Quel est le jugement concernant la vente de monnaie contre monnaie ?
Tant que l’objet de la vente est de la monnaie contre de la monnaie, cela entre dans le cadre des règles du Sarf (change). Pour que le Sarf soit valide, il doit être :
A) Au comptant (hadiran bi-hadir) : dans ce cas, s'il s'agit de la même espèce, l'échange doit s'effectuer de la main à la main (yad bi-yad) et à l'identique (mithlan bi-mithl). S'il s'agit de deux espèces différentes, l'échange se fait de la main à la main, comme bon vous semble. Les preuves à ce sujet sont connues, parmi lesquelles les paroles du Messager d'Allah (saw) :
الذَّهَبُ بِالذَّهَبِ وَالْفِضَّةُ بِالْفِضَّةِ وَالْبُرُّ بِالْبُرِّ وَالشَّعِيرُ بِالشَّعِيرِ وَالتَّمْرُ بِالتَّمْرِ وَالْمِلْحُ بِالْمِلْحِ مِثْلًا بِمِثْلٍ سَوَاءً بِسَوَاءٍ يَدًا بِيَدٍ فَإِذَا اخْتَلَفَتْ هَذِهِ الأَصْنَافُ فَبِيعُوا كَيْفَ شِئْتُمْ إِذَا كَانَ يَدًا بِيَدٍ
"L’or contre l’or, l’argent contre l’argent, le blé contre le blé, l’orge contre l’orge, les dattes contre les dattes, le sel contre le sel, en quantités égales, de la main à la main. Si ces catégories diffèrent, alors vendez comme bon vous semble, tant que cela se fait de la main à la main." (Rapporté par Muslim via ‘Ubadah bin as-Samit)
B) Entre un bien présent (‘ayn) et une dette (dhimmah) : il est permis d'acquitter le prix de la vente avec la monnaie elle-même (l'objet du prix) ou au prix du jour avec une autre monnaie, de la main à la main. La preuve en est le hadith d'Ibn ‘Umar : (... Je vendais contre des dinars et je percevais des dirhams, et je vendais contre des dirhams et je percevais des dinars ; je prenais l'un pour l'autre et donnais l'un pour l'autre. Le Messager d'Allah (saw) a alors dit :)
لا بأس أن تأخذها بسعر يومها ما لَم تفترقا وبينكما شيء
"Il n'y a pas de mal à ce que tu les prennes au prix du jour, tant que vous ne vous séparez pas en laissant un reliquat entre vous." (Rapporté par Ibn ‘Umar)
Cela indique la licéité de substituer le prix fixé dans la dhimmah. Il s'agit d'un sarf entre un bien présent (‘ayn) et un engagement (dhimmah). Cependant, la perception de la main à la main demeure indispensable.
C) Le change en dette (Sarf fi ad-Dhimmah) : lorsqu'un homme doit de l'or à un autre, et que ce dernier doit de l'argent au premier, ils peuvent procéder au change de ce qu'ils ont mutuellement dans leurs dhimmah. L'un rembourse sa dette d'or avec la créance d'argent qu'il détient chez l'autre. Cela est permis car la dhimmah actuelle est assimilée à un bien présent (‘ayn), à condition de régler l'affaire durant la séance (al-majlis). Cette question est nommée dans le fiqh : As-Sarf fi ad-Dhimmah.
25 Dhou al-Hijjah 1424 h. 16/02/2004 ap. J.-C.