Home About Articles Ask the Sheikh
Questions & Réponses

Réponse à une question : Pas d'ajout dans le Coran sans signification

September 30, 2022
2080

Série de réponses du savant éminent Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »

Réponse à une question

À : Drmusab Al-froukh

Question :

As-salamu alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh.

Question : Dans quelle mesure cette affirmation est-elle exacte ?

Une discussion a eu lieu entre un savant de la grammaire (Nahw) et un savant de la rhétorique (Balagha) — Ibn al-Athir — au sujet de la particule أن dans la parole d'Allah (swt) :

فَأَصْبَحَ فِى ٱلْمَدِينَةِ خَآئِفاً يَتَرَقَّبُ فَإِذَا ٱلَّذِى ٱسْتَنصَرَهُۥ بِٱلْأَمْسِ يَسْتَصْرِخُهُۥ قَالَ لَهُۥ مُوسَىٰٓ إِنَّكَ لَغَوِىٌّ مُّبِينٌ * فَلَمَّا أَنْ أَرَادَ أَنْ يَبْطِشَ بِالَّذِي هُوَ عَدُوٌّ لَهُمَا قَالَ يَا مُوسَىٰ أَتُرِيدُ أَنْ تَقْتُلَنِي كَمَا قَتَلْتَ نَفْساً بِالْأَمْسِ

« Le lendemain matin, il se trouva dans la ville, craintif et aux aguets, quand voilà que celui qui lui avait demandé secours la veille l'appelait à grands cris. Moïse lui dit : "Tu es certes un égaré manifeste." Puis, quand il voulut porter un coup à celui qui était leur ennemi commun, celui-ci dit : "Ô Moïse, veux-tu me tuer comme tu as tué un homme hier ?" » (QS. Al-Qasas [28]: 18-19)

Le grammairien a dit : La première particule أن est supplétive (za'idah), et si elle était supprimée pour dire : فلمّا أراد أن يبطش, le sens serait le même. N'as-tu pas vu la parole d'Allah (swt) :

فَلَمَّا أَنْ جَاءَ الْبَشِيرُ أَلْقَاهُ عَلَى وَجْهِهِ

« Puis, quand le messager de bonne nouvelle arriva, il la jeta sur son visage. » (QS. Yusuf [12]: 96)

Les grammairiens se sont accordés sur le fait que la particule أن qui apparaît après لمّا et avant le verbe est supplétive (za'idah). Qu'a répondu Ibn al-Athir ? Ibn al-Athir a répondu au grammairien en disant : Les grammairiens n'ont pas d'autorité sur les questions d'éloquence et de rhétorique, et ils n'ont aucune connaissance de leurs secrets en tant que grammairiens. Il ne fait aucun doute qu'ils ont trouvé que أن apparaît après لمّا et avant le verbe dans le Noble Coran et dans la parole des éloquents, alors ils ont pensé que le sens avec sa présence est le même que si elle était retirée, et ils ont dit : elle est supplétive. Mais il n'en est pas ainsi ; au contraire, lorsque لمّا est suivie de أن puis du verbe, cela prouve que la précipitation de Moïse (psl) pour tuer le second n'était pas comme sa précipitation pour tuer le premier. Au contraire, il y avait une certaine lenteur avant de tendre sa main, c'est pourquoi le Coran a exprimé cela par sa parole : ﴿فَلَمَّا أَنْ أَرَادَ أَنْ يَبْطِشَ﴾ avec l'ajout de أن après لمّا. Et si le verbe apparaît après لمّا en omettant أن, cela prouve que l'action était immédiate. Ibn al-Athir a conclu sa discussion en disant : Ce sont des subtilités qu'on ne prend pas chez les grammairiens, car elles ne relèvent pas de leur domaine.

Ma question est : ce que Ibn al-Athir a dit est-il précis ? Et si ce n'est pas le cas, y a-t-il des paroles superflues dans le Coran ?

Réponse :

Wa alaykum as-salam wa rahmatullahi wa barakatuh.

Il semble qu'il manque quelque chose dans ce qu'ont dit Ibn al-Athir et son interlocuteur dans cette discussion... La question, telle que je la vois, se présente comme suit :

Le verset noble ﴿فَلَمَّا أَنْ أَرَادَ أَنْ يَبْطِشَ بِالَّذِي هُوَ عَدُوٌّ لَهُمَا﴾ comprend deux éléments qu'il faut comprendre : (أن يبطش) et (فلما أن) :

1- Quant au premier, qui est la particule de subordination (harf nasb) "أن" entrant devant un verbe au présent (mudari'), c'est une particule infinitive, de subordination et de futur (nasb wa istiqbal) :

Elle place ce qui la suit dans l'interprétation d'un nom verbal (masdar). Par exemple :

يُرِيدُ اللهُ أَنْ يُخَفِّفَ عَنْكُمْ

« Allah veut vous alléger [les obligations]. » (QS. An-Nisa [4]: 28)

S'interprète par (يريد الله التخفيف عنكم)... Elle rend le verbe au présent au cas subjonctif... Quant au fait qu'elle soit une particule de futur, c'est parce qu'elle destine le verbe au présent exclusivement au futur. "C'est le cas de toutes les particules régissant le subjonctif du présent". Or, le présent sans l'entrée d'une particule de subordination peut exprimer soit le présent, soit le futur... Sur la base de la signification de la particule de subordination ci-dessus, le sens de ﴿أَرَادَ أَنْ يَبْطِشَ بِالَّذِي هُوَ عَدُوٌّ لَهُمَا﴾ suggère que Moïse (psl) ne s'est pas empressé de frapper immédiatement, mais a commencé à réfléchir, car le texte dit ﴿أَرَادَ أَنْ يَبْطِشَ﴾ et non (أراد يبطش). Sinon, cela aurait pu signifier l'immédiateté ou la réflexion pour prendre une décision, et il aurait alors fallu un indice pour privilégier l'action immédiate ou future. Quant à ﴿أَرَادَ أَنْ يَبْطِشَ﴾, elle est pour le futur et non le présent immédiat, c'est-à-dire après un délai de réflexion, aussi court soit-il.

2- Quant à l'usage de "أن" après "لما", cela signifie un ajout linguistique, car "لما أن أراد" est, du point de vue de la structure linguistique, comme "لما أراد", mais elle est ajoutée pour un sens, qui est de souligner la délibération avant de frapper, c'est-à-dire l'emphase (tawkid) de ce qui suit "أن يبطش", à savoir la confirmation de l'absence d'immédiateté dans l'action, au profit de la réflexion et de la temporisation, même minime.

3- Ainsi, le premier "أن" dans le verset, à savoir "أن أراد", est supplétif du point de vue de la structure linguistique mais pour un sens : celui de confirmer la temporisation dans l'action mentionnée après, "أن يبطش". On ne peut pas dire que l'emphase exige que le terme emphatique suive le terme accentué, dans le temps ou la structure, comme dans ﴿فَأْتُوا بِسُورَةٍ مِنْ مِثْلِهِ﴾ (emphase temporelle comme expliqué ci-dessous) ou ("Ali est venu, est venu" ou "Non, non je ne révélerai pas le secret" - emphase structurelle)... Cela est vrai sauf si l'emphase relève de l'emphase synonymique (al-tawkid al-mutaradif), où il est permis qu'ils soient ensemble sans que l'ordre avant/après soit une condition. Par exemple, vous dites (Ali est arrivé, est venu), où ("est arrivé", "est venu") relèvent de l'emphase synonymique et l'ordre de priorité ne s'applique pas ici... Ainsi, (فلما أن أراد) exprime la temporisation et le délai, c'est-à-dire pas l'immédiat, et de même ce qui suit (أن يبطش) est un verbe au présent subjonctif, et le subjonctif le destine au futur, c'est-à-dire pas l'immédiat. Ceci relève de l'emphase synonymique... C'est pourquoi on peut dire que "أن" dans (فلما أن أراد) est linguistiquement supplétive mais pour un sens, qui est l'emphase synonymique de (أن يبطش), signifiant que Moïse (psl) n'a pas frappé l'adversaire immédiatement mais a temporisé et réfléchi à l'affaire...

4- Quant à savoir s'il y a des lettres supplétives dans le Noble Coran, si l'on entend par là des lettres ajoutées sans signification, je ne pense pas que ce soit le cas. Il n'y a pas de lettres supplétives dans le Coran sans signification. Je l'ai mentionné dans mon livre (At-Taysir fi Usul al-Tafsir - Sourate Al-Baqarah), où il est écrit lors de l'explication du verset :

فَأْتُوا بِسُورَةٍ مِنْ مِثْلِهِ

« Produisez donc une Sourate semblable à cela. » (QS. Al-Baqarah [2]: 23)

Il y est dit : (Il n'y a pas dans le Coran de répétition ou d'ajout sans signification. Par conséquent, tout ce qui apparaît dans le Coran comme une répétition ou un ajout est en réalité pour un surplus de sens, comme "من" ici, qui a apporté un surplus de sens qui est l'emphase (al-tawkid), c'est-à-dire la confirmation du défi précédent.)

Et si l'on entend par là des lettres supplétives pour un sens, cela existe. La parole d'Allah (swt) dans la sourate Al-Baqarah : ﴿فَأْتُوا بِسُورَةٍ مِنْ مِثْلِهِ﴾, ici "من" peut être qualifiée de supplétive linguistiquement mais elle n'est pas sans signification. Au contraire, elle exprime l'emphase temporelle, c'est-à-dire pour une chose qui a précédé. Cela signifie que ce défi a été révélé avant ce verset, puis il est venu maintenant pour confirmer le défi précédent. En méditant sur les versets du Livre, il apparaît que ce défi a été révélé auparavant à La Mecque dans la sourate Yunus (psl) :

أَمْ يَقُولُونَ افْتَرَاهُ قُلْ فَأْتُوا بِسُورَةٍ مِثْلِهِ

« Ou bien ils disent : "Il l'a inventé !" Dis : "Apportez donc une Sourate semblable à ceci." » (QS. Yunus [10]: 38)

La sourate Yunus est mecquoise et la sourate Al-Baqarah est médinoise, c'est-à-dire après Yunus. Le verset d'Al-Baqarah est donc une confirmation du verset de Yunus qui l'a précédé, et ce par l'ajout de "من" dans le verset de la sourate Al-Baqarah par rapport à celui de la sourate Yunus. Elle a donc servi à confirmer ce qui précède et n'est pas sans signification.

C'est ainsi que je comprends qu'il n'y a pas d'ajout dans le Coran sans signification. Et Allah est plus Savant et plus Sage.

Votre frère Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah

04 Rabi' al-Awwal 1444 AH Correspondant au 30/09/2022 ap. J.-C.

Lien vers la réponse sur la page de l'Émir (qu'Allah le préserve) sur Facebook

Lien vers la réponse sur la page de l'Émir (qu'Allah le préserve) sur le Web

Share Article

Share this article with your network