Question :
Le Conseil de sécurité a adopté, le 29/04/2014, sa résolution n° 2152 concernant la question du Sahara occidental. Cette résolution faisait suite au rapport du Secrétaire général du 10/04/2014, sachant que ce dernier intervenait après les initiatives de Ross, l'envoyé personnel du Secrétaire général, lors de ses visites en Afrique du Nord le 28/01/2014, et après les visites du roi Mohammed VI entamées le 18/02/2014 en Afrique, particulièrement dans les pays inféodés à la France. Ces visites étaient amicales et ont donné lieu à la signature de plusieurs accords... Le Secrétaire général a recommandé dans son rapport : « la prorogation du mandat de la mission jusqu'au 30/04/2015 ».
La question est la suivante : pourquoi la question du Sahara traîne-t-elle sans solution, de résolution en résolution, depuis environ quarante ans, soit depuis son indépendance de l'Espagne le 26/02/1976 ? Existe-t-il un lien entre la visite de Ross, celle du roi et la résolution 2152 du Conseil de sécurité ? Ensuite, comment expliquer la visite du roi, allié de la Grande-Bretagne, dans des pays africains alliés de la France, et la signature de nombreux accords avec eux, comme si les intérêts britanniques et français ne faisaient qu'un ? Y avait-il un but spécifique à la visite du roi dans ces quatre pays africains, d'autant plus qu'elle a eu lieu après celle de Ross dans la région ? Qu'Allah vous récompense par le bien.
Réponse :
Répondre à cette question nécessiterait des pages entières, mais je vais essayer d'être aussi concis que possible. Néanmoins, pour que la réponse soit claire, il est indispensable de passer en revue la genèse de la question du Sahara, la lutte pour l'Afrique entre l'ancien colonialisme européen (en particulier la Grande-Bretagne et la France) et le nouveau colonialisme américain. Il faut également comprendre quand le conflit oppose la Grande-Bretagne à la France, et quand il oppose ces deux puissances réunies aux États-Unis. Ainsi, le but de la visite du roi dans les quatre pays après celle de Ross deviendra évident.
Premièrement : La genèse de la question du Sahara :
- Il est notoire que depuis l'époque du roi Hassan II au Maroc et de Boumédiène en Algérie, l'influence dans ces deux pays appartenait à la Grande-Bretagne, barrant ainsi la route aux États-Unis. L'Amérique a trouvé une opportunité dans le mouvement du Polisario pour l'indépendance du Sahara après le départ de l'Espagne le 26/02/1976, suite à 91 ans de colonisation. Auparavant, sous l'influence américaine, les Nations Unies avaient formé une mission d'enquête envoyée au Sahara occidental. Cette mission a remis son rapport à l'Assemblée générale le 09/06/1975, recommandant l'indépendance du Sahara vis-à-vis de l'Espagne et ajoutant que le Polisario était le mouvement dominant dans le territoire avec une influence considérable. C'est ainsi que l'Amérique a mis en avant et soutenu le Polisario en tant que représentant du peuple sahraoui. L'objectif était que le Sahara ne revienne pas au Maroc après le départ de l'Espagne, afin qu'il reste un foyer de tension revendiquant l'indépendance, que l'Amérique pourrait exploiter pour ses intérêts en Afrique du Nord. Après le retrait espagnol le 26/02/1976, le Conseil national sahraoui a proclamé le lendemain la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui a ensuite rejoint l'Organisation de l'unité africaine le 22/02/1982. Cependant, le Maroc et la Mauritanie ont occupé le Sahara le 14/04/1976 après le départ de l'Espagne. Quant à la Mauritanie, après le coup d'État contre Ould Daddah, elle a signé un accord de paix avec le Polisario le 05/08/1979 à Alger, par lequel elle a renoncé définitivement au Sahara. Le Maroc est resté seul sur le terrain, tandis que le siège du gouvernement sahraoui et du Polisario s'est établi à Tindouf, en Algérie. L'Amérique a commencé son intervention directe immédiatement après, par son influence sur les résolutions de l'ONU concernant le Sahara :
a- Le Conseil de sécurité a adopté le 19/04/1991 la résolution 690 créant la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO)... Les résolutions se sont succédé jusqu'à ce que Kofi Annan nomme James Baker en 1997 comme envoyé personnel pour mettre en œuvre ladite résolution. Trois ans plus tard, Baker a proposé dans son rapport du 13/07/2000 un compromis appelé « la troisième voie », prévoyant une solution par étapes commençant par l'autonomie du Sahara, suivie cinq ans plus tard d'un référendum d'autodétermination. Le Conseil de sécurité a approuvé la proposition de Baker par la résolution n° 1359 le 29/06/2001. Bien que le Maroc ait initialement émis des réserves, il a fini par céder aux pressions américaines sept ans après la proposition de Baker et a annoncé en 2007 sa proposition d'accorder une large autonomie au Sahara. L'initiative américaine présentée par Baker a alors été considérée comme une initiative marocaine ! Le Maroc a présenté son initiative le 11/04/2007, et le Conseil de sécurité l'a adoptée le 25/04/2007 par la résolution 1754.
b- Le Maroc a donc accepté l'initiative de Baker sur l'autonomie, rebaptisée « initiative marocaine » ! Le Maroc pensait qu'il s'agissait du point final, étant sa dernière concession, alors que l'Amérique la considérait comme une étape précédant l'autodétermination et la séparation, conformément aux plans américains comme ce fut le cas pour la séparation du Sud-Soudan... Après l'acceptation par le Maroc de cette initiative, la situation s'est quelque peu calmée en raison des priorités américaines, telles que sa crise économique accentuée en 2008 et les crises politiques et militaires extérieures... Jusqu'au printemps 2013, lorsque l'Amérique a recommencé à agiter vigoureusement la crise pour faire de la question du Sahara un prétexte d'intervention en Afrique du Nord et dans les pays africains adjacents... Elle a préparé un projet de résolution pour le Conseil de sécurité visant à élargir le mandat de la mission onusienne « MINURSO » au Sahara pour inclure la surveillance des droits de l'homme. Ce serait pour elle un prétexte pour s'ingérer dans les moindres détails sous couvert des droits de l'homme ! Le roi a fait tout son possible auprès de l'administration américaine pour empêcher cet élargissement. L'Amérique a reporté cette extension, et le Conseil de sécurité a adopté le 25/04/2013 la résolution n° 2099, qui était plus souple sur les droits de l'homme, encourageant les parties sans les y contraindre : « Le Conseil de sécurité encourage les parties à poursuivre leurs efforts pour renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf »... Durant l'année de prorogation, l'Amérique, le Secrétaire général et son envoyé Ross se sont activés pour préparer à nouveau le terrain pour discuter du référendum et des droits de l'homme... Le diplomate américain Christopher Ross, en sa qualité d'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, a effectué une visite dans la région en octobre 2013, puis le 28/01/2014. Il a rencontré le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar. « Avant son arrivée au Maroc, Ross s'était entretenu en Algérie avec le chef du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, ainsi qu'avec le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal » (Radio Sawa américaine, 28/01/2014). Ross s'intéressait particulièrement au référendum et aux droits de l'homme lors de ses visites...
c- Cela inquiétait le roi, et cette inquiétude s'est accrue avec le rapport de Ban Ki-moon du 10/04/2014. Dans son rapport, sous le titre (VIII - Observations et recommandations), il a recommandé ce qui suit :
Au point 94 : « J’appelle les deux parties à reconnaître la nécessité de progresser d’urgence et à travailler sérieusement sur les deux questions fondamentales figurant dans les directives du Conseil de sécurité, à savoir que le fond est de parvenir à une solution politique et que la forme est l’autodétermination », ajoutant un avertissement, voire une menace : « Si aucun progrès n’est réalisé avant avril 2015, il sera temps d’impliquer les membres du Conseil dans un processus d’examen complet du cadre qu’il a fourni pour le processus de négociation en avril 2007 »... Au point 100 : « Néanmoins, l’objectif ultime reste de parvenir à un suivi continu, indépendant et impartial des droits de l’homme couvrant à la fois le territoire et les camps »... Au point 101 : « Je crois que la présence de la Mission est un mécanisme de soutien à la mise en œuvre des résolutions successives du Conseil de sécurité relatives au mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental »... Au point 102 : « Je recommande que le Conseil de sécurité proroge le mandat de la Mission pour une nouvelle période de 12 mois, jusqu’au 30 avril 2015 ».
Tout cela a poussé le roi à contacter Ban Ki-moon pour l'avertir, voire le menacer... Le journal Asharq Al-Awsat a rapporté le 15/04/2014, citant des sources diplomatiques concordantes à New York et à Rabat, la réaction de Mohammed VI qui a menacé le Secrétaire général, lors d'un appel téléphonique le 13/04/2014, de mettre fin à la mission des Nations Unies « MINURSO ». Il semble que l'Amérique ait jugé préférable de ne pas aller vers l'escalade pour l'instant, d'où la résolution actuelle du Conseil de sécurité, relativement plus souple. L'escalade américaine a donc été reportée une fois de plus à la fin du nouveau mandat de la mission onusienne, soit jusqu'au 30/04/2015.
- Ainsi, la question du Sahara est une création américaine pour servir de foyer de tension que l'Amérique exploite pour intervenir en Afrique, afin d'influencer les affaires des pays inféodés à l'Europe (Grande-Bretagne et France) et de pénétrer ces pays. C'est pourquoi l'Amérique ne voit aucun inconvénient à reporter la solution d'année en année, afin de maintenir l'Europe et ses agents sous pression.
Deuxièmement : La lutte pour l'Afrique entre l'ancien colonialisme européen (Grande-Bretagne et France) et le nouveau colonialisme américain :
a- Sous la présidence de Clinton, dans les années 1990, les efforts américains se sont concentrés sur la lutte contre les anciennes puissances européennes (Grande-Bretagne et France) en Afrique, dernier bastion de l'hégémonie européenne. L'ambition hégémonique américaine en Afrique a atteint une nouvelle forme de rivalité, Clinton annonçant officiellement le partenariat de l'Amérique avec l'Afrique via la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA). Les premiers documents de cette loi ont été présentés en 1998 et approuvés ultérieurement en mai 2000.
L'orientation principale de l'administration américaine était d'œuvrer pour intégrer les économies des pays africains sous contrôle direct de la Grande-Bretagne et de la France dans la zone d'influence américaine. L'écrivain Philippe Leymarie a résumé dans le journal Le Monde Diplomatique l'impasse à laquelle l'Europe est confrontée, en particulier la France, en disant : « À la fin de mars, le président Bill Clinton effectuera sa première visite en Afrique. Les anciennes puissances coloniales semblent désemparées et incapables de proposer des idées constructives, alors que les États-Unis commencent à se concentrer sur le continent comme l'une des terres vierges pour les investisseurs américains. » [Philippe Leymarie, « Washington à la conquête de la terre vierge », Le Monde Diplomatique, 1998].
b- Pour contrer les mouvements américains, la Grande-Bretagne et la France ont décidé de mettre de côté leurs anciennes rivalités en Afrique, du moins temporairement, et de coopérer sur plusieurs fronts pour faire échouer les efforts américains visant à coloniser de vastes parties de l'Afrique. En 1999, le Royaume-Uni et la France ont lancé une nouvelle campagne de partenariat pour l'Afrique. Le ministre britannique des Affaires étrangères (Robin Cook), lors d'une visite avec son homologue français au Ghana, a déclaré que l'initiative n'était pas une autre forme de colonisation sous un déguisement différent, mais une offre de partenariat en Afrique, et que l'objectif principal de la diplomatie conjointe franco-britannique était de résoudre les conflits africains. Il a déclaré : « Notre objectif est d'instaurer la stabilité, et la Grande-Bretagne et la France ont un certain nombre d'expériences en Afrique... Ce n'est pas un complot, ce que nous proposons est un partenariat ». Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a déclaré : « Nous nous renforçons mutuellement pour que l'Europe puisse adopter une politique plus moderne envers l'Afrique. » [World: Africa - A new era in African partnership, BBC, 11 mars 1999]. Ce nouveau partenariat s'appuyait sur la déclaration de Saint-Malo signée lors du sommet franco-britannique de 1998, devenue la pierre angulaire de toute coopération future entre les deux pays. Lors du sommet de 2003, le communiqué final mentionnait : « Dans ce contexte, nous rappelons l'engagement que nous avons pris au sommet de Saint-Malo d'unir nos efforts pour promouvoir la paix et la stabilité en Afrique. Par conséquent, nous proposons à nos partenaires de l'Union européenne d'examiner comment ils peuvent contribuer à la prévention des conflits et au maintien de la paix en Afrique, y compris par le biais d'opérations autonomes de l'UE et en étroite coopération avec les Nations Unies. » [« Sommet franco-britannique : Déclaration sur le renforcement du partenariat européen, coopération en matière de sécurité et de défense, Le Touquet », Ambassade de France à Londres, février 2003].
- Il en ressort que l'Europe (Grande-Bretagne et France) est consciente de l'attaque féroce de l'Amérique contre son influence politique en Afrique et que le danger de cette attaque menace les intérêts des deux pays. C'est pourquoi, dans ce cas, elles se retrouvent ensemble pour faire face à l'intervention américaine.
Troisièmement : Quand le conflit oppose-t-il la Grande-Bretagne à la France, et quand oppose-t-il ces deux pays à l'Amérique ?
Quiconque observe le conflit politique entre l'Amérique, la Grande-Bretagne et la France constatera que le conflit franco-britannique survient dans les pays où l'Amérique n'a pas d'ambitions immédiates, ou lorsque l'Amérique est occupée par d'autres crises, en particulier les crises militaires majeures comme les agressions américaines en Afghanistan et en Irak... de sorte que l'Amérique est distraite de ces pays. Dans ce cas, un conflit franco-britannique peut éclater selon les intérêts de chacun dans ce pays.
Cependant, si l'Amérique a des ambitions dans un pays donné et n'est pas occupée ailleurs, et qu'elle œuvre pour y introduire son influence, le conflit se déroule alors entre l'Europe (Grande-Bretagne et France) et l'Amérique. Cela s'explique par le fait que la Grande-Bretagne et la France comprennent que l'Amérique, par ses ambitions politiques, veut affaiblir les deux puissances. Le seul conflit devient alors celui qui les oppose à l'Amérique, malgré la différence de leurs méthodes respectives.
- C'est ce qui prévaut dans les grandes lignes du conflit, concernant le moment et la manière dont il se produit... sauf dans des cas exceptionnels ayant des contextes particuliers qui pourraient déroger à ce qui a été mentionné ci-dessus. Mais la règle générale est celle que nous avons exposée.
Quatrièmement : Le but de la visite du roi dans les quatre pays africains, intervenue après celle de Ross dans la région :
a- Quiconque observe la visite de Ross, l'envoyé du Secrétaire général, commencée avant celle du roi en octobre 2013 puis le 28/01/2014, verra clairement qu'il cherchait à resserrer l'étau sur le Maroc concernant ses liens avec le Sahara occidental. Il explorait lors de ses visites le référendum et les droits de l'homme comme points d'entrée pour séparer le Sahara occidental du Maroc. Ainsi, le Sahara deviendrait un ancrage pour l'Amérique à partir duquel elle pourrait introduire son influence, surtout politique et économique, à la place de l'Europe dans les pays africains concernés... Comme nous l'avons dit précédemment, la Grande-Bretagne et la France sont conscientes que l'offensive politique et économique américaine en Afrique nuit à leurs intérêts... Auparavant, Kadhafi exécutait la politique anglaise (européenne) et attaquait la politique américaine en Afrique. Il semble que la Grande-Bretagne ait jugé que le roi Mohammed VI était le plus apte à jouer ce rôle après Kadhafi. Il a été chargé de cette mission par la Grande-Bretagne avec le soutien de la France, car le danger américain frappe les intérêts des deux pays. Dans ce cas, la confrontation franco-britannique s'efface au profit d'une confrontation avec l'Amérique pour écarter le danger. Le roi a donc assumé ce rôle en se concentrant sur deux points saillants : rassembler du soutien pour l'initiative d'autonomie au Sahara comme solution finale sans autodétermination (c'est-à-dire sans séparation, le Sahara restant partie intégrante du Maroc) et signer des projets économiques pour barrer la route à l'Amérique, qui a l'habitude d'utiliser l'économie pour pénétrer politiquement en Afrique.
b- Cela a été évident lors de la visite du roi dans les quatre pays africains, en notant que ces pays n'avaient pas reconnu la République sahraouie lors de sa proclamation le 22/02/1982, à l'exception du Mali qui l'avait reconnue auparavant avant de retirer sa reconnaissance le 23/09/2013, suite à la première visite du roi le 19/09/2013. C'est pourquoi le roi a commencé par une seconde visite pour remercier le Mali du retrait de sa reconnaissance. De plus, il importe au Maroc de réintégrer l'organisation africaine qu'il a quittée le 12/11/1984 suite à la reconnaissance par l'organisation de la république du Polisario. Les visites ont donc également abordé ce sujet.
Par conséquent, on peut dire que la visite du roi avait pour but de recueillir du soutien pour l'initiative d'autonomie au Sahara comme solution finale sous souveraineté marocaine, tout en accompagnant cela de projets économiques pour couper l'herbe sous le pied aux tentatives américaines de pénétration politique et économique dans la région. L'examen des points saillants des communiqués de visite dans ces pays confirme cela :
Le Mali a été sa première étape du 18 au 23/02/2014. Il l'avait déjà visité en septembre dernier pour participer à l'investiture du nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta le 19/09/2013. Le Mali avait reconnu la république du Sahara auparavant, puis a retiré sa reconnaissance au Polisario le 23/09/2013, soit après cette visite... Il est connu que « Boubacar » est arrivé au pouvoir par des élections parrainées par la France, écartant le coup d'État fomenté par l'Amérique au Mali le 22/03/2012 dirigé par Amadou Sanogo... Le communiqué final de la visite stipule :
(S'agissant de la situation au Sahara... le président Keïta a salué les efforts sérieux et crédibles déployés par le Maroc pour avancer vers un règlement pacifique négocié et définitif de cette question. D'autre part, le président a exprimé son regret quant à l'absence du Maroc de l'Union Africaine, assurant au roi son engagement à œuvrer, en concertation avec ses pairs africains, pour le retour du Maroc au sein de l'organisation africaine.) Fin de citation. Le communiqué indique également : (... le président apprécie hautement les efforts de coopération économique, sociale et culturelle déployés par le roi, à travers la signature de 17 accords couvrant plusieurs secteurs entre les deux pays. Dans le but de renforcer la coopération économique entre le Maroc et le Mali...) Fin de citation.
Quant à la Côte d'Ivoire, elle n'a jamais reconnu la république du Polisario depuis sa création. Le roi l'a visitée du 23/02 au 03/03/2014. Le communiqué final indique : (Le Maroc et la Côte d'Ivoire ont affirmé que la persistance du conflit du Sahara « constitue une menace pour l'unité et la sécurité de la région »... Le président ivoirien Alassane Ouattara a réitéré le soutien de son pays au plan d'autonomie proposé par le Maroc comme solution politique pour mettre fin au conflit, car c'est la solution optimale...).
Quant à la Guinée-Conakry, elle n'a pas non plus reconnu la république du Polisario depuis sa création. Sa visite a eu lieu du 03 au 05/03/2014. Le communiqué final précise : (... la visite a abouti à la signature de plusieurs accords dans les domaines économique et politique... Les deux dirigeants ont également présidé la cérémonie de remise par l'Office chérifien des phosphates d'un don de fertilisants et de compléments alimentaires pour animaux, et l'inauguration d'une unité de transformation de céréales visant à améliorer la production agricole... Concernant la question du Sahara, le président a exprimé son soutien à l'initiative marocaine visant à accorder une large autonomie à la région du Sahara, considérée comme un effort sérieux et crédible du Maroc pour parvenir à un règlement définitif de ce conflit. Le président a également souligné le rôle important joué par le Maroc pour l'unité du continent et a exprimé son engagement à œuvrer pour le retour du Royaume au sein de l'Union Africaine, dans le respect de l'intégrité territoriale du Maroc.).
Le pays le plus visité par Mohammed VI est le Gabon, où il s'est rendu à plusieurs reprises ces dernières années... La dernière visite a eu lieu du 05 au 08/03/2014, après quoi il y est resté pour se reposer jusqu'au 13/03/2014. Il est notoire que le Gabon est indépendant de forme mais reste une colonie française de fait, et il n'a jamais reconnu la république du Polisario... Le communiqué final indique : (... le roi et le président ont également présidé une séance de travail officielle au cours de laquelle un accord a été signé entre les deux pays établissant un partenariat stratégique dans le domaine de l'industrie des fertilisants et des industries connexes... Les deux dirigeants ont salué la tenue du forum économique durant la visite qui a été couronné par la signature de nombreux contrats, traités et conventions... Le président Ali Bongo a exprimé le soutien fort de son pays à la demande formulée par le Royaume du Maroc visant à obtenir le statut d'observateur au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale...), le communiqué ajoute également : (... et concernant la question du Sahara marocain, le président Ali Bongo a tenu à renouveler le soutien fort et permanent de la République gabonaise à la marocanité du Sahara et à l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc... Il a également affirmé que le règlement pacifique et durable de ce conflit régional ne peut se faire que sur la base de l'initiative marocaine visant à accorder à la région du Sahara une large autonomie dans le cadre de la souveraineté, de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc.) Fin de citation.
Il est clair de tout cela que la visite du roi dans ces pays est étroitement liée à la question du Sahara et vise à barrer la route à l'intervention politique et économique de l'Amérique. Cela a été fait sur mandat de la Grande-Bretagne avec l'accord de la France, afin que le roi reprenne le rôle que jouait Kadhafi dans la protection des intérêts de l'Europe (Grande-Bretagne) en Afrique face aux offensives politiques et économiques américaines.
C'est ainsi que les gouvernants des pays musulmans s'activent au service des intérêts des mécréants colonialistes, laissant derrière eux les intérêts des musulmans. Ils vendent leur au-delà, non pas pour un gain éphémère de ce monde, mais pour le monde de leurs maîtres, sans tirer de leçons du sort de leurs prédécesseurs qui ont connu l'humiliation dans ce monde.
وَلَعَذَابُ الْآخِرَةِ أَخْزَى وَهُمْ لَا يُنْصَرُونَ
« Le châtiment de l'au-delà est bien plus humiliant, et ils ne seront pas secourus. » (Sourate Fussilat [41]: 16)