(Série de réponses de l'éminent savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »)
À Raheeq Em Yousif
Question :
Assalamu Alaikum wa Rahmatullahi wa Barakatuhu... J'aimerais me renseigner sur une règle de la charia parce que je suis perplexe... Est-il permis à une femme qui a ses règles (haidh) de lire le Coran via Internet et le téléphone portable ?... J'espère obtenir une réponse... Et Wassalamu Alaikum wa Rahmatullahi.
Réponse :
Wa Alaikum Assalam wa Rahmatullahi wa Barakatuhu.
Pour répondre à cette question, il est nécessaire de clarifier trois points :
La lecture orale du Coran (sans le Mushaf), le fait de toucher le Mushaf et d'y lire, et le fait de porter un ordinateur ou un téléphone portable contenant un programme du Noble Coran pour y lire :
1- Quant à la lecture orale du Coran par la femme réglée, c'est une question sur laquelle les juristes divergent : certains l'interdisent et d'autres l'autorisent... Ce qui me paraît prépondérant dans cette question est que la lecture du Coran pour la femme réglée, lorsqu'elle le prononce, n'est pas autorisée. Al-Hakim a rapporté dans Al-Mustadrak d'après Souleyman ibn Harb et Hafs ibn Amr ibn Murrah, d'après Abdullah ibn Salama, qui a dit : « Nous sommes entrés chez Ali (qu'Allah l'agrée), moi et deux autres hommes... » Ali (qu'Allah l'agrée) a dit :
كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقْضِي الْحَاجَةَ، وَيَقْرَأُ الْقُرْآنَ، وَيَأْكُلُ اللَّحْمَ، وَلَمْ يَكُنْ يَحْجُبُهُ عَنْ قِرَاءَتِهِ شَيْءٌ لَيْسَ الْجَنَابَةُ.
« Le Messager d'Allah ﷺ faisait ses besoins, lisait le Coran et mangeait de la viande, et rien ne l'empêchait de sa lecture, si ce n'est la janaba (impureté rituelle majeure). » Al-Hakim a dit : « Ce hadith a une chaîne de transmission authentique », et Ad-Dhahabi l'a authentifié. Il est clair d'après le hadith que le Messager ﷺ lisait le Coran oralement, sauf s'il était en état de janaba. Cela signifie qu'il n'est pas permis à celui qui est en état de janaba de lire le Coran, et ce qui s'applique à la janaba s'applique également à la femme réglée en ce qui concerne la lecture du Coran.
- C'est pourquoi l'avis que je privilégie est que la femme réglée ne doit pas lire le Coran.
2- Quant au fait de toucher le Mushaf pour la personne en état de janaba ou pour la femme réglée, cela n'est pas permis. C'est interdit en raison de la parole du Très-Haut :
لَا يَمَسُّهُ إِلَّا الْمُطَهَّرُونَ
"que seuls les purifiés touchent." (Sourate Al-Waqi'a [56] : 79)
Et en raison du noble hadith rapporté par l'Imam Malik dans Al-Muwatta, d'après Abdullah ibn Abi Bakr ibn Hazm, stipulant que dans la lettre que le Messager d'Allah ﷺ a écrite à Amr ibn Hazm :
أَنْ لَا يَمَسَّ الْقُرْآنَ إِلَّا طَاهِرٌ
« Que nul ne touche le Coran, si ce n'est celui qui est pur. » (Dans une autre version de Malik dans Al-Muwatta, le nom d'Abdullah est complété ainsi : Abdullah ibn Abi Bakr ibn Muhammad ibn Amr ibn Hazm...). Il a également été rapporté par At-Tabarani dans Al-Kabir et Al-Saghir d'après Salim ibn Abdullah ibn Omar, selon ces termes : (D'après Souleyman ibn Moussa, j'ai entendu Salim ibn Abdullah ibn Omar raconter d'après son père, qu'il a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Que nul ne touche le Coran, si ce n'est celui qui est pur »).
- C'est pourquoi l'avis que je privilégie est qu'il est interdit à la femme réglée de toucher le Coran et d'y lire.
3- Quant au fait de porter un ordinateur ou un téléphone portable contenant un programme du Noble Coran, les juristes ont déjà étudié une question par laquelle j'aimerais commencer : le port du Mushaf s'il est dans une boîte ou une sacoche... Les juristes ont divergé sur ce point :
(Les Hanafites et les Hanbalites sont d'avis qu'il n'y a pas de mal à ce que la personne en état d'impureté majeure ou mineure porte le Mushaf par une lanière ou avec un obstacle indépendant, car elle n'est pas considérée comme le touchant directement. Cela ne lui est donc pas interdit, tout comme si elle le transportait parmi ses bagages. L'interdiction porte sur le contact direct (mass), et ici il n'y a pas de contact. Les Hanafites ont dit : S'il le porte dans une housse non cousue au livre, ou dans une sacoche, ou autre, cela n'est pas détestable... Les Malikites et les Shafi'ites, ainsi qu'une version rapportée d'Ahmad, sont d'avis que cela n'est pas autorisé. Les Malikites disent : La personne impure ne doit pas le porter, même sur un coussin ou autre, comme le support du Mushaf, ou dans une housse ou par une lanière. De même, les Shafi'ites disent, selon leur avis le plus correct : Il n'est pas permis de porter ou de toucher une sacoche ou une boîte contenant un Mushaf si elles ont été préparées pour lui. En revanche, le toucher ou le port d'une boîte destinée à d'autres bagages et contenant un Mushaf n'est pas interdit).
Il est clair que cette question fait l'objet d'une divergence doctrinale. Ce que je privilégie est qu'il est permis de porter le téléphone portable sans être en état de pureté, même s'il contient un programme du Coran, car il ne prend pas le statut juridique du Mushaf. La réalité du stockage du programme dans la mémoire du téléphone n'est pas identique à l'écriture physique. De plus, le téléphone contient de nombreux programmes autres que le Coran et est utilisé pour d'autres fonctions, il ne prend donc pas le statut du Mushaf. À l'exception de deux cas :
Le premier : lors de l'activation du programme du Coran et de l'apparition du texte coranique sur l'écran de l'appareil :
Dans ce cas, le texte affiché prend le statut du Mushaf car il s'agit d'une forme d'écriture du texte. Il est alors interdit de toucher l'écran sur lequel le texte est écrit, sauf pour celui qui est pur, car cela équivaut à l'écriture sur le papier, les parchemins ou les peaux sur lesquels le Mushaf est écrit. Par conséquent, si le détenteur du téléphone portable veut lire le Coran qui s'y trouve en ouvrant l'écran, il ne peut le faire que s'il est pur. De même, si l'écran est ouvert sur le texte coranique, il ne peut le porter que s'il est en état de pureté.
En revanche, si le téléphone portable n'est pas ouvert sur le texte coranique :
Dans ce cas, il est permis à la personne en état d'impureté de le porter, même si le Coran est stocké dans ses programmes, car la qualification de la réalité (manat) du téléphone portable, lorsque le texte coranique n'y est pas visible, diffère de celle du Mushaf.
Le second : que le téléphone portable ne contienne que le programme du Coran s'affichant sur l'écran pour la lecture, autrement dit, que ce téléphone ne soit utilisé que pour la lecture du Coran et ne contienne aucun autre programme. Dans ce cas, il n'est pas permis à la personne impure de le porter.
C'est ce que je privilégie sur cette question, et Allah est plus Savant et plus Sage.
Wassalamu Alaikum wa Rahmatullahi wa Barakatuhu.
Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah
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