et rien d'autre : soit la grâce, soit la rançon. Quant à ce qui a été rapporté concernant le fait que le Prophète (saw) a tué les hommes de Banu Qurayza, cela s'est fait sur la base du jugement de l'arbitre lors de l'arbitrage, et non parce qu'ils étaient des prisonniers de guerre...
Le jugement des prisonniers reste donc le choix laissé au Calife entre la grâce et la rançon, exclusivement. Ce jugement demeure valable jusqu'au Jour de la Résurrection ; ainsi, si l'État Islamique combat ses ennemis, il traite les prisonniers en choisissant entre la grâce et la rançon... » Fin de citation.
Le jugement concernant les prisonniers établi dans le Coran est donc la grâce ou la rançon :
فَإِذَا لَقِيتُمُ الَّذِينَ كَفَرُوا فَضَرْبَ الرِّقَابِ حَتَّى إِذَا أَثْخَنْتُمُوهُمْ فَشُدُّوا الْوَثَاقَ فَإِمَّا مَنّاً بَعْدُ وَإِمَّا فِدَاءً حَتَّى تَضَعَ الْحَرْبُ أَوْزَارَهَا
"Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru, frappez-les aux cols. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c'est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu'à ce que la guerre dépose ses fardeaux." (Sourate Muhammad [47] : 4)
C'est un jugement clair et explicite... mais il s'applique aux combattants que les musulmans capturent, c'est-à-dire ceux que les musulmans emmènent comme prisonniers...
En revanche, ce qui s'est passé avec les Banu Qurayza ne relève pas de ce chapitre, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas du cas des prisonniers. Ce qui s'est passé, c'est que lorsque le Prophète (saw) a assiégé les Banu Qurayza pour les combattre, ils se sont soumis à son jugement, acceptant de se rendre sans combattre à condition que Sa'd ibn Mu'adh (ra) statue sur leur sort. Al-Boukhari a rapporté d'après Abou Sa'id al-Khoudri (ra) qu'il a dit : « Lorsque les Banu Qurayza se sont soumis au jugement de Sa'd (il s'agit d'Ibn Mu'adh), le Messager d'Allah (saw) l'envoya chercher alors qu'il était proche. Il arriva sur un âne, et lorsqu'il approcha, le Messager d'Allah (saw) dit :
قُومُوا إِلَى سَيِّدِكُمْ
"Levez-vous pour votre chef."
Il vint alors s'asseoir à côté du Messager d'Allah (saw) qui lui dit :
إِنَّ هَؤُلَاءِ نَزَلُوا عَلَى حُكْمِكَ
"Ceux-là se sont soumis à ton jugement."
Sa'd dit alors : "Je juge que les combattants soient tués et que la progéniture soit prise en captivité." Le Prophète (saw) dit alors :
لَقَدْ حَكَمْتَ فِيهِمْ بِحُكْمِ الْمَلِكِ
"Tu as jugé à leur égard selon le jugement du Roi (Allah)."
Al-Boukhari a également rapporté dans son Sahih d'après Aïcha (ra) qu'elle a dit : « Sa'd fut blessé le jour de la Tranchée (Al-Khandaq) par un homme de Quraish... Lorsque le Messager d'Allah (saw) revint de la Tranchée, il déposa les armes et se lava. Jibril (as) vint alors à lui, secouant la poussière de sa tête, et lui dit : "Tu as déposé les armes ? Par Allah, je ne les ai pas déposées. Sors vers eux." Le Prophète (saw) demanda : "Où ?" Il désigna alors les Banu Qurayza. Le Messager d'Allah (saw) se rendit chez eux et ils se soumirent à son jugement. Il remit alors la décision à Sa'd qui dit : "Je juge à leur égard que les combattants soient tués, que les femmes et la progéniture soient captives, et que leurs biens soient partagés." »
Ces hadiths démontrent que les Banu Qurayza n'ont pas été capturés comme prisonniers par les musulmans ; le jugement des prisonniers ne s'applique donc pas à eux. Ils montrent également qu'ils se sont soumis au jugement de Sa'd ibn Mu'adh (ou au jugement du Prophète (saw) puis à celui de Sa'd), c'est-à-dire qu'ils ont accepté l'arbitrage... Il a donc jugé leur cas en ordonnant l'exécution des combattants, la capture des femmes et de la progéniture, et le partage des biens... Et ce jugement de Sa'd (ra) était conforme au jugement d'Allah le Très-Haut à leur égard.
Par conséquent, il n'y a aucune contradiction entre cet incident et le jugement des prisonniers établi par le texte coranique, car chaque question relève d'un domaine différent. Il n'est donc pas nécessaire de rejeter les nobles hadiths prophétiques, car il n'existe aucune contradiction entre eux et le Coran.
J'espère que la question est désormais claire.
Votre frère, Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah
03 Rabi' al-Awwal 1441 AH Correspondant au 31/10/2019
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