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Questions & Réponses

Réponse à une question : La réalité du Hizb ut-Tahrir après l'établissement du Califat

September 20, 2023
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Série de réponses de l'éminent savant Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fikri »

Réponse à une question

À Munzir Abu Ubaidah

Question :

Assalamou Alaikoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou,

Il est mentionné dans l'introduction de la Constitution, à l'article 21 : « Les musulmans ont le droit d'établir des partis politiques pour demander des comptes aux gouvernants ou pour accéder au pouvoir par l'intermédiaire de l'Oumma. »

La question est la suivante : Si le parti qui accède au pouvoir possède un programme politique partisan, l'appliquera-t-il comme c'est le cas pour les partis dans les États actuels ?

De plus, est-il correct pour l'Émir du parti — comme c'est le cas pour notre parti — de cumuler l'émirat du parti et le poste de Calife en même temps ?

Si cela est correct, comment s'effectue la reddition de comptes (muhasaba) du parti envers le Calife, alors qu'il est dirigé par son Émir qui est lui-même le Calife ?

Qu'Allah vous bénisse, notre Émir, et qu'Il fasse le bien par vos mains.

Réponse :

Wa Alaikoum Assalam Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouhou,

Nous avons déjà publié plusieurs réponses à ce sujet : le 14/08/1967 et le 26/12/2014, lesquelles contiennent des détails suffisants ; je vous invite donc à vous y référer.

Cependant, voici un résumé des points essentiels :

1- L'accession au pouvoir du Hizb ut-Tahrir n'est pas comparable à celle des partis existants dans le monde. Ce qui accède au pouvoir, c'est l'idée sur laquelle repose le parti dans sa forme détaillée telle qu'il l'a adoptée, et non les individus du parti en tant que tels. Le parti œuvre pour porter son idée au pouvoir et non pour y placer ses membres.

2- Néanmoins, comme l'idée du parti ne peut être correctement appliquée que par ceux qui l'ont adoptée et qui ont vécu par elle et pour elle, il est impératif que le Calife soit issu du parti. De même, les assistants (Mu'awinûn) et l'Émir du Jihad doivent impérativement être issus du parti. Ces trois composantes de l'appareil de gouvernement doivent provenir du parti afin de permettre l'application de l'idée et d'en garantir l'excellence. Quant aux autres organes de l'appareil de l'État, ils peuvent être composés de membres du parti ou de non-membres, selon les capacités et les compétences.

3- Parallèlement au fait que l'arrivée de l'idée du parti au pouvoir constitue l'arrivée du parti lui-même, le parti veille scrupuleusement à ne pas imposer les jeunes du parti « sur le cou des gens » (c'est-à-dire ne pas leur accorder de privilèges injustes), et prend à cet égard les plus grandes précautions. (Il est rapporté qu'Umar ibn al-Khattab, lorsqu'il choisit les membres de la Choura — les six parmi lesquels le Califat devait être choisi — s'adressa à Ali en disant : « Ô Abu al-Hasan, s'ils te confient cette charge, n'impose pas les Banu Hashim sur le cou des gens. » Et il dit à Uthman : « Ô Uthman, si elle te sont donnée, prends garde à ne pas imposer les Banu Umayya sur le cou des gens »). Si le Calife est issu du Hizb ut-Tahrir, les jeunes du parti seront pour lui ce que les Banu Hashim étaient pour Ali et les Banu Umayya pour Uthman ; il ne convient donc pas qu'il les impose sur le cou des gens.

4- Quant à la reddition de comptes (muhasaba) du gouvernant par le parti lorsque celui-ci accède au pouvoir, la réponse est la suivante :

Le parti accomplit quatre types d'actions : la culture (concentrée et collective) et la lutte intellectuelle consistant à distinguer les idées correctes des idées fausses et corrompues. Ces deux actions ne font pas l'objet d'une reddition de comptes, mais constituent le travail culturel et intellectuel du parti ; elles se poursuivront de la même manière avant et après l'accession au pouvoir, car elles ne sont pas affectées par celle-ci.

Quant à la troisième action (le dévoilement des plans impérialistes), elle ne relève plus du travail du parti car la présence du parti au pouvoir annule la nécessité pour lui de dévoiler les plans colonialistes, cette tâche étant désormais assurée par les services de l'État. En revanche, la reddition de comptes des gouvernants concernant la gestion des intérêts demeure comme elle l'était avant le pouvoir, et elle est assurée par les comités des provinces (Lijan al-Wilayat).

Tout comme les comités des provinces avaient, avant l'accession au pouvoir, la compétence de demander des comptes à la direction du parti (l'Émir et son bureau), cette compétence se poursuit pour demander des comptes à la direction du parti lorsqu'elle est au pouvoir, spécifiquement sur l'adoption des intérêts de l'Oumma conformément aux dispositions de la Charia et sur leur gestion avec excellence et perfection.

En espérant que cela soit suffisant. Allah est plus Savant et plus Sage.

Votre frère, Ata Bin Khalil Abu Al-Rashtah

04 Rabi' al-Awwal 1445 AH
Correspondant au 19/09/2023

Lien de la réponse sur la page de l'Émir (qu'Allah le préserve) sur Facebook

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