Home About Articles Ask the Sheikh
Questions & Réponses

Réponse à une question sur la réalité du Mouvement Sudiste et ses allégeances

February 24, 2018
4961

Réponse à une question

La réalité du Mouvement Sudiste et ses allégeances

Question :

Le Mouvement Sudiste (Al-Hirak al-Janubi) est-il toujours affilié aux Américains ? Ou bien l'allégeance du Conseil est-elle passée aux Britanniques en raison de l'influence exercée par les Émirats, sachant que ces derniers représentent les intérêts britanniques dans le pays ? En d'autres termes : l'Amérique a-t-elle échoué à maintenir son influence sur le Mouvement Sudiste, permettant ainsi à la Grande-Bretagne, via les Émirats, de le rallier à elle ? Ou bien suit-il toujours l'Amérique dans ses mouvements, les Émirats n'ayant réussi qu'à l'influencer par la force de leur armée à Aden sans pour autant que le Mouvement Sudiste ne devienne loyal aux Britanniques ?

Réponse :

1- La Grande-Bretagne a été alarmée lorsqu'elle a réalisé que l'Amérique avait réussi à attirer Ali Salem al-Beidh et Ali Nasir Muhammad par des moyens directs et indirects via l'Égypte et l'Arabie saoudite sous le règne de Fahd au début des années 90. Pourtant, c'est la Grande-Bretagne qui avait formé, par l'intermédiaire de ses agents, ce qu'on appelait le "Front de Libération Nationale du Sud-Yémen" et l'avait invité à des négociations à Genève à partir du 20/11/1967. Ensuite, la Grande-Bretagne a accordé l'indépendance au Sud-Yémen le 30/11/1967 après le départ des forces britanniques, et Al-Beidh est devenu le dirigeant du Sud avec le soutien britannique. Son ralliement à l'Amérique a donc été considéré par la Grande-Bretagne comme une ingratitude ! Elle a donc décidé de les écarter du pouvoir, d'autant plus qu'elle en avait la capacité, son homme de confiance, Ali Saleh, disposant d'une force non négligeable dans le Nord... C'est ainsi qu'une guerre a éclaté entre les forces des deux parties en 1994, alors que l'unification des deux Yémen n'avait que quatre ans ! Lorsque la guerre s'est terminée par la défaite des unités militaires qualifiées de "sudistes", Ali Salem al-Beidh et Ali Nasir Muhammad ont fui et se sont retirés de la scène politique pendant un certain temps.

Ensuite, le gouvernement de Saleh à Sanaa a commencé à persécuter les militaires du Sud, ce qui a duré des années, menant plus tard à la création au Sud d'une association de militaires retraités licenciés de leur travail. C'était une association aux revendications liées à l'oppression et à la privation de droits. Avec la persistance de ces injustices, une tendance séparatiste s'est infiltrée chez les anciens militaires engagés dans cette association, qui est devenue un foyer séparatiste et le noyau d'un rassemblement de séparatistes dont les mouvements ont pris le nom de Mouvement Sudiste (Al-Hirak al-Janubi), lequel s'est officiellement annoncé au sud du Yémen en 2007, en plus d'autres mouvements moins importants sur lesquels nous ne nous attarderons pas.

2- L'Amérique a exploité cette situation au Sud pour y prendre pied, tout comme elle l'avait fait au nord du Yémen via le mouvement Houthis et le soutien iranien. Ainsi, du point de vue du conflit international, le Mouvement Sudiste est passé de revendications visant à lever l'injustice à un nouvel outil pour l'Amérique afin d'intervenir au Yémen, dont le gouvernement était loyal aux Britanniques. Les grandes puissances ont l'habitude d'exploiter la situation interne et les tensions dans les petits États pour y gagner de l'influence. L'Amérique, via les services de renseignement du roi Fahd en Arabie saoudite, tentait de contacter les militaires au sud du Yémen durant les années 90, après la guerre civile de 1994. Bien qu'Al-Beidh fît partie de ses partisans à l'époque, son isolement et ses appels à l'action armée contre le régime de Saleh depuis son exil ne suffisaient pas aux yeux de l'Amérique pour parler de succès. Elle a donc commencé à chercher quelqu'un pour porter un projet politique fort capable de mobiliser les gens du Sud afin d'exercer une pression intense sur le régime de Saleh. L'Amérique a trouvé son candidat idéal en la personne de l'activiste d'opposition Hassan Baoum. Ce dernier agissait intensément pour réclamer la séparation du Sud-Yémen, voyageant de ville en ville et visitant les tribus pour les appeler à soutenir ses revendications séparatistes, profitant de la souffrance et de la marginalisation subies par les habitants du Sud. Baoum multipliait les événements pour créer une opinion publique favorable à la scission du Sud. Son approche était pacifique et il rejetait la violence. On remarquait que les mouvements de Hassan Baoum trouvaient un écho et parfois un élan dans les régions du Sud où l'idée que la marginalisation était une politique systématique s'était ancrée... C'est alors qu'il a commencé à être arrêté et poursuivi par le gouvernement de Sanaa. Il a été arrêté plusieurs fois pour des périodes dépassant un an entre 2007 et 2008, puis de nouveau en 2010 avant d'être libéré après deux mois en 2011, pour être réarrêté la même année. Ainsi, le séparatiste Baoum est devenu un symbole majeur du Mouvement Sudiste grâce à ses efforts acharnés, son influence sur les anciens militaires, les tribus et les activistes contre le gouvernement central de Sanaa, et sa consolidation des revendications séparatistes. En raison de ses liens avec l'Amérique et du soutien iranien qu'il recevait, ses démarches étaient rapides. Baoum a formé le Conseil Supérieur du Mouvement Sudiste et en est devenu le président. (Le Conseil supérieur pour le mouvement pacifique de libération du Sud représente la principale faction du mouvement sudiste, qui comprend également des factions telles que le Haut Comité national pour l'indépendance du Sud, le Conseil national supérieur pour la libération et la restauration de l'État du Sud, le Rassemblement démocratique sudiste et l'Union des jeunes et étudiants du Sud... La province de Dhale est considérée comme l'une des zones les plus actives du mouvement... Al Jazeera Net, 03/03/2011). Certains sites décrivaient explicitement Baoum comme un agent iranien, comme indiqué sur le site "Huna Aden" le 13/09/2016. Ainsi, le Mouvement Sudiste dirigé par Hassan Baoum, nourri par la marginalisation, est un mouvement politique lié au soutien américain précoce, constituant un noyau par lequel l'Amérique peut s'infiltrer au Yémen par le Sud. Les activités et grèves menées par le mouvement, centrées sur la ville de Dhale — bien que Hassan Baoum soit originaire de Mukalla en Hadramout — servaient d'entraînement politique à ce groupe. Le gouvernement de Sanaa ne voyait pas initialement de danger dans ce mouvement car ses actions étaient principalement politiques, se contentant d'arrêter ses figures de proue comme Hassan Baoum, Ahmed bin Farid, Ali al-Gharib et Ali Manassar pour des périodes limitées avant de les relâcher.

3- Les hommes de l'Amérique au sein du Mouvement Sudiste ont adopté l'idée de la séparation comme une idéologie ferme. D'autres, emportés par les activités du mouvement alimentées par la marginalisation, étaient soit des activistes locaux, soit sous l'influence des Britanniques et de leurs hommes au Yémen. Ces derniers étaient tantôt pour l'unité, tantôt pour la séparation, car celle-ci n'était pas leur idéologie. Le gouvernement de Sanaa tirait profit de ces éléments pour diluer l'idée de séparation prônée par les agents américains, en infiltrant certains de ses propres hommes parmi eux dans le même but... Comme mentionné, le gouvernement de Sanaa ne les considérait pas comme dangereux. Cependant, lorsqu'il est devenu clair pour le gouvernement du président Saleh, et derrière lui les Britanniques, que ce mouvement gagnait un élan tangible et que les risques augmentaient — surtout avec les agents américains à la tête du mouvement — l'État à Sanaa, soutenu par les Britanniques et leurs alliés régionaux, a commencé à traiter sérieusement avec ce mouvement pour le contenir, d'autant plus qu'il semblait difficile à extirper face aux sentiments croissants de marginalisation au Sud. Le plan de confinement "britannique" a évolué avec le mouvement, passant de tentatives d'infiltration à des poursuites allant jusqu'à la violence... Cela a continué jusqu'à l'intervention terrestre des Émirats avec leur armée, profitant de leur participation à la Coalition Arabe. Cette influence a culminé après la mort de Saleh, alors que l'influence britannique au Nord s'affaiblissait et qu'elle craignait un vide si les Houthis réussissaient à s'imposer. Elle a donc commencé à envisager sérieusement d'avoir une force au Sud comme moyen de pression pour assurer sa présence dans le futur gouvernement du Yémen, ou au moins au Sud. Elle s'est appuyée sur les Émirats, tandis que les forces de l'ancien président Ali Saleh commençaient à retourner au Sud pour se ranger aux côtés des Émirats contre les Houthis. (Une source gouvernementale yéménite a confirmé que Tareq Saleh, neveu d'Ali Saleh, se trouve à Aden sous la protection des forces émiraties. Des sources diplomatiques ont indiqué que les Émirats déploient des efforts considérables pour lever les sanctions imposées à Ahmed bin Ali Saleh afin qu'il joue un rôle politique à l'avenir... Site yéménite Nass Times, 05/02/2018). Le chef des forces du Conseil de Transition Sudiste (STC), Aidarous al-Zoubaidi, a déclaré : (Nous soutiendrons Tareq Saleh et nous nous tiendrons à ses côtés dans le Nord et sur tous les territoires jusqu'à la libération totale de Sanaa... 30/01/2018, France 24). Cela signifie que la Grande-Bretagne joue une carte au Sud en renforçant son influence par ses agents parmi les proches d'Ali Saleh influents dans la Garde Républicaine et le parti du Congrès Général, les forces séparatistes étant soutenues par les Émirats. Il est à noter que les Émirats participent avec des forces aériennes et terrestres, tandis que l'Arabie saoudite ne participe qu'avec des forces aériennes.

4- Ainsi, la Grande-Bretagne a commencé à s'activer au Sud via les Émirats pour infiltrer le Mouvement Sudiste originel ou le marginaliser en créant un nouveau mouvement occupant le devant de la scène... Les Émirats ont commencé par l'aile d'Ali Salem al-Beidh, bien que la Grande-Bretagne fût consciente des tentatives américaines de soutenir Al-Beidh et Ali Nasir. Parmi ces tentatives figuraient l'offre de soutien iranien, les facilités égyptiennes (comme la réunion du mouvement à Le Caire sous la direction d'Ali Nasir Muhammad en 2014) et les facilités libanaises (Beyrouth ayant offert à Al-Beidh un refuge et une plateforme médiatique dont il était privé à Oman depuis 1994). Puis, avec le déclenchement de l'opération Tempête décisive en 2015, il s'est rendu à Riyad qui l'a couvert de fonds... Malgré cela, comme dit précédemment, les Émirats ont tenté d'influencer l'aile d'Al-Beidh et Nasir pour deux raisons : d'une part, car elle prône la violence, et d'autre part, en raison de son passé de loyauté envers les Britanniques, qui étaient derrière la formation de son Front National et sa prise de pouvoir au Sud-Yémen. Ils ont voulu raviver ce souvenir pour le ramener dans leur giron. Après le début des opérations de la coalition en 2015, ils l'ont transféré d'Arabie saoudite vers les Émirats où il réside actuellement à Abou Dhabi. Al-Beidh a souvent changé d'allégeance : loyal aux Britanniques lorsqu'il présidait le Sud-Yémen, puis attiré par l'Amérique au début des années 90, et maintenant aux Émirats où l'on tente de le recruter. Il n'est pas exclu qu'il change encore de camp... Quoi qu'il en soit, sa position est proche du Conseil de Transition qu'il a loué : (L'ancien vice-président yéménite, Ali Salem al-Beidh, a annoncé son soutien et sa bénédiction à l'appel pour la formation d'une "entité politique sudiste"... Al-Beidh a affirmé qu'il soutiendrait cet appel par tous les moyens possibles... Al-Araby Al-Jadeed, 16/09/2016). Son compagnon Ali Nasir Muhammad lui ressemble : parfois il soutient la séparation, d'autres fois il veut un gouvernement unique mais sous certaines conditions. Interrogé sur la solution au Yémen le 04/10/2017, il a prôné la formation d'un gouvernement d'union nationale et le retrait des armes de toutes les parties. Il est clair que les Britanniques ont réussi, via les Émirats, à influencer ces deux hommes, de sorte qu'ils ne considèrent plus la séparation comme une idéologie immuable, mais comme une option dépendante des circonstances.

5- Quant à l'aile de Hassan Baoum, elle était politiquement et idéologiquement séparatiste jusqu'à la moelle... Les Britanniques ont compris qu'aucune solution de compromis ou de séduction ne fonctionnerait. Ils ont donc tenté de l'isoler à Oman par une assignation à résidence détournée, sans décision officielle. Il s'y était réfugié pensant qu'Oman était neutre, ignorant son rôle coordonné avec la Grande-Bretagne. Via leurs agents à Oman, ils ont resserré l'étau sur Baoum à Salalah pendant une longue période. En raison de cette absence prolongée de l'homme de confiance de l'Amérique, les factions pro-américaines se sont affaiblies. Les Britanniques ont saisi l'opportunité via les Émirats pour créer un mouvement sudiste parallèle à celui de Baoum qui surenchérirait sur la question du Sud. Ils ont trouvé leur homme en Aidarous al-Zoubaidi, une figure connue du mouvement, fondateur du mouvement séparatiste "Hatam" en 1996. Proche des cercles britanniques, il a été nommé gouverneur d'Aden par le président Hadi le 07/12/2015. Al-Zoubaidi a acquis une grande notoriété à Aden en tant que gouverneur ayant rétabli l'électricité, expulsé les gangs armés, combattu les Houthis et s'étant opposé aux propositions de l'envoyé américain Ould Cheikh, tout cela avec un soutien financier et militaire direct des Émirats. Étant un combattant de la guerre de 1994, originaire de Dhale (le cœur du mouvement) et ayant réussi contre les Houthis, il est devenu une figure politique majeure rivalisant avec le leadership historique de Hassan Baoum. Sur le plan militaire, Al-Zoubaidi s'appuie sur Hani bin Breik, fondateur des forces du "Cordon de Sécurité" (Al-Hizam al-Amni), largement décrit comme l'homme des Émirats au Sud. Pour leur donner une légitimité populaire, la première étape fut de les écarter du gouvernement de Hadi de manière à les faire apparaître en conflit ouvert avec lui, afin que les sudistes se rallient à eux pour former le nouveau mouvement.

6- Le président yéménite a émis le 27 avril 2017 un décret limogeant Aidarous al-Zoubaidi et le ministre d'État Hani bin Breik. Des milliers de Yéménites ont manifesté à Aden contre ces décisions. Le 4 mai 2017, lors de la "Déclaration d'Aden", des factions du mouvement ont mandaté Al-Zoubaidi pour former une entité représentant le Sud. Une semaine plus tard, il annonçait la création du Conseil de Transition Sudiste (STC) à Aden, avec Bin Breik comme vice-président. Pour surenchérir sur Baoum, il prononçait ses discours avec le drapeau de l'ancien Sud-Yémen à ses côtés. Ainsi, Al-Zoubaidi et Bin Breik, avec les Émirats et les Britanniques derrière eux, ont obtenu les prérogatives pour diriger le Sud. Les gouverneurs des provinces, nommés par le président yéménite mais issus du cercle britannique, ainsi que d'autres leaders, ont rejoint le conseil. Il a même réussi à attirer temporairement certains hommes de Baoum comme Ali al-Saadi et Nasser al-Khubaji. Avec ce contrôle quasi total du STC à Aden, ses forces militaires et le ralliement des anciennes figures "socialistes" comme Al-Beidh, les Britanniques ont largement tranché la question du Mouvement Sudiste en faveur de leur agent Al-Zoubaidi.

7- Quant à l'Amérique, elle a réalisé son retard et a manifesté son mécontentement, notamment via son envoyé Ould Cheikh qui a menacé Al-Zoubaidi de sanctions internationales après la formation du STC. Il semble que l'Amérique ait réagi en faisant pression sur Oman pour libérer Baoum. Une fois libre, Hassan Baoum a entamé une forte opposition au Conseil de Transition soutenu par les Émirats, illustrant le conflit anglo-américain pour le Yémen. Ses mouvements semblaient bénéficier d'un soutien saoudien évident. Le premier congrès de son "Conseil du Mouvement Révolutionnaire" s'est tenu à Aden le 17/08/2017, accusant les Émirats d'occuper le sud du Yémen. Le communiqué affirmait : (Nous rejetons catégoriquement l'exploitation de l'enthousiasme de notre peuple sudiste et la diffusion de mensonges... Nous confirmons que le leader Hassan Baoum est le symbole sudiste dont nous sommes fiers... Ce qui se passe aujourd'hui au Sud est une course effrénée entre des puissances étrangères comme les Émirats arabes unis qui accaparent les ressources du Sud... Aden al-Ghad, 17/08/2017). Le groupe de Baoum affiche une hostilité publique envers les Émirats et exige leur départ.

Puis vint le second congrès de Baoum le 11/11/2017 à Aden, dont le communiqué appelait à un dialogue direct avec la coalition après le retrait de ses troupes, qualifiant la coalition de "pays d'occupation". Bien que le communiqué parle de la coalition arabe, il visait essentiellement les Émirats, car le congrès s'est tenu sous protection saoudienne !

8- En conclusion : Après la défaite d'Ali Salem al-Beidh et Ali Nasir Muhammad en 1994, la mainmise d'Ali Saleh sur les ressources du Sud et la persécution des sudistes ont provoqué l'émergence de plusieurs mouvements d'opposition. On en distingue trois principaux :

  • L'aile d'Ali Salem al-Beidh : fluctuante, tantôt avec l'Amérique et ses agents, tantôt en accord avec la Grande-Bretagne et ses agents.
  • L'aile de Hassan Baoum : soutenue par l'Amérique et ses agents, notamment l'Iran.
  • L'aile d'Al-Zoubaidi : soutenue par la Grande-Bretagne et ses agents, notamment les Émirats.

Il est douloureux de voir nos causes ainsi manipulées par les mécréants colonisateurs (Kuffar Musta'mirun) utilisant des outils rouillés issus de notre propre peuple ! Notre sang coule au Yémen et ailleurs pour l'intérêt des mécréants via des instruments locaux. Ces gens ont oublié ou feint d'oublier des vérités qui, s'ils les comprenaient, les feraient pleurer des larmes de sang :

Allah, le Puissant, le Noble, a interdit de manière catégorique de s'appuyer sur les mécréants injustes :

وَلَا تَرْكَنُوا إِلَى الَّذِينَ ظَلَمُوا فَتَمَسَّكُمُ النَّارُ وَمَا لَكُمْ مِنْ دُونِ اللَّهِ مِنْ أَوْلِيَاءَ ثُمَّ لَا تُنْصَرُونَ

"Et ne vous penchez pas vers les injustes : sinon le Feu vous atteindrait. Vous n'avez pas d'alliés en dehors d'Allah et vous ne serez alors pas secourus." (Sourate Houd [11] : 113)

Et le Messager d'Allah (saw) dit à propos du sang versé sans droit que cela est plus grave auprès d'Allah que la fin de ce monde. At-Tirmidhi rapporte d'après Abdullah bin Amr que le Prophète (saw) a dit :

لَزَوَالُ الدُّنْيَا أَهْوَنُ عَلَى اللَّهِ مِنْ قَتْلِ رَجُلٍ مُسْلِمٍ

"La disparition de ce monde est moindre pour Allah que le meurtre d'un homme musulman." (Rapporté par At-Tirmidhi) Ibn Asakir l'a également rapporté dans son dictionnaire et a dit que c'est un hadith hassan. Comment en est-il alors quand ce sang est versé pour l'intérêt des colonisateurs infidèles ?! C'est un crime au-delà du crime :

سَيُصِيبُ الَّذِينَ أَجْرَمُوا صَغَارٌ عِنْدَ اللَّهِ وَعَذَابٌ شَدِيدٌ بِمَا كَانُوا يَمْكُرُونَ

"Ceux qui ont commis des crimes seront atteints d'une petitesse auprès d'Allah ainsi que d'un châtiment sévère pour les ruses qu'ils tramaient." (Sourate Al-An'am [6] : 124)

Cependant, le Yémen, que le Messager d'Allah (saw) a décrit comme le pays de la foi et de la sagesse, ne manque pas d'hommes croyants, véridiques et sincères qui feront barrage à ceux qui s'appuient sur les colonisateurs infidèles. Ils ramèneront, par la grâce d'Allah, le Yémen comme demeure de l'Islam (Dar al-Islam) sous la bannière de l'Islam dans un Califat Rashida (Khilafah Rashidah) qui lui rendra sa dignité, conformément à ce que le Prophète (saw) a dit, tel que rapporté par Al-Bukhari d'après Abu Hurairah (ra) :

أَتَاكُمْ أَهْلُ الْيَمَنِ هُمْ أَرَقُّ أَفْئِدَةً وَأَلْيَنُ قُلُوبًا الْإِيمَانُ يَمَانٍ وَالْحِكْمَةُ يَمَانِيَةٌ

"Le peuple du Yémen est venu à vous, ils ont les cœurs les plus tendres et les âmes les plus douces. La foi est yéménite et la sagesse est yéménite."

Le 8 Jumada al-Akhira 1439 de l'Hégire 24/02/2018

Share Article

Share this article with your network