Réponse à une question
Suivre plus d’un mujtahid sur une seule question
Question :
Y a-t-il une explication satisfaisante concernant la question dans laquelle il n'est pas permis de suivre plus d'un mujtahid ? Ensuite, comment saurai-je s'il s'agit d'une seule question ou de plusieurs ? Qu'Allah vous récompense par le bien.
Réponse :
Il a été mentionné dans Ash-Shakhsiyya, Tome I, dans le chapitre : Le passage d'un mujtahid à un autre / pages 234, 235 ce qui suit :
« Cependant, il doit être clair que la question pour laquelle il lui est permis de délaisser le jugement (hukm) qu'il suivait au profit d'un autre, est conditionnée par le fait d'être une question distincte des autres et que son délaissement n'entraîne pas de perturbation dans d'autres jugements légaux (ahkam shar'iyyah). Quant à elle, si elle est liée à une autre, il ne lui est pas permis de la délaisser tant qu'il ne délaisse pas toutes les questions qui lui sont liées, car elles sont toutes considérées comme une seule et même question. Par exemple, si elle est une condition (shart) dans un autre jugement ou un pilier (rukn) d'un acte complet. C'est le cas de la prière (salat) et de l'ablution (woudou), ainsi que des piliers de la prière. Ainsi, il n'est pas valable pour celui qui suit l'imam ash-Shafi'i de suivre Abou Hanifa sur son avis selon lequel le fait de toucher une femme n'annule pas les ablutions, tout en continuant à prier selon l'école (madhhab) de Shafi'i. De même, il n'est pas valable de suivre celui qui dit que les mouvements nombreux n'annulent pas la prière, quel qu'en soit le nombre, ou que la récitation de la Fatiha n'est pas un pilier de la prière, tout en continuant à prier en suivant celui qui dit que l'action excessive annule la prière ou que la Fatiha est un pilier de la prière. Le jugement qu'il est permis de délaisser est donc celui dont l'abandon n'affecte pas les actes accomplis selon d'autres jugements légaux. » Fin de citation.
Il ressort clairement de cela que la définition de la question dépend de sa séparation d'avec les autres, et que son délaissement n'entraîne pas de manquement à d'autres jugements légaux. Elle ne doit donc pas être un pilier, une condition de conclusion ou une condition de validité pour d'autres jugements, car elle ne serait alors pas distincte des autres.
Nous pouvons clarifier cela davantage comme suit :
« Définition de la question : Ce qui est entendu par la question ici, c'est tout acte ou ensemble d'actes dont la validité d'un autre ne dépend pas de lui.
Quant à la partie de la question, c'est tout acte nécessaire pour réaliser sa validité, comme les conditions (shurut) et les piliers (arkan).
Exemples :
L'ablution (woudou) : Actes dont la validité d'un autre dépend d'eux, car la validité de la prière dépend de l'ablution. Par conséquent, l'ablution n'est pas une question selon la définition, mais elle est considérée comme une partie de la prière, nécessaire pour réaliser sa validité.
La prière (salat) : Actes dont la validité d'un autre ne dépend pas d'eux. C'est donc une question, et est considérée comme faisant partie d'elle tout ce qui est nécessaire pour réaliser sa validité, comme les piliers et les conditions de validité telles que la pureté (tahara) et l'orientation vers la Qibla.
L'intention (niyyah) dans le jeûne : Acte dont la validité d'un autre dépend de lui, car la validité du jeûne dépend de l'intention. Par conséquent, l'intention n'est pas une question mais une partie d'une autre question.
Le jeûne (sawm) : Acte dont la validité d'un autre ne dépend pas de lui. C'est donc une question, et est considérée comme faisant partie d'elle tout ce qui est nécessaire pour réaliser sa validité, comme l'intention et l'abstinence des choses qui rompent le jeûne (mouftirat).
Par conséquent, si une personne suit un mujtahid pour la prière, elle doit le suivre dans toutes ses parties comme l'ablution, le lavage rituel (ghousl), le tayammoum, l'orientation vers la Qibla et les piliers de la prière. Et si elle suit un mujtahid pour le jeûne, elle doit le suivre dans toutes ses parties comme l'intention et l'obligation de la formuler la nuit pour chaque jour ou pour tout le mois, si elle est valable pendant la journée ou si elle est nécessaire pendant la nuit, les facteurs de rupture et les permissions de rompre le jeûne.
Cependant, il lui est permis de suivre un mujtahid dans une autre question.
Tout cela s'applique tant que la personne est un suiveur (muqallid). Mais si elle acquiert la capacité d'examiner les preuves et de les prépondérer (tarjih), il lui est permis de quitter le mujtahid qu'elle suivait pour suivre la preuve la plus forte.
J'espère que l'affaire est désormais claire... Et Allah le Très-Haut est le Garant du succès.