(Série de réponses de l'Éminent Savant Ata bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir de Hizb ut Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »)
Réponse à une question
À Taqi Naser
Question :
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous, notre éminent Cheikh. Salutations distinguées.
Ma question porte sur la Bay'ah (l'allégeance), qui est un contrat de consentement mutuel entre l'Oumma et le Calife (Khalifah). Est-il permis qu'elle soit limitée à une durée déterminée, comme quatre ou cinq ans, conformément à l'usage dans les systèmes actuels ? Et est-ce que ceux qui soutiennent cette position disposent d'une preuve ou d'un semblant de preuve (shubhat dalil) ?
Qu'Allah vous bénisse et qu'Il fasse de nous et de vous ceux qu'Il utilise pour la victoire et l'établissement de l'Islam.
Réponse :
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.
1- Les textes relatifs à la Bay'ah au Calife contredisent toute limitation de durée. En effet, la Bay'ah au Messager ﷺ et la Bay'ah aux Califes bien guidés (Al-Khulafa al-Rashidun) reposaient sur le gouvernement par le Livre d'Allah le Très-Haut et la Sunna de Son Messager ﷺ. Telle est sa condition. Si le Calife abandonne le gouvernement par le Livre d'Allah et la Sunna de Son Messager ﷺ, son mandat prend fin conformément aux dispositions de la Charia relatives à la destitution du Calife et aux compétences de la Cour des Plaintes (Mahkamat al-Mazhalim). Ajouter une autre condition n'est pas permis, car cela contredirait le texte de la Bay'ah, qui est de gouverner selon le Livre d'Allah et la Sunna de Son Messager ﷺ. Cela est établi par la Sunna et le consensus des Compagnons (Ijma' al-Sahabah) :
Quant à la Sunna, Al-Bukhari a rapporté d'après 'Ubadah ibn al-Samit... qui a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ nous a appelés et nous lui avons prêté allégeance. Parmi les engagements qu'il a pris de nous, il y avait :
دَعَانَا رَسُولُ اللهِ ﷺ فَبَايَعْنَاهُ، فَكَانَ فِيمَا أَخَذَ عَلَيْنَا: «أَنْ بَايَعَنَا عَلَى السَّمْعِ وَالطَّاعَةِ فِي مَنْشَطِنَا وَمَكْرَهِنَا، وَعُسْرِنَا وَيُسْرِنَا، وَأَثَرَةٍ عَلَيْنَا، وَأَنْ لَا نُنَازِعَ الْأَمْرَ أَهْلَهُ»، قَالَ: «إِلَّا أَنْ تَرَوْا كُفْرًا بَوَاحًا عِنْدَكُمْ مِنَ اللهِ فِيهِ بُرْهَانٌ»
"De lui prêter allégeance sur l'écoute et l'obéissance, dans ce qui nous plaît et ce qui nous déplaît, dans la difficulté comme dans l'aisance, même si nous étions lésés, et de ne pas contester le pouvoir à ceux qui le détiennent", il a dit : "à moins que vous ne voyiez une mécréance flagrante (kufr buwah) pour laquelle vous disposez d'une preuve venant d'Allah." » (Rapporté également par Muslim).
Muslim a également rapporté d'après Yahya ibn Husayn, tenant cela de sa grand-mère Umm al-Husayn, qu'elle a entendu le Messager d'Allah ﷺ dire :
إِنْ أُمِّرَ عَلَيْكُمْ عَبْدٌ مُجَدَّعٌ - حَسِبْتُهَا قَالَتْ - أَسْوَدُ، يَقُودُكُمْ بِكِتَابِ اللهِ تَعَالَى، فَاسْمَعُوا لَهُ وَأَطِيعُوا
« Si un esclave mutilé — je crois qu'elle a dit — noir, est nommé à votre tête et qu'il vous dirige selon le Livre d'Allah le Très-Haut, alors écoutez-le et obéissez-lui. »
Il est clair, d'après tout cela, que la Bay'ah et l'obéissance se poursuivent tant que le Calife gouverne par le Livre d'Allah le Très-Haut et la Sunna de Son Messager ﷺ, sauf en cas de mécréance flagrante, c'est-à-dire une violation catégorique de la Charia.
Quant au consensus des Compagnons, la Bay'ah des Califes bien guidés se faisait sur la base du gouvernement par le Livre d'Allah et la Sunna de Son Messager ﷺ, et non pour une durée déterminée. Leurs Bay'ah se déroulaient devant l'assemblée des Compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), constituant ainsi un consensus sur la non-limitation de la durée. La continuité du Calife est uniquement suspendue à son obéissance à Allah le Très-Haut et à Son Messager ﷺ, c'est-à-dire le gouvernement par ce qu'Allah a révélé. Ma'mar ibn Rashid a rapporté dans son Jami' : « Abou Bakr nous a fait un discours et a dit : "Ô gens, j'ai été nommé à votre tête, bien que je ne sois pas le meilleur d'entre vous...
أَطِيعُونِي مَا أَطَعْتُ اللَّهَ وَرَسُولَهُ، فَإِذَا عَصَيْتُ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَلَا طَاعَةَ لِي عَلَيْكُمْ، قُومُوا إِلَى صَلَاتِكُمْ يَرْحَمْكُمُ اللَّهُ
Obéissez-moi tant que j'obéis à Allah et à Son Messager. Mais si je désobéis à Allah et à Son Messager, alors vous ne me devez plus aucune obéissance. Levez-vous pour votre prière, qu'Allah vous fasse miséricorde." »
Il est évident d'après ces preuves que la durée n'est pas limitée. Au contraire, c'est l'obéissance du Calife à Allah le Très-Haut et à Son Messager ﷺ qui est stipulée. Tant que le Calife gouverne par ce qu'Allah a révélé, son mandat se poursuit. S'il contrevient à un texte catégorique, son mandat prend fin, même s'il n'a duré qu'un mois ou deux... et ce, conformément aux dispositions de la Charia relatives à la destitution du Calife et aux prérogatives du juge des plaintes (Qadi al-Mazhalim).
2- Quant à savoir si ceux qui prônent la limitation de la durée disposent d'une preuve ou d'un semblant de preuve, nous ne voyons pour eux ni preuve ni semblant de preuve. Nous avons détaillé cette question dans son intégralité dans une réponse publiée le 16 Jumada al-Akhira 1434 AH, correspondant au 06/04/2013, à laquelle on peut se référer.
Votre frère, Ata bin Khalil Abu al-Rashtah
26 Mouharram 1438 AH Correspondant au 27/10/2016
Lien vers la réponse sur la page Facebook de l'Émir : Facebook
Lien vers la réponse sur la page Google Plus de l'Émir : Google Plus
Lien vers la réponse sur la page Twitter de l'Émir : Twitter
Lien vers la réponse sur le site de l'Émir : Site de l'Émir