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Questions & Réponses

Réponse à une question : Toute action a une valeur que l'être humain cherche à réaliser en l'accomplissant

January 29, 2022
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Série de réponses du savant éminent Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fikri »

Réponse à une question

À Muhammad Zaghl

Question :

Assalamou Alaykoum Wa Rahmatou Allah Wa Barakatouh,

Notre noble Cheikh, qu'Allah vous préserve et vous soutienne par les gens de la victoire (Ansars).

La question concerne le sujet des « Valeurs » mentionné dans le livre Mafahim (Concepts) :

Est-ce que le travail pour le Califat, comme le fait d'assister aux Halaqat (cercles d'étude) et les activités de la Dawah, réalise une valeur humaine ou une valeur spirituelle ?

De même, est-ce que les actions de l'État réalisent une valeur spirituelle, humaine, morale ou matérielle ?

Qu'Allah vous bénisse et nous fasse profiter de votre science.

Imad al-Zaghl Abu Muhammad

Réponse :

Wa Alaykoum Assalam Wa Rahmatou Allah Wa Barakatouh,

Premièrement : Comme mentionné dans votre question, le sujet des valeurs est abordé dans le livre Mafahim Hizb ut-Tahrir. Je cite ici une partie de ce qui est mentionné dans le livre pour aider à clarifier la question et y répondre. Il est dit dans le livre Mafahim Hizb ut-Tahrir ce qui suit :

« [...] En ce qui concerne l'intention derrière l'action, il est impératif que chaque acteur ait une intention pour laquelle il a accompli l'action. Cette intention constitue la valeur de l'action. Par conséquent, il est inévitable que chaque action ait une valeur que l'être humain cherche à réaliser lorsqu'il l'accomplit, sinon elle ne serait qu'une futilité. L'homme ne doit pas accomplir ses actions de manière futile et sans intention ; il doit plutôt veiller à réaliser les valeurs des actions qu'il a eu l'intention d'accomplir.

La valeur de l'action peut être une valeur matérielle, comme dans les activités commerciales, agricoles, industrielles et autres, car l'intention derrière ces actions est d'en tirer des bénéfices matériels, à savoir le profit, et c'est une valeur qui a son importance dans la vie. Elle peut aussi être une valeur humaine, comme le sauvetage des noyés et le secours aux personnes en détresse, car l'intention est de sauver l'être humain sans tenir compte de sa couleur, de sa race, de sa religion ou de toute autre considération que l'humanité. La valeur peut également être morale, comme la vérité, l'honnêteté et la miséricorde, car l'intention est l'aspect moral, indépendamment des profits ou de l'humanité ; en effet, la moralité peut s'exercer envers autre que l'humain, comme la bonté envers les animaux et les oiseaux. Une perte matérielle peut résulter d'une action morale, mais la réalisation de sa valeur est obligatoire, à savoir l'aspect moral. Enfin, la valeur de l'action peut être spirituelle, comme les actes d'adoration (Ibadat) ; l'intention n'y est pas le profit matériel, ni les aspects humains, ni les questions morales, mais simplement l'adoration. C'est pourquoi seule sa valeur spirituelle doit être recherchée, indépendamment de toutes les autres valeurs.

Ce sont là les valeurs de toutes les actions, et ce sont elles que l'être humain s'efforce de réaliser lors de l'accomplissement de chacune de ses actions. »

Deuxièmement : De même, il est mentionné dans le livre Mafahim Hizb ut-Tahrir, pages 30-34 (version Word) :

« L'évaluation des sociétés humaines dans leur vie terrestre se fait en fonction de ces valeurs, au prorata de ce qui en est réalisé dans la société, et de ce qui garantit leur réalisation en termes de bien-être et de tranquillité. C'est pourquoi le musulman doit faire tout son possible pour réaliser la valeur visée par chaque action qu'il entreprend au moment de son exécution et de sa pratique, afin de contribuer au bien-être et à la grandeur de la société, tout en garantissant son propre bien-être et sa tranquillité.

Ces valeurs ne sont ni supérieures les unes aux autres ni égales par elles-mêmes, car il n'existe pas entre elles de caractéristiques servant de base pour les égaliser ou en préférer certaines à d'autres. Elles sont plutôt les résultats visés par l'homme lors de l'accomplissement de l'action...

Les personnes dominées par les sentiments spirituels, possédées par leur penchant pour ceux-ci et négligeant la valeur matérielle, préfèrent la valeur spirituelle à la valeur matérielle. Elles se consacrent alors aux adorations et se détournent de la matière. De ce fait, elles paralysent la vie car elle est matière, provoquent son retard matériel, et abaissent ainsi le niveau de la société dans laquelle elles vivent par la paresse et l'indolence qu'elles y propagent.

À l'inverse, les personnes dominées par les penchants matériels, possédées par les désirs et négligeant la valeur spirituelle, préfèrent la valeur matérielle et se consacrent à sa réalisation. Leurs idéaux se multiplient alors, et elles provoquent l'instabilité de la société dans laquelle elles vivent, où se propagent le mal et la corruption.

C'est pourquoi il est erroné de laisser à l'homme l'appréciation de ces valeurs. Celles-ci doivent être estimées par le Créateur de l'homme, à savoir Allah. Il était donc impératif que la Charia soit celle qui définit pour l'homme ces valeurs et le moment de leur réalisation, et c'est en fonction d'elle que l'homme les adopte.

La Charia a exposé les solutions aux problèmes de la vie par les commandements et les interdictions d'Allah, et a obligé l'homme à cheminer dans cette vie selon ces commandements et ces interdictions. Elle a également défini les actions qui réalisent la valeur spirituelle, à savoir les adorations qu'elle a rendues obligatoires ou recommandées. Elle a aussi défini les qualités qui réalisent la valeur morale. Et elle a laissé à l'homme le soin de réaliser la valeur matérielle qui lui est nécessaire pour satisfaire ses besoins essentiels et ses besoins au-delà du nécessaire, selon un système spécifique qu'elle lui a exposé, lui ordonnant de ne pas s'en écarter. L'homme n'a plus qu'à œuvrer pour réaliser ces valeurs conformément aux commandements et aux interdictions d'Allah, et à les estimer selon la mesure définie par la Charia... » (Fin de citation).

Troisièmement : Quant au rôle de l'État dans la réalisation de ces valeurs, pour répondre à cela, nous clarifions les points suivants :

1- La valeur de l'action est l'intention pour laquelle l'acteur a accompli l'action. La valeur est donc le but de l'action, et celui qui a une intention dans l'action est l'être humain, c'est-à-dire l'individu physique tel que Muhammad, Zaynab, Fatima ou Khalid. Lorsqu'il accomplit une action, il vise à réaliser une valeur spécifique. Si Muhammad pratique le commerce, il vise à réaliser un profit matériel, ce qui est une valeur matérielle. Si Zaynab accomplit la prière, elle vise à réaliser une valeur immatérielle, qui est la valeur spirituelle. Si Fatima est véridique, elle vise à réaliser une valeur morale. Si Khalid secourt une personne en détresse, il vise à réaliser une valeur humaine... Ainsi, la valeur est l'intention de l'individu physique lors de son accomplissement de l'action. Autrement dit, celui qui accomplit l'action avec l'intention de réaliser une valeur est l'être humain (l'individu), comme cela a été mentionné dans l'étude des valeurs dans le livre Mafahim : les valeurs sont réalisées par l'individu en tant que telle ou telle personne, et non par l'État.

2- En revenant à ce qui a été mentionné à la fin de la citation du livre Mafahim au point deux :

(C'est pourquoi il est erroné de laisser à l'homme l'appréciation de ces valeurs. Celles-ci doivent être estimées par le Créateur de l'homme, à savoir Allah. Il était donc impératif que la Charia soit celle qui définit pour l'homme ces valeurs et le moment de leur réalisation, et c'est en fonction d'elle que l'homme les adopte. La Charia a exposé les solutions aux problèmes de la vie par les commandements et les interdictions d'Allah, et a obligé l'homme à cheminer dans cette vie selon ces commandements et ces interdictions. Elle a également défini les actions qui réalisent la valeur spirituelle, à savoir les adorations qu'elle a rendues obligatoires ou recommandées. Elle a aussi défini les qualités qui réalisent la valeur morale. Et elle a laissé à l'homme le soin de réaliser la valeur matérielle qui lui est nécessaire pour satisfaire ses besoins essentiels et ses besoins au-delà du nécessaire, selon un système spécifique qu'elle lui a exposé, lui ordonnant de ne pas s'en écarter. L'homme n'a plus qu'à œuvrer pour réaliser ces valeurs conformément aux commandements et aux interdictions d'Allah...) (Fin de citation).

3- C'est ici qu'apparaît la mission de l'État : réguler ces valeurs selon les dispositions de la Charia, et l'homme n'a plus qu'à œuvrer pour réaliser ces valeurs conformément aux commandements et aux interdictions d'Allah... dans tous les types de valeurs : spirituelle, morale, humaine et matérielle.

Telle est la mission de l'État et son rôle dans la régulation de l'accomplissement des valeurs par les individus selon les dispositions de la Charia, qu'il s'agisse de la valeur spirituelle, morale, humaine ou matérielle... L'État utilise les méthodes nécessaires pour cette régulation, par l'orientation ou l'explication conformément aux règles de la Charia. Si l'orientation et l'explication ne suffisent pas à corriger la violation de la Charia dans l'exécution de ces valeurs par les individus, et que la sanction s'impose, alors il l'applique, afin de garantir que les individus mettent en œuvre ces valeurs conformément aux ordres et aux interdictions d'Allah...

C'est ce que je privilégie sur cette question, et Allah est le plus Savant et le plus Sage.

Votre frère, Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah

26 Joumada al-Akhirah 1443 de l'Hégire Correspondant au 29/01/2022

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