À Nizar Steitieh
Question :
Assalamou Alaikoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou, que Dieu vous accorde la victoire et vous raffermisse dans le port de l'étendard.
Ma question est la suivante : le rejet d'un Hadith par la dirayah (critique du contenu) affecte-t-il le Hadith au niveau de la riwayah (transmission) ? En d'autres termes, s'il est prouvé qu'un Hadith spécifique est rejeté par la dirayah, cela entraîne-t-il le discrédit (tajrih) de l'un de ses rapporteurs, qu'il s'agisse du dernier rapporteur ayant transmis l'information ou du premier ayant communiqué ce qu'il a vu ou entendu ?
Qu'Allah vous récompense par le bien.
Réponse :
L'acceptation du rapport d'un seul individu (khabar al-ahad) ne se fait qu'après avoir rempli les conditions de sa validité tant au niveau de la riwayah que de la dirayah :
Quant à l'accomplissement des conditions de la riwayah, cela signifie que la chaîne de transmission (sanad) du Hadith doit être authentique (sahih). C'est-à-dire que du début à la fin de la chaîne, les conditions de validité s'appliquent à ses hommes (rapporteurs) : le rapporteur doit être musulman, pubère (baligh), doué de raison ('aqil), intègre ('adl), véridique, doté d'une mémoire précise (dabit) pour ce qu'il entend, et capable de s'en souvenir depuis le moment où il a reçu l'information jusqu'au moment où il la transmet... etc. C'est ce qu'on appelle un Hadith authentique par sa riwayah.
Quant à l'accomplissement des conditions de sa validité par la dirayah, cela signifie que le texte (matn) du Hadith ne doit pas contredire ce qui est plus fort que lui, comme un verset du Coran, un Hadith mutawatir (transmis par un grand nombre) ou un Hadith mashhur (célèbre)...
Cela signifie que s'il y a dans la chaîne une faiblesse chez l'un des rapporteurs ou un inconnu (jahalah)... etc., le Hadith est alors rejeté par sa riwayah.
En revanche, si les hommes de la chaîne ne font l'objet d'aucune critique, mais que seul son texte (matn) contredit ce qui est plus fort que lui, il est alors rejeté par la dirayah.
Par conséquent, le rejet par la dirayah n'indique pas que l'un des rapporteurs est faible ou critiqué (majrouh)... etc. Si l'un des membres de la chaîne était dans un tel état, le Hadith aurait été rejeté par la riwayah. Le sens de son rejet par la dirayah est que les hommes de la chaîne sont irréprochables, mais que le texte contredit ce qui est plus fort que lui.
- Il est mentionné dans le livre La Personnalité Islamique (Ash-Shakhsiyyah al-Islamiyyah), Tome 1, p. 188 :
(En fait, si un Hadith vient contredire ce qui est mentionné dans le Coran avec un sens péremptoire (qat'i al-mana), le Hadith sera alors rejeté par la dirayah, c'est-à-dire par son texte (matn), car son sens contredit le Coran. C'est le cas de ce qui a été rapporté de Fatima bint Qais lorsqu'elle a dit :
طَلَّقَنِي زَوْجِي ثَلَاثاً عَلَى عهدِ رَسُولِ اللهِ ﷺ فَأَتَيْتُ النَّبِيَّ ﷺ فَلَمْ يَجْعَلْ لِي سَكَناً وَلَا نَفَقَةً
"Mon mari a divorcé de moi par trois fois à l'époque du Messager d'Allah ﷺ, je suis donc allée voir le Prophète ﷺ et il ne m'a accordé ni logement ni pension alimentaire."
Ce Hadith est donc rejeté car il contredit le Coran, s'opposant à la parole d'Allah (swt) :
أَسْكِنُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ سَكَنتُم مِّن وُجْدِكُمْ
"Logez-les là où vous habitez, selon vos moyens." (QS. At-Talaq [65]: 6)
Le Hadith est alors rejeté car il s'oppose au Coran qui est de certitude absolue quant à sa source (qat'i al-thubut) et péremptoire quant à sa signification (qat'i al-dalalah). En revanche, si le Hadith ne contredit pas le Coran, mais comporte des éléments non mentionnés dans le Coran ou un ajout à ce qui s'y trouve, on prend alors en compte à la fois le Hadith et le Coran. On ne dit pas que nous nous contentons du Coran et de ce qui y est rapporté, car Allah a ordonné de suivre les deux, et la croyance est obligatoire envers les deux ensemble.)
- Il est également mentionné dans le livre La Personnalité Islamique (Ash-Shakhsiyyah al-Islamiyyah), Tome 3, pp. 90-91 :
(Conditions d'acceptation du khabar al-ahad : Le rapport d'un seul individu est accepté s'il remplit ses conditions en termes de riwayah et de dirayah. Quant aux conditions d'acceptation par la riwayah, elles sont que le rapporteur du Hadith soit musulman, pubère, doué de raison, intègre, véridique, précis dans ce qu'il entend et s'en souvenant du moment de la réception jusqu'à la transmission. Les savants des fondements (oussoul) et les savants de la terminologie du Hadith (moustalah al-hadith) ont détaillé les conditions de la transmission, ainsi que l'histoire des hommes du Hadith et de leurs rapporteurs, détaillant pour chaque rapporteur les qualités qu'il possède. Quant aux conditions d'acceptation du khabar al-ahad par la dirayah, c'est qu'il ne contredise pas ce qui est plus fort que lui, comme un verset ou un Hadith mutawatir ou mashhur, à l'instar de ce qui a été rapporté de Fatima bint Qais :
طَلَّقَنِي زَوْجِي ثلاَثاً فَلَمْ يَجْعَلْ لِي رَسُولُ اللَّهِ ﷺ سُكْنَى وَلاَ نَفَقَةً
"Mon mari m'a répudiée trois fois, et le Messager d'Allah ﷺ ne m'a accordé ni logement ni pension alimentaire." (Rapporté par Muslim).
Ce Hadith contredit la parole d'Allah le Très-Haut :
أَسْكِنُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ سَكَنتُم مِّن وُجْدِكُمْ
"Logez-les là où vous habitez, selon vos moyens." (QS. At-Talaq [65]: 6)
C'est pourquoi il est obligatoire de le rejeter, et il n'est pas permis d'agir selon lui...).
J'espère que cela est suffisant. Allah est le plus Savant et le plus Sage.
Votre frère Ata bin Khalil Abu al-Rashtah
30 Chawwal 1443 de l'Hégire Correspondant au 30/05/2022
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