Série de réponses de l'éminent savant Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »
Réponse à une question
L'accomplissement de la prière du Vendredi sur l'esplanade d'une mosquée fermée par les autorités À Mohamed Amine Al-Jadidi
Question :
Assalamou Alaykoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouh,
Certains jeunes et habitants en Tunisie ont accompli la prière du Vendredi devant les mosquées après leur fermeture par les autorités. Certains imams le leur ont reproché et ont considéré leur prière comme nulle, estimant que la prière du Vendredi ne peut être accomplie qu'à l'intérieur de la mosquée.
Nous vous prions de nous éclairer sur le jugement de la charia dans de telles circonstances et sur ce que les habitants doivent faire si la fermeture de leurs mosquées se poursuit.
Qu'Allah vous bénisse et récompense vos efforts.
Réponse :
Wa Alaykoum Assalam Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouh,
La prière du Vendredi est permise aussi bien dans la mosquée que dans l'espace public. Si les deux options sont disponibles, c'est-à-dire si la mosquée est ouverte et n'est pas trop étroite pour les fidèles, la prière doit s'y dérouler. Si elle ne suffit pas, il est possible de prier dans l'espace public. L'important dans tout cela est que le lieu ne soit pas privé ; ainsi, la prière du Vendredi n'est pas autorisée dans les maisons, mais doit se tenir dans une mosquée ou un espace public de sorte que personne ne soit empêché d'y entrer pour prier. Quant aux mosquées fermées, la prière dans l'espace public est valide et il n'y a aucun mal à cela, tandis que celui qui l'interdit commet un péché. Nous avons déjà publié à ce sujet... et parmi ce que nous avons publié :
1- Le 18 Cha'ban 1441 AH - 11/04/2020 ap. J.-C. : (...L'État commet un péché s'il interdit son accomplissement dans les mosquées ou dans l'espace public, car les textes indiquent cela, et on le comprend de la parole du Très-Haut :
يَا أيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نُودِيَ لِلصَّلَاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ وَذَرُوا الْبَيْعَ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ
« Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez ! » (Sourate Al-Jumu'a [62]: 9)
Le musulman doit donc accourir à la prière sans en être empêché : « accourez à l’invocation d’Allah et laissez tout négoce ». Accourir vers elle est une obligation (Fard) car cela est couplé à l'abandon d'une chose licite... Et l'État qui ferme les mosquées commet un grand péché comme nous l'avons mentionné dans la réponse.)
2- Cela a été détaillé dans le livre Les Règles de la Prière (Ahkam as-Salat) publié par le Parti, où il est écrit :
[Le Vendredi, son accomplissement est valide dans la ville, le village, la mosquée, les bâtiments de la localité et l'espace public qui en dépend :
Cela est dû au fait que le Messager ﷺ a prié le Vendredi à Médine, et d'après ce qui a été rapporté par Ibn Abbas (qu'Allah soit satisfait d'eux) qui a dit : « Le premier Vendredi célébré après celui célébré dans la mosquée du Messager d'Allah ﷺ fut dans la mosquée de 'Abd al-Qays à Juwatha, au Bahreïn. » Juwatha est un village parmi les villages du Bahreïn. Abou Houraira a également rapporté : « qu'il écrivit à Omar pour l'interroger sur le Vendredi au Bahreïn (dont il était le gouverneur), et Omar lui répondit par écrit : "Célébrez le Vendredi où que vous soyez". » Quant à ce qui est rapporté du Prophète ﷺ disant : « Point de Vendredi ni de Tashriq sauf dans une cité de rassemblement (Misr Jami') », cela n'est pas authentique, et Ahmad a dit que ce n'est pas un hadith.
Quant à sa prière dans l'espace public, c'est parce qu'aucun texte n'est venu l'imposer comme condition, et la prière du Vendredi est comme toute autre prière requise. Si une condition autre que le texte général prescrivant l'obligation de son accomplissement devait être imposée, elle nécessiterait un texte spécifique.
Il est permis de célébrer plusieurs prières du Vendredi dans une même ville. Si la ville est grande, il est permis d'y accomplir la prière du Vendredi dans plusieurs mosquées, qu'il y ait un besoin ou non, car aucun texte n'interdit la multiplicité des Jumu'ah et aucun texte ne mentionne la nécessité du besoin ou son absence. Le texte absolu reste donc absolu. Quant au fait que le Prophète ﷺ ne rassemblait les gens que dans une seule mosquée, cela n'indique pas l'interdiction de les rassembler dans plus d'une mosquée. Car le fait que le Messager ﷺ n'ait pas fait une chose ne signifie pas l'interdiction de la faire. Bien au contraire, il n'avait qu'une seule mosquée et il y a prié, ce qui ne prouve pas qu'il ne voulait pas prier dans plus d'une mosquée.] Fin de citation.
3- Il est mentionné dans le livre : Le Fiqh selon les quatre écoles de Abd al-Rahman al-Jaziri (décédé en 1360 AH) ce qui suit :
[...La prière du Vendredi est-elle valide dans l'espace public ? Trois des imams se sont accordés sur la validité de la prière du Vendredi dans l'espace public, tandis que les Malikites ont dit : elle n'est pas valide :
Les Malikites ont dit : La prière du Vendredi n'est valide ni dans les maisons ni dans l'espace public, mais elle doit impérativement être accomplie dans la mosquée cathédrale (Al-Jami').
Les Hanbalites ont dit : Le Vendredi est valide dans l'espace public s'il est proche des constructions. La proximité est évaluée selon la coutume ('Urf) ; s'il n'est pas proche, la prière n'est pas valide. Et si l'imam prie dans le désert, il doit désigner un remplaçant pour diriger la prière des personnes faibles (restées en ville).
Les Chafi'ites ont dit : Le Vendredi est valide dans l'espace public s'il est proche des constructions. La limite de proximité pour eux est l'endroit où il n'est plus permis au voyageur de raccourcir la prière dès qu'il l'atteint...
Les Hanafites ont dit : Il n'est pas exigé pour la validité du Vendredi qu'il se déroule dans la mosquée, mais il est valide dans l'espace public, à condition qu'il ne soit pas éloigné de la ville de plus d'une parasange (Farsakh), et que l'Imam (le gouverneur) autorise l'accomplissement du Vendredi en ce lieu, comme mentionné précédemment dans les conditions.]
4- Conclusion :
a- Comme vous pouvez le voir, l'Imam Malik l'impose dans la mosquée... Par conséquent, la fermeture de la mosquée par le gouverneur entraîne la suspension de l'obligation (Fard) du Vendredi, et la Oumma doit s'opposer au gouverneur s'il l'empêche de prier dans la mosquée...
b- Quant aux autres juristes, en particulier les fondateurs des écoles de jurisprudence, ils l'autorisent dans la mosquée et dans l'espace public.
c- Ce que nous préferons est ce que nous avons expliqué ci-dessus : (La prière du Vendredi est permise dans la mosquée et dans l'espace public. Si les deux sont accessibles, c'est-à-dire si la mosquée est ouverte et n'est pas trop étroite pour les fidèles, la prière doit s'y tenir. Si elle ne suffit pas, il est possible de prier dans l'espace public. L'important est que le lieu ne soit pas privé ; ainsi, la prière du Vendredi n'est pas autorisée dans les maisons, mais doit se tenir dans la mosquée ou l'espace public de sorte que personne ne soit empêché d'y entrer pour prier. Quant aux mosquées fermées, la prière dans l'espace public est valide et il n'y a aucun mal à cela, tandis que celui qui l'interdit commet un péché...)
d- En conséquence, votre prière sur l'esplanade de la mosquée est valide et l'État a péché deux fois : la première en fermant la mosquée, et la seconde en tentant d'empêcher la prière sur l'esplanade de la mosquée... Nous implorons Allah le Très-Haut de hâter l'établissement du Califat (Khilafah), afin que les musulmans accomplissent la prière comme il se doit.
وَمَا أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ حُنَفَاءَ وَيُقِيمُوا الصَّلَاةَ وَيُؤْتُوا الزَّكَاةَ وَذَلِكَ دِينُ الْقَيِّمَةِ
« Il ne leur a été commandé, cependant, que d'adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. Et voilà la religion de droiture. » (Sourate Al-Bayyina [98]: 5)
Votre frère, Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah
22 Joumada al-Oula 1442 AH Correspondant au 06/01/2021 ap. J.-C.
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