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Décisions

Réponse à une question : Le jugement légal concernant le Bitcoin

December 19, 2017
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(Série de réponses du grand savant Ata bin Khalil Abu al-Rashtah, Émir du Hizb ut-Tahrir, aux questions des visiteurs de sa page Facebook « Fiqhi »)

Réponse à une question

À "SchukranJaan" et à "Wisam Al-Haninny"

Question de SchukranJaan :

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

Cher et honorable Sheikh, nous espérons que vous êtes en excellente santé.

Nous vous saluons avec la plus chaleureuse et la plus noble des salutations :

Assalamualaykum warahmatullahi wabarakatuhu.

Un frère et moi discutions du hukm concernant l'achat et la vente de crypto-monnaies comme le bitcoin, l'ethereum, le dash, le ripple, etc.

Nous avons tous deux lu l'ijtihad de l'Oustadh Abu Khaled al-Hejazi, mais nous n'étions pas tout à fait satisfaits de ce que le Sheikh en avait déduit.

Nous avons quelques problèmes avec la façon dont le Sheikh a analysé la réalité des crypto-monnaies, et la section des commentaires sous l'article est également remplie de frères en désaccord, discutant du fait que le tahqeeq al-manaat n'était pas tout à fait correct.

Nous aimerions connaître le hukm concernant la vente et l'achat de crypto-monnaies.

Pourriez-vous apporter de la lumière sur ce sujet, car il ne nous semble toujours pas clair.

Wajazaakumullahukhairan.

Qu'Allah nous renforce tous sur Son chemin et nous permette d'être la cause du rétablissement de la source de lumière dans ce monde, le Califat (Khilafah) selon la méthode de la prophétie.

Amine.

Question de Wisam Al-Haninny :

Assalamu Alaykum, il semble que la question ne recevra pas de réponse et je comprends les pressions auxquelles vous faites face, qu'Allah vous aide...

Cependant, j'ai une question qui ne peut attendre, au vu de la propagation notable de ce phénomène parmi les gens, et particulièrement les musulmans, ces derniers mois...

La question : Le Bitcoin est une monnaie apparue il y a 8 ans et qui s'est maintenant propagée de manière sans précédent, la valeur d'une unité ayant atteint plus de 8000 dollars. En suivant sa réalité et la manière dont elle est traitée, je n'ai trouvé aucune différence entre elle et le dollar, si ce n'est que ce dernier est matériellement tangible. Je vous prie donc de déduire pour nous, cher Sheikh, le jugement légal sous plusieurs aspects : 1- La transaction par achat et vente. 2- Le minage (création de nouvelles unités). 3- Le jugement du change entre elle et les autres monnaies tangibles. Si vous souhaitez que je vous fournisse des sites et des vidéos expliquant sa réalité, je suis prêt, mais je pense qu'elles sont facilement accessibles. Que Dieu vous bénisse.

Réponse :

Wa Alaykum Assalam wa Rahmatullahi wa Barakatuh,

Concernant vos deux questions sur le Bitcoin, nous avons déjà répondu à une question similaire le 28/04/2017. Voici le texte de cette réponse :

(1- En ce qui concerne le Bitcoin, ce n'est pas une monnaie (naqd). Les conditions de la monnaie ne s'y appliquent pas, car la monnaie que le Prophète ﷺ a approuvée — à savoir les dinars et les dirhams — remplissait trois critères :

  • Elle servait de mesure pour les biens et les services ; c'est-à-dire qu'elle possédait la raison légale ('illah) de la monétarité en servant de prix et de salaires.
  • Elle était émise par une autorité connue et non par une entité inconnue...
  • Elle était d'usage courant parmi les gens et non réservée à une catégorie spécifique...

En appliquant cela au Bitcoin, il s'avère que ces trois éléments ne sont pas réalisés :

  • Il n'est pas une mesure absolue pour les biens et les services, mais seulement un outil d'échange pour certains biens et services spécifiques...
  • Il n'est pas émis par une autorité connue, mais par une source inconnue...
  • Il n'est pas d'usage courant parmi les gens, mais restreint à ceux qui le négocient et reconnaissent sa valeur ; il n'appartient donc pas à l'ensemble de la société...

Par conséquent, le Bitcoin n'est pas une monnaie d'un point de vue légal (shar'i).

2- Dès lors, le Bitcoin n'est rien de plus qu'une marchandise (sil'ah). Cependant, cette marchandise est de source inconnue et sans aucun garant. De plus, elle constitue un vaste domaine d'escroquerie, de fraude, de spéculation et de tromperie. Il n'est donc pas permis de l'acheter ni de la vendre, d'autant plus que sa source inconnue laisse planer des doutes sur le fait que cette source ne soit pas éloignée des grandes puissances capitalistes, particulièrement l'Amérique... ou d'un gang lié à un grand État ayant des desseins malveillants... ou de grandes entreprises internationales de jeu, de trafic de drogue, de blanchiment d'argent et de crime organisé... Sinon, pourquoi la source resterait-elle inconnue ?

En résumé, il s'agit d'une marchandise de source inconnue, sans garant, sujette aux opérations d'escroquerie et à l'hégémonie des États capitalistes coloniaux, en particulier l'Amérique, pour exploiter ces affaires afin de piller les richesses des gens... C'est pourquoi il n'est pas permis de l'acheter, selon les preuves légales qui interdisent l'achat et la vente de toute marchandise inconnue. Parmi ces preuves :

  • Muslim a rapporté dans son Sahih, d'après Abu Hurayrah, qui a dit :

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ: «نَهَى رَسُولُ اللهِ ﷺ عَنْ بَيْعِ الْحَصَاةِ، وَعَنْ بَيْعِ الْغَرَرِ»

« Le Messager d'Allah ﷺ a interdit la vente par le jet de galets (bay' al-hasah) et la vente comportant un aléa (bay' al-gharar). »

De même, At-Tirmidhi l'a rapporté d'après Abu Hurayrah... La « vente par le jet de galets » consiste par exemple à dire : "Je te vends, parmi ces vêtements, celui sur lequel tombera le galet que je vais lancer", ou "Je te vends ce terrain d'ici jusqu'à l'endroit où s'arrêtera ce galet"... L'objet vendu est donc inconnu, et cela est interdit... La « vente de l'aléa » (gharar) désigne ce qui est inconnu et non défini, comme la vente de poissons dans une grande étendue d'eau, du lait encore dans le pis, ou de l'animal à naître encore dans le ventre, et d'autres exemples similaires. Toute vente de ce type est nulle car elle comporte un aléa (gharar)...

Il en ressort l'interdiction de la vente comportant un aléa ou de l'inconnu, et cela s'applique à la réalité du Bitcoin. C'est une marchandise de source inconnue, aucune entité officielle ne l'a émise pour en être garante ; par conséquent, il n'est pas permis de l'acheter ni de la vendre.) Fin de citation.

Votre frère Ata bin Khalil Abu al-Rashtah

30 Rabi' al-Awwal 1439 H Correspondant au 18/12/2017

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