Les gens ont pris l'habitude de louer des salles de fêtes pour leurs mariages, et ces salles sont de deux types :
Le premier type : des salles mixtes où hommes et femmes sont invités et s'assoient ensemble. Lorsque la mariée arrive du salon de coiffure, on l'installe avec son mari, entourée de femmes qui sont soit ses maharim, soit des étrangères (non-maharim). Dans ces cas, les femmes sont parées et dévoilent leur ‘awrah, chantant et dansant devant les mariés, et les hommes y participent parfois également. Pendant ce temps, le mari passe les bijoux aux mains, au cou et aux oreilles de sa femme, comme c'est la coutume.
Le second type : des salles louées par ceux qui se soucient de l'Islam, une pour les hommes et une autre pour les femmes, c'est-à-dire sans mixité. Cependant, lorsque la mariée arrive, on l'installe avec son mari dans la salle des femmes. Les femmes chantent et dansent devant les mariés, qu'elles soient des maharim ou non, et parmi elles se trouvent des femmes dévoilant leurs atours (mutabarrijat) et montrant leur ‘awrah. Ensuite, le mari passe les bijoux aux mains, au cou et aux oreilles de sa femme, comme c'est l'usage.
La question est la suivante :
Est-ce que tout cela est haram — les salles mixtes et le fait que le marié s'assoie devant les femmes dans la situation mentionnée — ou est-ce que cela fait partie de ce qui est considéré comme un malheur généralisé (‘ammat bihi al-balwa), comme le disent certains savants, et serait donc toléré et pardonné ?
Pour répondre à cela, nous disons :
La mixité (ikhtilat) entre hommes et femmes est haram. Ses preuves sont abondantes, et la vie des musulmans à l'époque du Messager d'Allah ﷺ et des compagnons après lui en témoigne. La mixité n'est autorisée que pour un besoin reconnu par la Shari'ah et pour lequel un texte est parvenu dans le Livre d'Allah ou la Sunnah de Son Messager, comme la vente et l'achat, les liens de parenté (silat ar-rahim), etc.
Or, aucun texte n'est venu autoriser la mixité des hommes et des femmes dans les salles de fêtes (mariages). Au contraire, ce qui a été rapporté à l'époque du Messager d'Allah ﷺ et de ses compagnons, c'est que les femmes étaient seules avec la mariée, et les hommes étaient de leur côté. Par conséquent, la mixité dans les salles est haram et ne fait pas l'objet d'une exception. Ce qui est rapporté concernant les mariages est le cortège de la femme vers la maison de son mari : il est permis que les hommes et les femmes l'accompagnent jusqu'à la demeure de l'époux, puis les hommes se séparent des femmes. Cela a été établi à l'époque du Messager d'Allah ﷺ et il l'a approuvé.
Par conséquent, la présence d'hommes et de femmes dans les salles de fêtes sans séparation, c'est-à-dire dans une seule salle et non deux salles distinctes, est haram. Si les ‘awrah sont dévoilées, comme c'est majoritairement le cas dans ces situations, l'interdiction est encore plus sévère. De même, le fait que le marié s'assoie à côté de son épouse, entouré de femmes maharim et non-maharim, est haram, particulièrement lorsqu'elles ne couvrent pas leur ‘awrah, ce qui est prédominant chez les femmes autour de la mariée de nos jours.
Quant à l'argument prétendant que cela relève du « malheur généralisé » (‘ammat bihi al-balwa), cela ne rend pas le haram licite (halal). C'est un argument rejeté car il contredit la Shari'ah. Au contraire, il existe des hadiths qui font l'éloge de ceux qui s'accrochent à leur religion comme s'ils tenaient un charbon ardent, en raison de la dureté de l'épreuve dans laquelle se trouve le musulman lorsqu'il s'attache à son Islam.
Le Messager d'Allah ﷺ a dit :
يَأْتِي عَلَى النَّاسِ زَمَانٌ الصَّابِرُ فِيهِمْ عَلَى دِينِهِ كَالْقَابِضِ عَلَى الْجَمْرِ
« Il viendra pour les gens un temps où celui qui patiente dans sa religion sera comme celui qui tient un charbon ardent. » (Rapporté par At-Tirmidhi)
6 de Jumada ath-Thani 1424 H. 08/08/2003 G.