Série de réponses du grand savant Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir
Aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »
Réponse à une question
La demande de soutien (Nusrah) auprès des gens de force
À Ziad Walwil - kamel A.j.Saleh - Fozi Ibrahem Alshouha
1- Question de Ziad Walwil :
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous, Cheikh Ata. Ma question concerne la demande de soutien (Nusrah) : le Parti a mentionné à plusieurs reprises qu'après que la société mecquoise se soit figée, le Prophète est allé demander la Nusrah aux tribus...
Ici, j'ai une confusion concernant certains récits rapportés, ainsi que chez beaucoup de lecteurs du Parti ou en dehors, sur le moment où le Prophète présentait l'Islam aux polythéistes : les appelait-il à le soutenir, ou les appelait-il à l'Islam, ou les appelait-il à l'Islam puis à le soutenir ? Et en supposant que les chefs de tribus aient cru, cela signifie-t-il qu'ils étaient prêts au sacrifice ? Est-il concevable que le Prophète, par exemple, refuse leur conversion... etc. ?
2- Question de kamel A.j.Saleh :
S'il vous plaît... Le Messager ﷺ demandait-il la Nusrah aux mécréants alors qu'ils étaient encore dans leur mécréance... ou leur demandait-il de croire d'abord... ??
Est-il permis de demander la Nusrah à un mécréant... ?!
Il semble que ma question n'ait pas été claire, permettez-moi de la reformuler...
Le Messager ﷺ leur demandait-il la Nusrah alors qu'ils étaient encore dans leur polythéisme, ou posait-il comme condition qu'ils se convertissent à l'Islam avant de le soutenir... ou son objectif était-il d'obtenir le soutien, qu'ils se convertissent ou qu'ils restent mécréants ?
3- Question de Fozi Ibrahem Alshouha :
Allah a-t-il ordonné à Son Messager d'aller à Taïf et vers les tribus arabes pour demander la Nusrah, ou l'ordre concernait-il simplement la demande de Nusrah et le Messager d'Allah a-t-il choisi les tribus puissantes ?
Les gens de la Nusrah auxquels le Messager a demandé le soutien étaient-ils des leaders politiques suivis par la force ? Ou étaient-ils des chefs militaires ?
C'est-à-dire, leur a-t-il demandé la Nusrah en tant que milieu politique qui se trouvait à Médine ou en tant que détenteurs de force militaire ?
Réponse :
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.
Vos questions étant similaires, je vous réponds globalement, si Allah le veut :
1- Le Messager ﷺ n'accomplit aucun acte si ce n'est par une révélation d'Allah (Le Glorifié), selon ce que nous avons expliqué dans le livre La Personnalité Islamique - Tome III, au chapitre des « Actes du Messager ﷺ », où il est dit :
(Les actes du Messager ﷺ se divisent en trois catégories : ......
- La troisième catégorie : ce qui ne relève pas des actes naturels (jibilliyyah), et ce qui ne lui est pas exclusif ﷺ, c'est-à-dire le reste des actes. Il n'y a aucune divergence sur le fait que nous sommes ordonnés de suivre le Messager ﷺ dans ces actes, et ils constituent une preuve légale (dalil shar'i) au même titre que ses paroles et ses silences. Il est obligatoire d'agir selon ces actes car c'est son acte ﷺ, conformément à la parole d'Allah le Très-Haut :
لَّقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ
"En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle." (Sourate Al-Ahzab [33]: 21)
Et Sa parole :
إِنْ أَتَّبِعُ إِلَّا مَا يُوحَىٰ إِلَيَّ
"Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé." (Sourate Al-An'am [6]: 50)
Et Sa parole :
قُلْ إِنَّمَا أَتَّبِعُ مَا يُوحَىٰ إِلَيَّ مِن رَّبِّي
"Dis : « Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé de la part de mon Seigneur »." (Sourate Al-A'raf [7]: 203)
Ceci est explicite, clair et d'une portée générale, englobant tout ce que le Messager ﷺ accomplit comme actes, paroles ou silences. C'est pourquoi suivre le Messager ﷺ dans tous les actes émanant de lui, qui ne lui sont pas exclusifs et qui ne sont pas des actes naturels, est une obligation pour chaque musulman ; car le Messager ﷺ ne suit que ce qui lui est révélé. Cependant, l'obligation de suivre le Messager ﷺ ne signifie pas l'obligation d'accomplir l'acte qu'il a fait de manière absolue, mais l'obligation de le suivre selon la nature de l'acte : si l'acte est obligatoire, son accomplissement est obligatoire ; s'il est recommandé, son accomplissement est recommandé ; et si l'acte est permis, son accomplissement est permis. Suivre est donc obligatoire selon le statut de l'acte, tout comme pour les ordres du Messager. Allah le Très-Haut dit :
فَلْيَحْذَرِ الَّذِينَ يُخَالِفُونَ عَنْ أَمْرِهِ أَن تُصِيبَهُمْ فِتْنَةٌ أَوْ يُصِيبَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ
"Que ceux, donc, qui s'opposent à son commandement prennent garde qu'une épreuve ne les atteigne, ou que ne les frappe un châtiment douloureux." (Sourate An-Nur [24]: 63)
Cela prouve l'obligation d'obéir au Messager ﷺ dans ce qu'il ordonne, mais n'implique pas que l'acte ordonné soit obligatoirement un devoir, mais plutôt qu'il soit accompli selon la nature de l'ordre : s'il ordonne une obligation, l'acte est obligatoire ; s'il ordonne une recommandation, l'acte est recommandé ; s'il ordonne une permission, l'acte est permis. Il en va de même pour ses actes ﷺ, ils doivent être suivis, mais leur accomplissement se fait selon le statut des actes...)
2- Ainsi, le Messager ﷺ a demandé la Nusrah avec la permission d'Allah (Le Glorifié), et cela s'est produit à la fin de la phase d'interaction (marhalat at-tafa'ul), lorsque l'hostilité envers le Messager d'Allah ﷺ s'est intensifiée au cours de la dixième année de la mission :
- Il est rapporté dans Uyun al-Athar :
(... D'après Qatadah, il a dit : Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle) est décédée à La Mecque trois ans avant l'Hégire, et elle fut la première à croire au Prophète ﷺ. Il dit... Ensuite, Khadija bint Khuwaylid et Abu Talib sont décédés la même année. Deux malheurs se sont alors succédé pour le Messager d'Allah ﷺ : le décès de Khadija et d'Abu Talib. Khadija était un soutien sincère pour l'Islam, et le Messager d'Allah ﷺ trouvait refuge auprès d'elle. Ziad al-Bakka'i rapporte d'après Ibn Ishaq : Khadija et Abu Talib sont décédés la même année, dix ans après le début de la mission du Messager d'Allah ﷺ et trois ans avant son émigration ﷺ vers Médine. Ibn Qutaybah a mentionné que Khadija est décédée trois jours après Abu Talib. Al-Bayhaqi a mentionné la même chose.) Fin de citation.
- Et d'après Al-Waqidi : (Khadija est décédée trente-cinq nuits avant Abu Talib, et d'autres versions existent. À la mort d'Abu Talib, les Qurayshites firent subir au Messager d'Allah ﷺ des persécutions qu'ils n'auraient jamais osé commettre de son vivant, au point qu'un insensé parmi les Qurayshites l'intercepta et lui jeta de la terre sur la tête. Le Messager d'Allah ﷺ rentra chez lui la tête couverte de terre. L'une de ses filles se leva alors pour nettoyer la terre tout en pleurant, et le Messager d'Allah ﷺ disait : « Ne pleure pas ma fille, car Allah protège ton père ». Il disait également : « Quraysh ne m'a rien infligé de détestable jusqu'à la mort d'Abu Talib ».)
3- Dans ces circonstances difficiles, Allah a honoré Son Messager ﷺ de deux grands événements majeurs : Al-Isra' wal-Mi'raj (le Voyage nocturne et l'Ascension), et la permission donnée au Messager ﷺ de demander le soutien (Nusrah) des gens de force des tribus pour protéger la Da'wah et établir l'État... Le sujet d'Al-Isra' wal-Mi'raj n'est pas l'objet de cette discussion. Quant à la demande de Nusrah, elle a débuté à Taïf, mais ils n'ont pas répondu... Ils ont même incité leurs sots contre lui ﷺ... Puis les actions pour la Nusrah se sont succédé par la suite.
Lorsqu'il demandait la Nusrah, le Messager ﷺ s'adressait aux détenteurs de force et de puissance, c'est-à-dire aux chefs des grandes tribus d'importance et non aux petites. Avant de leur demander leur soutien, il les appelait à l'Islam. S'ils répondaient favorablement, il leur demandait explicitement le soutien pour établir un État qui gouverne par ce qu'Allah a révélé et qui combat dans le sentier d'Allah. C'est pourquoi certains posaient comme condition que le pouvoir leur revienne après le Messager d'Allah ﷺ, tandis que d'autres conditionnaient le combat contre les Arabes mais pas contre les Perses... Voici plus de précisions :
As-Sira an-Nabawiyyah d'Ibn Kathir, 2/155
- Le Hafiz Abu Nu'aym rapporte par la voie d'Abdullah bin al-Ajlah et Yahya bin Sa'id al-Umawi, tous deux d'après Muhammad bin al-Sa'ib al-Kalbi, d'après Abu Salih, d'après Ibn Abbas, d'après Al-Abbas qui dit : Le Messager d'Allah ﷺ m'a dit : "Je ne vois pour moi de protection ni chez toi ni chez ton frère. Peux-tu m'emmener demain au marché pour que nous nous rendions dans les campements des tribus ?" C'était le lieu de rassemblement des Arabes.
Il dit : J'ai dit : Voici Kinda et ses alliés, ce sont les meilleurs pèlerins venant du Yémen. Voici les demeures de Bakr bin Wa'il, et voici celles de Bani 'Amir bin Sa'sa'ah, choisis pour toi-même. Il dit : Il commença par Kinda et alla vers eux, disant : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils répondirent : « Du peuple du Yémen. » Il dit : « De quelle partie du Yémen ? » Ils répondirent : « De Kinda. » Il dit : « De quel clan de Kinda ? » Ils répondirent : « De Bani 'Amr bin Mu'awiya. » Il dit : « Souhaitez-vous le bien ? » Ils dirent : « Qu'est-ce ? » Il dit : « Que vous témoigniez qu'il n'y a de divinité qu'Allah, que vous accomplissiez la prière et que vous croyiez en ce qui est venu de la part d'Allah. » Abdullah bin al-Ajlah a dit : Mon père m'a rapporté d'après les anciens de son peuple que Kinda lui dirent : « Si tu triomphes, nous donneras-tu le pouvoir après toi ? » Le Messager d'Allah ﷺ répondit : « Le pouvoir appartient à Allah, Il le place où Il veut. » Ils dirent : « Nous n'avons que faire de ce que tu nous apportes. »
- Abu Bakr dit : Puis nous arrivâmes à une assemblée empreinte de sérénité et de dignité, où se trouvaient des notables de haut rang et de belle prestance. Abu Bakr s'avança et les salua.
Ali dit : Abu Bakr était toujours à l'avant-garde pour tout bien. Abu Bakr leur demanda : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils répondirent : « De Bani Shayban bin Tha'labah. » Il se tourna vers le Messager d'Allah ﷺ et dit : « Par mon père et ma mère, il n'y a pas après ceux-là plus de puissance dans leur peuple. » Dans une version : « Il n'y a point d'excuse après eux, car ce sont les élites de leur peuple. » Dans l'assemblée se trouvaient Mafruq bin 'Amr, Hani' bin Qabisah, Al-Muthanna bin Harithah et An-Nu'man bin Sharik.
Le plus proche d'Abu Bakr était Mafruq bin 'Amr, celui-ci les surpassait par son éloquence. Il avait deux tresses tombant sur sa poitrine et était le plus proche d'Abu Bakr dans l'assemblée... Mafruq demanda : « Serais-tu le frère de Quraysh ? » Abu Bakr répondit : « S'il vous est parvenu qu'il est le Messager d'Allah, le voici. » Mafruq dit : « Il nous est parvenu qu'il mentionne cela. » Puis il se tourna vers le Messager d'Allah ﷺ [et dit : « À quoi appelles-tu, frère de Quraysh ? » Le Messager d'Allah ﷺ s'avança, s'assit, et Abu Bakr se tint debout pour l'abriter avec son vêtement. Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Je vous appelle au témoignage qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah, Seul et sans associé, et que je suis le Messager d'Allah. Je vous appelle à m'abriter et à me soutenir jusqu'à ce que je transmette de la part d'Allah ce qu'Il m'a ordonné. Car les Qurayshites se sont ligués contre l'ordre d'Allah, ont démenti Son Messager et se sont contentés du faux au détriment de la vérité, et Allah est le Riche, le Digne de louanges... » Mafruq lui demanda : « Et à quoi appelles-tu encore, frère de Quraysh ? Par Allah, ceci n'est pas la parole des gens de la terre, car si c'était le cas, nous la reconnaîtrions. » Le Messager d'Allah ﷺ récita :
إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ وَإِيتَاءِ ذِي الْقُرْبَىٰ وَيَنْهَىٰ عَنِ الْفَحْشَاءِ وَالْمُنكَرِ وَالْبَغْيِ يَعِظُكُمْ لَعَلَّكُمْ تَذَكَّرُونَ
"Certes, Allah ordonne la justice, la bienfaisance et l'assistance aux proches, et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et l'injustice. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez." (Sourate An-Nahl [16]: 90)
Mafruq lui dit : « Par Allah, frère de Quraysh, tu as appelé aux nobles caractères et aux bonnes œuvres. Certes, un peuple qui t'a démenti et s'est ligué contre toi est dans l'erreur. »
Puis, comme s'il voulait impliquer Hani' bin Qabisah dans la conversation, il dit : « Voici Hani' bin Qabisah, notre doyen et le garant de notre religion... Nous avons derrière nous des gens envers lesquels nous détestons conclure un pacte sans leur avis. Mais tu repars, nous repartons, tu réfléchis et nous réfléchissons... » Comme s'il voulait impliquer Al-Muthanna bin Harithah, il dit : « Voici Al-Muthanna, notre doyen et notre chef de guerre... » Al-Muthanna dit : « J'ai entendu tes paroles et j'apprécie ce que tu as dit, frère de Quraysh. Ce que tu as exprimé m'a plu. La réponse est celle de Hani' bin Qabisah. Abandonner notre religion pour te suivre suite à une seule rencontre est prématuré. Nous sommes installés entre deux sources d'eau : Al-Yamama et As-Samawa. »
Le Messager d'Allah ﷺ demanda : « Que sont ces deux sources ? » Il répondit : « L'une est la bordure du désert et la terre des Arabes, l'autre est la terre de Perse et les fleuves de Khosro. Nous nous sommes installés selon un pacte pris par Khosro nous enjoignant de ne rien innover et de n'abriter aucun innovateur. Il se peut que cette affaire à laquelle tu nous appelles soit détestée par les rois. Quant à ce qui touche au côté arabe, la faute en est pardonnée et l'excuse est acceptée. Mais quant à ce qui touche au côté perse, la faute n'est pas pardonnée et l'excuse n'est pas acceptée. Si tu veux que nous te soutenions et te protégions du côté arabe, nous le ferons. »
Le Messager d'Allah ﷺ répondit : « Votre réponse n'est pas mauvaise puisque vous avez parlé avec franchise. Certes, la religion d'Allah ne peut être assumée que par celui qui l'entoure de tous ses côtés. »
Sira d'Ibn Hisham, 1/424
(Présentation du Messager ﷺ à Bani 'Amir)
Ibn Ishaq dit : Az-Zuhri m'a rapporté qu'il est allé vers les Bani 'Amir bin Sa'sa'ah, les a appelés à Allah (Le Puissant et Majestueux) et s'est présenté à eux. Un homme parmi eux, nommé Bayhara bin Firas, dit – Ibn Hisham précise : Firas bin Abdullah bin Salama (al-Khayr) bin Qushayr bin Ka'b bin Rabi'a bin 'Amir bin Sa'sa'ah – : « Par Allah, si je prenais ce jeune homme de Quraysh, je mangerais les Arabes grâce à lui. » Puis il demanda : « Vois-tu, si nous te prêtons allégeance sur ton affaire, et qu'ensuite Allah te donne la victoire sur tes opposants, le pouvoir nous reviendra-t-il après toi ? » Il répondit : « Le pouvoir appartient à Allah, Il le place où Il veut. » L'homme lui dit : « Devrions-nous offrir nos cous aux Arabes pour te protéger, et quand Allah te donne la victoire, le pouvoir irait à d'autres ? Nous n'avons que faire de ton affaire. »
Enfin, il y eut le Second Serment de l'Aqaba, et il est clair qu'il s'agissait de Musulmans avec qui Mus'ab avait passé du temps pour leur enseigner l'Islam... Ensuite eut lieu le Second Serment de l'Aqaba, l'Hégire et l'établissement de l'État. Pour plus de détails :
- Il est rapporté dans la Sira d'Ibn Hisham, dans Hada'iq al-Anwar et d'autres chroniques : (Ensuite, Mus'ab bin 'Umayr retourna à La Mecque. Des Musulmans parmi les Ansars partirent pour la saison du pèlerinage lors de la treizième année de la mission avec les pèlerins polythéistes de leur peuple. Une fois arrivés à La Mecque, ils donnèrent rendez-vous au Messager d'Allah ﷺ à Al-Aqaba, au milieu des jours de Tashriq. C'était le moment où Allah voulait les honorer, donner la victoire à Son Prophète, élever l'Islam et ses partisans, et humilier le polythéisme et ses adeptes... Ka'b dit : Ensuite nous sommes sortis pour le pèlerinage et avons donné rendez-vous au Messager d'Allah ﷺ à Al-Aqaba au milieu des jours de Tashriq. Il dit : Une fois le pèlerinage terminé, vint la nuit du rendez-vous... Il dit : Nous avons dormi cette nuit-là avec notre peuple dans nos campements. Au tiers de la nuit, nous nous sommes faufilés discrètement comme des perdrix, jusqu'à nous rassembler dans le défilé près d'Al-Aqaba. Nous étions soixante-treize hommes et deux femmes... Il dit : Nous nous sommes réunis dans le défilé en attendant le Messager d'Allah ﷺ... Il dit : Le Messager d'Allah ﷺ prit la parole, récita le Coran, appela à Allah et encouragea à l'Islam. Puis il dit : « Je reçois votre allégeance à condition que vous me protégiez comme vous protégez vos femmes et vos enfants. » Al-Bara' bin Ma'rur lui prit la main et dit : « Oui, par Celui qui t'a envoyé avec la vérité en tant que Prophète, nous te protégerons comme nous protégeons nos familles. Reçois notre allégeance, ô Messager d'Allah, car nous sommes par Allah des fils de guerre et des gens d'armes, nous en avons hérité de père en fils. » Pendant qu'Al-Bara' parlait au Messager d'Allah ﷺ, Abu al-Haytham bin al-Tayyihan intervint et dit : « Ô Messager d'Allah, nous avons des liens avec des hommes – les Juifs – que nous allons rompre. Se pourrait-il que si nous faisons cela et qu'Allah te donne la victoire, tu retournes vers ton peuple et nous délaisses ? » Il dit : Le Messager d'Allah ﷺ sourit puis dit : « Non, le sang pour le sang et la destruction pour la destruction. Je suis des vôtres et vous êtes des miens. Je combats qui vous combattez et je suis en paix avec qui vous êtes en paix... » Ibn Ishaq dit : 'Ubadah bin al-Walid m'a rapporté d'après son grand-père 'Ubadah bin al-Samit, qui était l'un des chefs (Nuqaba') : « Nous avons prêté allégeance au Messager d'Allah ﷺ – un serment de guerre. 'Ubadah faisait partie des douze qui lui avaient prêté allégeance lors du premier serment d'Aqaba (le serment des femmes) – sur l'écoute et l'obéissance, dans la difficulté comme dans l'aisance, dans ce qui nous plaît comme dans ce qui nous déplaît, même si nous étions lésés, et de ne pas contester le pouvoir à ceux qui le détiennent, et de dire la vérité où que nous soyons, sans craindre pour Allah le blâme de quiconque... ») Fin de citation.
4- C'est ainsi que fut conclu le Second Serment d'Aqaba, le serment de soutien (Nusrah), après que l'Islam se soit propagé à Médine, suivi de l'Hégire et de l'établissement de l'État. Il ressort de tout cela que le Messager ﷺ avait reçu l'ordre de demander la Nusrah dès la dixième année de la mission, soit environ trois ans avant le serment d'Aqaba. Le Messager ﷺ agissait par révélation dans ses démarches de demande de Nusrah, cherchant les gens de force parmi les tribus. Lorsque les nouvelles de Médine lui parvinrent via Mus'ab bin 'Umayr, puis que les soixante-treize hommes et deux femmes vinrent prêter le Second Serment d'Aqaba, le Messager d'Allah ﷺ vit que Médine était prête à le soutenir pour établir l'État et élever l'Islam... Néanmoins, le Messager ﷺ n'émigra vers Médine qu'après qu'Allah (Le Glorifié) lui eut montré la terre d'émigration et lui eut autorisé ﷺ l'émigration, comme rapporté dans Al-Bukhari : (Ibn Shihab dit : 'Urwa bin al-Zubayr m'a informé que Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), l'épouse du Prophète ﷺ, a dit : « Je n'ai connu mes parents que pratiquant la religion, et il ne se passait pas un jour sans que le Messager d'Allah ﷺ ne vienne nous voir aux deux extrémités de la journée, matin et soir... Le Prophète ﷺ dit aux Musulmans : « On m'a montré votre terre d'émigration, une terre de palmiers entre deux étendues de pierres noires » – c'est-à-dire les deux Harrah. Ceux qui devaient émigrer partirent vers Médine, et la plupart de ceux qui avaient émigré en terre d'Abyssinie revinrent à Médine. Abu Bakr se prépara pour Médine, mais le Messager d'Allah ﷺ lui dit : « Ne te presse pas, car j'espère qu'il me sera permis (d'émigrer). » Abu Bakr demanda : « Espères-tu cela, par mon père ? » Il répondit : « Oui »... Ibn Shihab dit : 'Urwa rapporte que Aïcha dit : Alors que nous étions assis un jour dans la maison d'Abu Bakr en plein midi, quelqu'un dit à Abu Bakr : « Voici le Messager d'Allah ﷺ qui arrive, le visage couvert, à une heure où il n'a pas l'habitude de venir. » Abu Bakr dit : « Que mon père et ma mère lui soient sacrifiés ! Par Allah, il ne vient à cette heure que pour une affaire importante. » Elle dit : Le Messager d'Allah ﷺ arriva et demanda la permission d'entrer. On la lui donna et il entra. Le Prophète ﷺ dit à Abu Bakr : « Fais sortir ceux qui sont chez toi. » Abu Bakr répondit : « Ce ne sont que les tiens, par mon père ô Messager d'Allah. » Il dit : « On m'a autorisé à sortir. » Abu Bakr demanda : « Puis-je t'accompagner, par mon père ô Messager d'Allah ? » Le Messager d'Allah ﷺ répondit : « Oui »...)
En conclusion :
- Le Messager d'Allah ﷺ a commencé la demande de Nusrah après qu'Allah (Le Glorifié) l'y eut autorisé, c'est-à-dire par révélation de Sa part.
- Le Messager d'Allah ﷺ appelait d'abord ceux dont il sollicitait le soutien à embrasser l'Islam ; s'ils se convertissaient, il leur demandait alors la Nusrah.
- Le Messager d'Allah ﷺ demandait ce soutien aux gens de force capables de l'apporter. C'est pourquoi il s'adressait aux tribus puissantes et grandes, et non aux petites. De même, il visait les cités d'importance régionale et non les petits regroupements (petits villages) de bédouins dans le désert. Il ciblait ceux capables d'aider le Messager d'Allah ﷺ à établir le gouvernement par ce qu'Allah a révélé et à mener le Jihad. Cela était clair pour eux, au point que certains conditionnaient le pouvoir pour eux-mêmes après lui, et d'autres conditionnaient de ne combattre que les Arabes et non les Perses... etc.
J'espère que cela constitue une réponse satisfaisante et complète aux questions des trois frères. Allah est le plus Savant et le plus Sage.
Votre frère Ata Bin Khalil Abu al-Rashtah
22 Muharram 1441 AH Correspondant au 21/09/2019
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